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Towerfolk : six euros pour une cité médiévale où le danger vient surtout de l'intérieur
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Note6/10

Towerfolk : six euros pour une cité médiévale où le danger vient surtout de l'intérieur

Des bandits dehors, des voleurs dedans, et des soldats qui se disputent entre eux. La version complète est sortie ce matin.

A

Alexandrosse

·7 min de lecture

Note InsertCoins.press

6/10

Verdict

Mitigé

La plupart des city builders médiévaux vous donnent un ennemi extérieur et vous demandent de construire un mur.

Towerfolk fait ça, puis ajoute une phrase que je n'avais pas vue : vos menaces ne viennent pas seulement de dehors, le danger rôde aussi à l'intérieur.

Et il détaille : maîtrisez les voleurs, empêchez les querelles entre vos soldats, et protégez vos gens de la faim.

Towerfolk, la cite vue d en haut

Ce qu'il y a dans la boîte

La version complète est sortie ce matin, à 6,47 €.

La défense. On entraîne des soldats, on construit des tours, on renforce les murs. Les raids de bandits peuvent survenir à tout moment, ce qui veut dire qu'on ne peut jamais démonter sa garnison pour gagner trois ouvriers.

La construction. On étend ses terres, on ramasse de la pierre, du bois et du fer, on installe des sites de production, et on vise le statut de comptoir commercial prospère.

La gouvernance. C'est la partie qui m'intéresse. Il ne s'agit pas seulement d'élever des bâtiments : il faut fournir nourriture, logement, santé et sécurité, tout en répondant aux exigences royales pour maintenir l'ordre.

Les exigences royales sont une bonne idée dans un jeu de ce prix. Elles créent une pression qui ne vient ni de l'économie ni de l'ennemi, mais d'une autorité à qui vous devez des comptes. C'est la différence entre être un maire et être un vassal.

Towerfolk, les murs et les tours

La menace intérieure

C'est ce qui donne au jeu sa petite personnalité, et ça mérite qu'on s'y arrête.

Les voleurs, d'abord. Une cité prospère produit mécaniquement des gens qui prennent ce qui n'est pas à eux, et devoir les surveiller transforme la richesse en problème plutôt qu'en score.

Les querelles entre soldats, ensuite. Celle-là est inhabituelle. Vous entraînez une garnison pour vous défendre, et cette garnison devient elle-même quelque chose à gérer. Des hommes armés qui s'ennuient sont un risque, et peu de jeux du genre osent le modéliser.

Et la faim, enfin, qui est le classique du genre mais qui prend un autre sens quand elle est listée à côté des deux autres : un peuple affamé n'est pas seulement un peuple qui meurt, c'est un peuple qui vole et qui se bat.

Les trois menaces internes se répondent, et c'est plus cohérent que ce qu'on attend à ce prix.

Towerfolk, la production

Le vrai problème, et il est brutal

Huit joueurs connectés en même temps au moment où j'écris.

Vingt et un avis positifs sur vingt-huit, ce qui est correct, mais sur un échantillon minuscule.

Ce n'est pas un jugement sur la qualité du jeu, c'est un constat sur sa visibilité. Towerfolk sort le même jour que six autres titres dont un édité par MicroProse et un par la maison de Palworld, dans un genre où les mastodontes se comptent par dizaines.

Pour vous, acheteur, ça veut dire deux choses concrètes. Il n'y aura pas de communauté pour produire des guides, des mods ou des réponses à vos questions. Et le rythme des correctifs dépendra entièrement de la persévérance du studio, pas d'une pression publique.

C'est le destin de beaucoup de petits jeux honnêtes, et c'est dommage.

Les autres réserves

La présentation ne vous arrêtera pas dans la rue. C'est propre et lisible, c'est tout, et dans un genre où l'on regarde sa ville pendant des heures, l'absence de caractère visuel se paie.

La profondeur est inconnue. La fiche décrit des systèmes, pas leur grain. Savoir qu'il y a de la nourriture, du logement, de la santé et de la sécurité ne dit pas si ces quatre éléments s'arbitrent réellement les uns contre les autres ou s'ils sont quatre barres à garder vertes.

Et il y a une déclaration d'IA, que je mentionne parce que c'est la règle et parce qu'elle est honnête et étroite : le studio indique que seuls les dessins des écrans de chargement ont été générés. C'est la déclaration la plus limitée que j'aie lue depuis un moment, et elle a le mérite d'être précise.

Towerfolk, une attaque de bandits

À six euros et des poussières, c'est le genre d'achat qu'on ne regrette pas même s'il ne tient que dix heures. Il y a une vraie idée dedans, celle de la cité qui se met en danger toute seule à mesure qu'elle réussit, et elle mérite mieux que huit joueurs.

Si vous cherchez votre prochain city builder médiéval et que les gros noms vous ont lassé, celui-ci a au moins le mérite de ne pas croire que la menace est toujours dehors.

Vous avez déjà eu une garnison qui s'est retournée contre vous dans un jeu de gestion ? Racontez sur le Discord d'InsertCoins.

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