
Barfender : mon ami idiot a bu toutes les bières
Un bar coopératif qui s'effondre pendant que vous servez. 98 % d'avis positifs, et une des rares fois où le chaos est le sujet.

Les auteurs de Knights of Pen & Paper reviennent avec un donjon où l'on revient camper, cuisiner, et débloquer des recettes qui changent vos stats.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
7/10
Verdict
Recommandé
Il y a une phrase de trois mots sur la fiche de Deep Dish Dungeon qui vaut toute une présentation de game design.
La nourriture est la progression.
Pas une statistique annexe, pas une jauge de faim à remplir pour éviter une pénalité. Le mécanisme central de montée en puissance.

Behold Studios, et ce nom mérite qu'on s'y arrête.
C'est un petit studio fondé en 2009 à Brasilia, aujourd'hui installé à Toronto, qui a signé Knights of Pen & Paper et Chroma Squad. Deux jeux qui ont marqué des gens précisément parce qu'ils partaient d'une idée bête et la poussaient à fond : jouer à une partie de jeu de rôle sur table vue de l'extérieur pour le premier, diriger une équipe de cascadeurs de série de super-héros japonaise pour le second.
Ce sont des gens qui ont de l'esprit, et une habitude de trouver des angles que personne n'occupe.
Le jeu est édité par Raw Fury, et il sort aussi sur Game Pass.
Un donjon à explorer, en solo ou avec jusqu'à trois amis. Des couloirs, des salles, des passages, dans un environnement atmosphérique.
On fouille, on récolte, on rapporte.
Et entre deux expéditions, on revient au camp planifier la suite au coin du feu. On y utilise ce qu'on a trouvé pour fabriquer de nouveaux outils et préparer un repas copieux.
Avec le temps, on débloque des recettes qui ont des effets différents sur ses caractéristiques.
Parce que ça déplace la récompense.
Dans un jeu d'exploration classique, ce que vous rapportez est jugé à sa rareté. Un objet légendaire vaut mieux qu'un objet commun, point. Vous fouillez en espérant un tirage.
Ici, ce que vous rapportez est jugé à ce que vous pouvez en faire à manger. Trois ingrédients médiocres qui composent une bonne recette valent mieux qu'un ingrédient rare dont vous ne savez rien faire. Et comme les recettes se débloquent avec le temps, la valeur de ce que vous ramassez change à mesure que vous apprenez.
C'est le genre de boucle qui récompense la curiosité plutôt que la chance, et la fiche le dit explicitement : la fortune sourit aux audacieux, prenez le temps d'inspecter chaque ombre, de résoudre chaque énigme, d'ouvrir chaque porte. Le donjon ne révélera ses secrets qu'à ceux qui sont patients.
Dans un genre où l'on court après des barres, un jeu qui vous demande d'être patient et qui vous récompense en recettes de cuisine, c'est rafraîchissant.

Le camp est l'autre moitié du jeu, et c'est elle qui donne le rythme.
Vous descendez, vous prenez des risques, vous remontez, et vous vous asseyez. Vous améliorez votre campement avec les ressources trouvées. Vous fabriquez de nouveaux outils. Vous mangez.
Cette alternance entre la tension du donjon et le calme du feu est vieille comme le genre, et elle fonctionne toujours pour la même raison : elle donne un lieu auquel revenir. Un donjon sans camp est un couloir. Un donjon avec un camp est un voyage.
Un avis. Un seul, au moment où j'écris, et il est négatif.
Je ne vais pas construire quoi que ce soit là-dessus, ce serait absurde dans les deux sens. Un avis négatif ne condamne pas un jeu, et je ne vais pas non plus l'ignorer parce qu'il me gêne.
Ce que je peux noter en revanche, c'est que plus de mille personnes y jouent en même temps alors que le jeu est sorti il y a moins d'une heure. Pour un titre de cette taille, c'est l'effet Game Pass, et ça veut dire qu'un public large est en train de le découvrir en ce moment même.
Les ennemis sont annoncés avec des comportements variés, ce qui est le genre de promesse qu'on ne peut pas vérifier en une heure.
Et la durée est l'inconnue. Un jeu dont la progression passe par le déblocage de recettes doit en avoir assez pour tenir. Behold Studios a un historique de jeux courts et denses plutôt que longs, ce qui n'est pas un défaut mais qui se sait avant d'acheter.

Ce que je retiens, c'est l'intention. Il y a dans l'idée de faire de la cuisine le cœur de la progression quelque chose de très cohérent avec ce studio : prendre une activité qu'on traite d'habitude comme une corvée annexe, et décider que c'est le sujet.
C'est exactement ce qu'ils avaient fait avec la table de jeu de rôle et avec le tournage d'une série de super-héros.

À 12,74 €, ou inclus dans votre abonnement si vous en avez un, c'est le genre de jeu qu'on lance pour une soirée en pensant y rester une heure.
Vous avez débloqué une recette qui casse le jeu ? Venez la partager sur le Discord d'InsertCoins, on tient le livre de cuisine.
Communauté
Votre note
Publicité
Chargement des commentaires...
Lire aussi

Un bar coopératif qui s'effondre pendant que vous servez. 98 % d'avis positifs, et une des rares fois où le chaos est le sujet.

On dessine un plan sur la carte et des officiers l'exécutent seuls. Sauf que le jeu plante une fois sur deux entre deux phases de planification.

Trois à six joueurs, des enchères en temps réel, et deux clauses cachées sur chaque objet que seul le vendeur peut lire.