
Realm of Ink : bon roguelite ou clone de plus ?
Realm of Ink arrive avec une direction artistique encre et calligraphie qui capte l'attention immédiatement. La vraie question, dans un genre aussi saturé : est-ce que ça suffit à faire un bon jeu ?
La démo nous avait donné envie. L'Early Access confirme : Brain Jar Games a construit un beat'em up rythmique qui frappe fort, qui sonne bien, et qui a suffisamment de personnalité pour qu'on en parle encore longtemps.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
8/10
Verdict
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On avait dit dans notre preview que la baston avait quelque chose. Qu'il y avait un héritage Arkham dans les enchaînements, un plaisir de lire les ennemis, une fluidité qui ne s'explique pas en trois mots. L'Early Access est là depuis le 5 mai. On confirme.
Le contexte : Charlie Disco était l'icône absolue de son groupe. Ses partenaires l'ont trahi, l'ont laissé pour mort, et ont prospéré sans lui. Il refait surface. Il veut récupérer ce qui lui appartient, un ex-collègue à la fois.

Ce n'est pas l'histoire la plus sophistiquée du monde. Dead as Disco ne prétend pas que c'est le cas. Ce qu'elle fait, c'est poser un cadre qui justifie la structure du jeu : chaque niveau correspond à un ancien membre du groupe, chacun avec son propre style musical. Du punk rock, du métal façon Rammstein, de la pop asiatique sur cette version. Country, rap, R&B, pop-rock sur d'autres. Ce n'est pas une skin sur des niveaux génériques. Le style musical change l'ambiance visuelle, change les ennemis, change l'énergie de chaque arène. C'est cohérent et c'est malin.
On le savait déjà, mais l'Early Access le confirme avec plus de matière : le système de combat de Dead as Disco est une vraie réussite. Brain Jar Games citait Batman Arkham et Devil May Cry comme inspirations. Le résultat tient des deux sans être une copie de l'un ou de l'autre.

Coup rapide, coup lourd, esquive, parade, attaque à distance, coups spéciaux selon les résultats. Les contrôles sont simples, la lecture des ennemis est immédiate, et les enchaînements sortent naturellement après quelques minutes. Mais c'est quand on commence à jouer en rythme avec la musique que le jeu s'ouvre vraiment.
Frapper sur le beat déclenche des effets supplémentaires, un feedback visuel et sonore satisfaisant qui donne l'impression d'être en phase avec le morceau. Ce n'est pas un système punitif : on ne rate pas le niveau parce qu'on est hors rythme. C'est une récompense. Une injection de dopamine qui transforme un bon combat en moment mémorable. La différence entre "jouer" et "performer".
En dehors de la campagne principale, Dead as Disco propose un mode Playlist où l'on choisit un morceau de la bande-son et on enchaîne des vagues d'ennemis en cherchant le meilleur score possible. C'est le mode qui révèle à quel point le BPM de chaque chanson change l'expérience : une track country lente donne un rythme contemplatif, un morceau de métal à 180 BPM transforme l'arène en chaos organisé.

Et il y a mieux : on peut importer ses propres musiques. Pour l'instant, ça reste une exclusivité PC, les développeurs reconnaissant que la fonctionnalité est plus délicate à déployer sur d'autres plateformes. Mais l'idée est là, et c'est une idée qui change l'équation. Un beat'em up où on peut tabasser des ennemis sur ses propres playlists, c'est un argument difficile à ignorer.
Dans les cartons également : un système de création d'arènes similaire à Beat Saber, où les joueurs pourraient composer leurs propres niveaux, de la sélection musicale à la composition des vagues. Si ça aboutit, Dead as Disco pourrait devenir un outil autant qu'un jeu.
L'arbre de compétences est prévu, pas encore là. La personnalisation de l'apparence de Charlie non plus. D'autres modes de jeu sont annoncés sans être détaillés. Ce sont les promesses d'un Early Access honnête, et Brain Jar Games les a clairement identifiées plutôt que de les masquer.

La quantité de contenu disponible maintenant est suffisante pour justifier le prix d'entrée, mais si vous attendez un jeu complet avec tout ce qui a été promis, la sortie 1.0 sera le bon moment. Le jeu actuel est une très bonne base. La version finale pourrait être quelque chose d'exceptionnel.
Dead as Disco est ce que la démo promettait : un beat'em up rythmique qui sait ce qu'il est, construit par une équipe qui maîtrise son sujet. La baston est fluide, la musique est une mécanique à part entière, et la personnalité du jeu est suffisamment forte pour qu'on s'en souvienne. L'Early Access laisse des cases à remplir, mais les fondations sont solides. Charlie Disco est en bonne voie pour devenir l'un des hits indé de l'année.

Test réalisé sur la version Early Access. Dead as Disco est disponible sur PC.
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