
Star Wars: Galactic Racer : ce n'est pas la suite de Podracer, c'est la suite de Burnout
Fait par l'ancien patron de Criterion. On attendait 1999 sur Nintendo 64, on reçoit un Burnout en roguelite. Et c'est très bon.

Le mouvement n'a jamais été aussi bon et l'Unreal Engine 5 fait le travail. Mais la Horde a perdu ses 50 vagues et il n'y a que six cartes.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
7/10
Verdict
Recommandé
Il y a une phrase qui revient dans les avis négatifs de E-Day, et elle est plus intéressante qu'une liste de bugs.
Un joueur rapporte que le studio justifie les fonctionnalités manquantes en expliquant que le jeu a été refait à partir de zéro. Puis il ajoute : « plein de développeurs font des jeux à partir de zéro. »
C'est toute la tension de ce jeu en deux lignes. La fondation est neuve et elle est excellente. La maison construite dessus a moins de pièces que la précédente.

Quatorze ans avant le premier Gears of War. Le Jour de l'Émergence, celui où la Horde Locuste surgit du sous-sol et où la planète bascule en une journée.
Vous jouez Marcus Fenix et Dom Santiago avant qu'ils ne deviennent des monuments. C'est un récit d'origine, et c'est le bon sujet : toute la série repose sur un traumatisme fondateur qu'on n'avait jamais vu, seulement raconté.
Le ton suit. Plus sombre, plus sale, avec des ennemis repensés pour réinstaller la peur, ce qui est la chose la plus sensée qu'on pouvait faire d'une série devenue au fil des épisodes un jeu de tir spectaculaire plutôt qu'un jeu d'horreur militaire.
Le jeu est reconstruit intégralement sur Unreal Engine 5, et ça se voit. Les avis positifs ne tarissent pas sur la direction artistique et la densité des décors, et plusieurs joueurs sur des configurations modestes signalent de bonnes performances.
Si vous ne deviez retenir qu'une chose : E-Day a le meilleur mouvement de la série.
Le système de couverture est toujours là, c'est l'ADN et on n'y touche pas. Mais la traversée a été modernisée : on saute, on franchit, on glisse, on contourne avec une liberté et une verticalité que les épisodes précédents n'autorisaient pas.
Et c'est l'un des rares points sur lequel les avis positifs et négatifs s'accordent. Même le joueur le plus remonté, celui qui réclame son argent et détaille tout ce qui manque, écrit entre parenthèses que le mouvement est fantastique.
Quand vos détracteurs valident votre mécanique centrale, c'est que vous avez réussi la partie la plus difficile.

C'est la grande refonte du mode coopératif, et elle est ambitieuse.
Vous choisissez une classe parmi quatre, Assaut, Tireur d'élite, Médecin ou Démolisseur, puis vous tombez à quatre pour repousser les Locustes. Plusieurs escouades peuvent se coordonner sur des objectifs partagés et abattre des boss de zone. Survivre rapporte des récompenses, des personnalisations, et améliore votre équipement pour la partie suivante.
Sur le papier, c'est l'évolution logique : plus grand, plus de monde, des cartes plus vastes.
Dans les faits, ça a un coût, et les vétérans l'ont immédiatement relevé.
La Horde classique en cinquante vagues n'existe plus. Pour une partie du public, c'était le mode principal, celui qui justifiait l'achat, et il a été remplacé plutôt qu'accompagné.
S'ajoutent des absences qui font grincer : le bouclier humain, les duels à la tronçonneuse, et un bestiaire nettement resserré. Un joueur affirme affronter sept ennemis en boucle et compte dix fois moins d'armes que dans les épisodes récents. Son chiffre est une estimation de joueur et pas une donnée officielle, mais le constat général revient trop souvent pour être écarté.
Et il n'y a que six cartes. C'est peu pour un jeu dont la moitié de la durée de vie repose sur la rejouabilité en ligne.
Le PvP revient en 4 contre 4, sur des cartes inédites, avec des modes retravaillés, un classement pour ceux qui veulent s'y investir et des listes sociales pour les autres.
Avec le nouveau mouvement, les affrontements sont plus fluides et plus lisibles que dans les épisodes précédents, et c'est la partie du jeu que les joueurs de longue date défendent le plus spontanément. Un joueur venu uniquement pour le Versus après avoir fait tous les Gears de la série dit simplement s'amuser.
Point noir signalé : l'absence de parties privées. Pour une communauté compétitive habituée à organiser ses propres rencontres, c'est une omission difficile à comprendre.

C'est la partie qui empêche ce test de monter plus haut, et elle est sérieuse.
Les signalements sont nombreux et convergents : gels, plantages, retours bureau, écran rouge d'erreur. Plusieurs joueurs décrivent des parties coopératives impossibles à terminer sans incident.
Deux cas méritent d'être cités parce qu'ils sont précis.
Un blocage après environ deux heures de jeu, nécessitant une fermeture forcée, avec la perte de la progression de la session. Le joueur qui le décrit est par ailleurs très satisfait du jeu, tourne entre 60 et 80 images par seconde en très haute qualité, et met quand même un avis négatif à cause de ça. On le comprend.
Un temps de compilation des shaders dépassant l'heure avant la première partie, rapporté sur une carte graphique de gamme haute.
S'y ajoutent des cinématiques qui saccadent en campagne, l'impossibilité de basculer vers une autre fenêtre pendant la campagne, des missions coopératives qui ne se valident pas, et un mode Démolition où la bombe passe sous le décor.
Rien de tout ça n'est définitif. Tout est corrigeable. Mais c'est l'état dans lequel un jeu à 69,99 € est arrivé entre les mains des gens qui l'avaient précommandé, et plusieurs d'entre eux précisent que la bêta présentait déjà ces problèmes.

C'est le point sur lequel je suis le plus partagé.
Montrer le Jour de l'Émergence était une excellente idée, et les meilleures séquences de la campagne ont cette qualité d'effondrement civilisationnel que la série n'avait plus tentée depuis le premier épisode.
Mais une partie des joueurs de la première heure reproche au scénario de s'attarder sur de nouveaux personnages plutôt que sur ceux pour lesquels ils sont venus. Quand on vend un récit d'origine de Marcus et Dom, consacrer beaucoup de temps à des figures inédites est un pari, et il ne prend pas avec tout le monde.
3 546 avis positifs sur 4 642, soit un peu plus de trois sur quatre, et plus de vingt mille personnes connectées en même temps. C'est un accueil globalement favorable avec une minorité très bruyante et, il faut le dire, très argumentée.
Mon avis est celui-ci.
E-Day réussit les deux choses les plus difficiles : il bouge magnifiquement et il a enfin remis de la peur dans Gears of War. Le socle technique est posé pour la décennie qui vient, et le mouvement est si bon qu'il rend les anciens épisodes raides.
Et il arrive amputé. Pas de Horde cinquante vagues, pas de parties privées, six cartes, un bestiaire réduit, et un lancement technique qui fait perdre des sessions entières à des gens qui aiment le jeu.
Les studios qui repartent de zéro livrent souvent un épisode plus mince que le précédent, et passent les deux années suivantes à le remplir. C'est probablement ce qui va arriver ici, et ce sera probablement très bien.
Mais on ne note pas la version de dans deux ans. À soixante-dix euros, attendez un correctif majeur ou une promotion, à moins que le Versus ne soit votre seule raison d'être, auquel cas vous allez passer un très bon moment dès maintenant.
Vous avez fait tomber la bombe sous le décor en Démolition ? Venez en rire sur le Discord d'InsertCoins.
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