Le déverrouillage Steam est ce soir. Au moment où vous lisez ces lignes, il est peut-être déjà passé.
Donc pas de note aujourd'hui : on regarde ce que Bandai Namco a construit et ce qu'il faut surveiller.

Ace Combat 8: Wings of Theve est le dix-huitième jeu de la franchise et le neuvième de la série numérotée. Le précédent, Ace Combat 7: Skies Unknown, date de 2019.
Sept ans. Pour une série qui, dans les années 2000, sortait un épisode tous les deux ans.
C'est aussi un titre anniversaire : la franchise a trente ans. Développement par Bandai Namco Aces, sous la direction de l'équipe PROJECT ACES, celle qui a fait les épisodes que vous aimez et ceux que vous avez décidé d'oublier.
Sortie PC via Steam, PlayStation 5 et Xbox Series. 69,99 € sur Steam.
Du vocabulaire Ace Combat, et c'est rassurant : on entre dans le cockpit, on enchaîne des combats tournoyants, on élimine des menaces, et on monte en grade de mission en mission.
Le studio met en avant deux choses visuelles.
Les nuages. Des paysages nuageux multicouches et dynamiques. Si vous avez joué à Ace Combat 7, vous savez que ce n'est pas qu'une question de joliesse : les nuages y masquaient les verrouillages, perturbaient les missiles et abîmaient l'appareil. Les reprendre comme argument de communication laisse espérer qu'ils restent un élément de jeu et pas un fond d'écran.
Les scènes à la première personne. Le studio annonce des séquences hors cockpit, en vue subjective, pour raconter l'histoire du pilote. Entre les missions, on crée du lien avec les membres de son escadrille.
C'est la partie qui m'intrigue le plus, et c'est aussi la plus risquée. Ace Combat a toujours raconté ses histoires par la radio : des voix, des noms d'indicatifs, et un ennemi qu'on finit par connaître sans jamais le voir. C'est l'un des dispositifs narratifs les plus efficaces du jeu vidéo, précisément parce qu'il laisse tout à l'imagination pendant qu'on pilote.
Remplacer une partie de ça par des visages et des cinématiques, c'est un pari. On verra s'il paie.

Voilà le point sur lequel je veux attirer votre attention, parce qu'il change la nature de la série.
Le studio annonce l'expérience multijoueur la plus vaste de l'histoire de la franchise, et surtout le premier hall en ligne de la série. Concrètement : une base aérienne que l'on parcourt avec un avatar personnalisé, où l'on croise d'autres pilotes, avant de partir en mission.
Il y a plusieurs modes, dont de la coopération, et du jeu multiplateforme.
Pourquoi c'est important : Ace Combat a toujours été une série solo avec du multijoueur en annexe. Une base aérienne partagée, c'est un espace social persistant, et un espace social persistant appelle une économie, une progression, des cosmétiques, un calendrier de contenu. Ce n'est pas une critique, c'est une observation. La question qui décidera de la longévité de cet épisode n'est pas la qualité de sa campagne, c'est ce qu'il y a dans cette base.

Le poids de l'avion. C'est la seule chose qui compte vraiment dans un Ace Combat. La série a toujours tenu sur une sensation très particulière, ni simulation ni arcade pure, où un virage serré coûte de la vitesse et où l'on sent la masse. Sept ans, un nouveau moteur probable, une nouvelle génération de consoles : c'est la variable qui peut tout faire basculer.
La version PC. Ace Combat 7 avait eu une sortie PC correcte mais pas exemplaire, et le studio travaille traditionnellement d'abord pour les consoles. À soixante-dix euros, les options graphiques, le support de la souris et du clavier, et la stabilité en multijoueur seront examinés de près.
La durée de la campagne solo. Si le hall en ligne est la grande nouveauté, il y a un risque bien connu : que le solo devienne le didacticiel du multijoueur. Ce serait une erreur pour cette série en particulier, dont la moitié de la réputation repose sur des missions dont les gens se souviennent vingt ans après.

Il y a quelque chose d'un peu émouvant à voir revenir cette série. C'est l'une des dernières qui assume de faire voler des avions de chasse sans vous demander de lire un manuel de trois cents pages, et le genre a quasiment disparu entre la simulation militaire austère et le jeu de guerre en ligne.
Si Wings of Theve retrouve ce que ses meilleurs épisodes savaient faire, à savoir un ciel immense, une radio bavarde et un ennemi dont on apprend le nom avant de voir son visage, on en reparlera avec une note.
Vous l'avez lancé ce soir ? Venez dire si les nuages servent encore à quelque chose, on attend ça sur le Discord d'InsertCoins.