
Big Dig : déterrer des artefacts pour que Monsieur le Maire Chien puisse construire son autoroute
Un jeu incrémental narratif et court, où votre travail consiste à retirer le patrimoine qui gêne un projet routier.

Les quatre Clans, le Bassin de Lune, un combat au tour par tour et un créateur de chat. Une licence énorme et presque jamais adaptée.
Alexandrosse
Il y a des licences dont tout le monde a entendu parler sans jamais y avoir touché, et il y a La Guerre des Clans.
Une série de romans animaliers qui dure depuis plus de vingt ans, qui compte des dizaines de volumes, et qui a transformé une génération entière de lecteurs en gens capables de citer de mémoire la hiérarchie d'un clan de chats sauvages.
Et jusqu'ici, presque aucun jeu officiel.

Sortie le 23 octobre, à 29,99 €. Pas de note aujourd'hui.
Un jeu d'action-aventure situé dans les Territoires du Lac, le décor de la deuxième grande série de romans.
On part en quête pour gagner la faveur de son Clan, on affronte les autres en combat au tour par tour, et on apprend de nouveaux mouvements pour abattre ses rivaux. Les ennemis vont de la souris à l'écureuil jusqu'au blaireau, ce qui, pour qui connaît la série, n'a rien d'anodin : un blaireau, dans ces livres, est un événement.
On récolte des matériaux pour fabriquer des objets dans sa tanière. On grimpe aux arbres, on bondit dans les broussailles, on suit des pistes olfactives, on résout des énigmes d'environnement.
Et on crée son propre chat, avec un éditeur que l'édition de précommande promet d'enrichir.
Le jeu annonce les quatre territoires emblématiques : les forêts denses du Clan du Tonnerre, les marécages du Clan de la Rivière, les marais de pins sombres du Clan de l'Ombre, et les landes ouvertes du Clan du Vent.
Plus le Bassin de Lune et l'Île, les deux lieux sacrés.
Pour les lecteurs, cette liste est le vrai argument de vente. Ce sont des endroits qu'ils ont dans la tête depuis l'adolescence, décrits sur des milliers de pages, et jamais vus.
Et c'est aussi le vrai risque. Quand un public a imaginé un lieu pendant quinze ans, le montrer est un exercice redoutable.

Le combat au tour par tour. C'est un choix inattendu et je le trouve intelligent : un jeu d'action en temps réel avec des chats aurait demandé une technique que ce budget ne permet probablement pas, alors qu'un système au tour par tour laisse de la place à l'écriture et à la tactique.
Reste à savoir s'il a de la profondeur. Apprendre de nouveaux mouvements est annoncé, mais rien ne dit encore si un combat est une décision ou une formalité.
Le public visé. Trente euros, un créateur de chat, des quêtes et de l'artisanat : le jeu vise clairement les lecteurs plutôt que les joueurs chevronnés. Ce n'est pas un reproche, c'est une information. Si vous n'avez jamais lu ces livres, vous allez voir un jeu d'aventure correct. Si vous les avez lus, vous allez voir le Bassin de Lune.
Et la fidélité. C'est tout. Une licence comme celle-ci se gagne ou se perd sur les détails de hiérarchie, de vocabulaire et de rituels. Les lecteurs les connaissent mieux que les développeurs.

Ce que je trouve notable, c'est le temps qu'il aura fallu.
Vingt ans de romans, un public immense et fidèle, un univers entièrement bâti, avec des factions, des lieux et des codes. Toutes les conditions étaient réunies depuis longtemps, et il n'y a presque rien eu.
Les très grosses licences de jeux vidéo viennent du cinéma, de la bande dessinée ou d'autres jeux. Celles qui viennent de la littérature pour adolescents restent rares, et c'est dommage, parce que ce sont des publics qui connaissent leur univers par cœur.

On en reparle avec une note quand les lecteurs auront vu leurs territoires.
Vous avez lu La Guerre des Clans ? Avouez votre Clan sur le Discord d'InsertCoins, on ne jugera que très peu.
Communauté
Votre note
Chargement des commentaires...
Lire aussi

Un jeu incrémental narratif et court, où votre travail consiste à retirer le patrimoine qui gêne un projet routier.

Une invasion de la Corée du Sud, un Price en fuite, et une précommande qui débloque la campagne une semaine avant la sortie.

Le premier Final Fantasy en HD-2D, avec Gilgamesh, un Colisée, l'Ultima Weapon, et des Visions tirées des anciens épisodes.