
Realm of Ink : bon roguelite ou clone de plus ?
Realm of Ink arrive avec une direction artistique encre et calligraphie qui capte l'attention immédiatement. La vraie question, dans un genre aussi saturé : est-ce que ça suffit à faire un bon jeu ?
Les créateurs de CrossCode sont de retour avec Juno, une élue qui doit briser la malédiction de Nyx dans un monde abandonné des dieux. La démo nous a pris deux heures et demi. On en voulait encore.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
9/10
Verdict
Indispensable
Si vous connaissez CrossCode, vous savez déjà pourquoi ce nom retient l'attention. Si vous ne le connaissez pas, sachez que la communauté indie le considère comme l'un des meilleurs action RPG de la décennie, et que son studio, Radical Fish Games, est de ceux dont on attend chaque nouveau projet avec une attention particulière.
Alabaster Dawn est ce nouveau projet. On a joué la démo. On a une opinion.
Le cadre : les dieux ont disparu. Leur absence a transformé le monde en désolation. Juno est une élue paria, chargée de briser la malédiction de Nyx et de guider la renaissance de l'humanité. C'est une entrée en matière qui pose les enjeux clairement sans s'appesantir : on comprend où on est, ce qu'on a à faire, et pourquoi ça compte.
Ce qui frappe immédiatement, c'est la narration. Pas de tutoriel condescendant, pas d'exposition maladroite. L'histoire se déroule avec une fluidité et une confiance dans le joueur qui rappelle les meilleures productions du genre. On a hâte de voir où ça mène, ce qui est précisément ce qu'une démo est censée faire.
La démo propose deux armes de mêlée, deux armes à distance, neuf types d'ennemis, quatre boss. C'est suffisant pour comprendre le système, et le système est très bon.
Les combats sont fluides, lisibles, et suffisamment exigeants pour que la victoire soit méritée sans jamais être frustrante. Radical Fish Games connaît l'art de l'escalade de difficulté : chaque boss de la démo enseigne quelque chose, force à lire un pattern, récompense la compréhension plutôt que le bouton-mashing. On pense à CrossCode, évidemment, mais Alabaster Dawn a déjà sa propre identité dans ses mécaniques de combat.
L'alternance mêlée/distance n'est pas un gadget : elle crée des situations où choisir le bon outil au bon moment change vraiment l'issue d'un combat. Sur deux heures et demi, ça ne s'épuise jamais.
Le pixel art combiné aux éléments 3D produit quelque chose de visuellement cohérent et immédiatement distinct. La palette est généreuse sans être agressive, les animations sont soignées, et l'ensemble a ce cachet particulier des jeux qui savent exactement ce qu'ils veulent montrer.
Comparer à Sea of Stars est tentant et pas tout à fait juste : Alabaster Dawn a une identité propre. Le monde abandonné des dieux a une mélancolie visuelle que le style sert parfaitement.
D'après Félix, le directeur créatif, l'Early Access couvrira les deux premiers chapitres, le premier donjon, et environ dix heures de contenu entre histoire principale et quêtes secondaires. Un mode roguelike est prévu en parallèle, pour affronter les ennemis dans des configurations plus difficiles. Et la prévenance d'avertir à l'avance que ce pourrait être "un long Early Access" est appréciée : mieux vaut le savoir que se retrouver à attendre sans repère.
Dix heures pour les deux premiers chapitres, ça représente environ 25% du jeu complet si la progression suit la même logique que CrossCode. Ce n'est pas rien.
Ce n'est pas une note sur une démo. C'est une note sur ce que cette démo dit du jeu final si Radical Fish Games tient son niveau. Et les signaux sont tous dans le bon sens : le combat est excellent, la narration est engageante, la direction artistique est maîtrisée, et on sent derrière tout ça un studio qui sait où il va.
98% d'avis positifs sur 1810 joueurs de démo, ce n'est pas un accident. Alabaster Dawn a quelque chose. Si la version complète garde cette qualité sur l'ensemble du récit, ce jeu sera un des grands indés de sa génération.
On attend la suite avec une impatience qu'on n'avait pas anticipée.
Test basé sur la démo disponible sur Steam. L'Early Access est prévu pour le premier semestre 2026.
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On avait regardé Ozark un peu trop attentivement. On espérait blanchir des millions comme un banquier sans scrupules. Cash Cleaner Simulator nous a appris que blanchir de l'argent, c'est surtout beaucoup de lessive.

La démo nous avait donné envie. L'Early Access confirme : Brain Jar Games a construit un beat'em up rythmique qui frappe fort, qui sonne bien, et qui a suffisamment de personnalité pour qu'on en parle encore longtemps.