INSERTCOINS.press
Tests
Test
Note7/10

CARNEDGE : dix ans de travail, trois personnes, un jeu qui mérite votre attention

Un roguelite deckbuilder dark fantasy développé par trois personnes pendant dix ans. CARNEDGE est rugueux, ambitieux, et franchement plus intéressant que la moitié des sorties de la semaine.

A

Alexandrosse

·19 avril 2026·9 min de lecture

Note InsertCoins.press

7/10

Verdict

Recommandé

Soyons directs : CARNEDGE est sorti aujourd'hui avec 67% de positifs sur Steam, développé par trois personnes chez OneShark, sans budget marketing, sans éditeur pour lui tailler un chemin. Dans un marché où des jeux sortent chaque semaine avec dix fois ses ressources et n'arrivent pas à sa cheville sur le plan de l'ambition, c'est un chiffre qui mérite qu'on s'y arrête — pas pour excuser les défauts, mais pour comprendre ce qu'on a vraiment entre les mains.

Ce qu'on a entre les mains est intéressant. Vraiment.

Le concept : une flamme éternelle dans un monde qui meurt

CARNEDGE se déroule dans un univers dark fantasy où le monde se corrompît lentement. Vous incarnez la Lanterne, un guerrier solitaire chargé de porter la Flamme Eternelle à travers ce monde mourant, dungeon après dungeon, run après run.

La mécanique centrale est un mariage entre deckbuilding et auto-battle RPG. Vous construisez votre deck, vous invoquez des alliés, vous traversez des donjons tordus — et vos cartes combattent à votre place selon la logique de build que vous avez construite. Ce n'est pas un jeu où vous appuyez sur des boutons au bon moment. C'est un jeu où vous planifiez, organisez, anticipez, puis vous regardez votre machine tourner.

C'est une distinction importante. CARNEDGE demande de la réflexion avant le combat, pas pendant. Si votre deck est mal construit, vous mourrez. Si votre synergie est solide, vous regarderez vos cartes détruire des boss avec une satisfaction qui n'appartient qu'aux bons deckbuilders.

CARNEDGE

Ce qui fonctionne

L'atmosphère est la première chose qui frappe. Le design artistique de CARNEDGE est sombre, cohérent, et personnel. Ce n'est pas le dark fantasy générique recyclé des RPGs mainstream. Il y a une identité visuelle réelle, quelque chose qui ressemble à une vision assumée plutôt qu'à un assemblage de références.

La structure de pèlerinage — chaque run comme une avancée à travers un monde corrompu — donne un sens au roguelite que beaucoup de jeux du genre n'ont pas. On ne meurt pas juste pour recommencer. On meurt parce qu'on n'était pas prêt pour ce monde-là, et on repart avec une compréhension différente.

Les synergies de cartes sont le coeur du jeu, et c'est là qu'OneShark a clairement mis ses dix ans. Il y a de la profondeur ici. Des combinaisons qui surprennent, des builds qui semblent impossibles jusqu'à ce qu'ils fonctionnent, une variété qui donne envie de recommencer différemment. Un bon deckbuilder vous fait vouloir explorer toutes les possibilités. CARNEDGE fait ça.

CARNEDGE

Ce qui résiste

La courbe d'apprentissage est abrupte, et pas toujours de la bonne façon. Il y a une différence entre la complexité qui récompense et la friction qui décourage — CARNEDGE est parfois du mauvais côté de cette ligne. L'interface manque de clarté sur certains points, quelques mécaniques demandent d'échouer plusieurs fois avant de comprendre qu'on les avait mal comprises, pas mal jouées.

Les bugs d'interface rapportés à la sortie sont réels. Rien de bloquant dans notre run de test, mais suffisamment présents pour interrompre le rythme à des moments inopportuns. C'est le genre de rugosité qu'on attend d'une sortie indie day one, et qu'on espère voir patcher rapidement.

La narration est esquissée plus que développée. L'univers est là, l'atmosphère est là, mais l'histoire ne creuse pas autant qu'elle le pourrait. Pour un jeu dont la prémisse — porter une flamme éternelle à travers un monde mourant — a tout pour être portée par un récit fort, c'est une occasion partiellement manquée.

CARNEDGE

Dix ans, trois personnes

Il faut dire ce que ça représente.

OneShark, c'est trois personnes. CARNEDGE, c'est leur premier titre majeur après dix ans de travail. La démo était disponible depuis septembre 2025, construite et affinée avec les retours d'une communauté qui attendait la sortie. Ce n'est pas un jeu qui a été expédié. C'est un jeu sur lequel des gens ont construit une partie de leur vie professionnelle.

Ça ne change pas ce que le jeu est ou n'est pas. Mais ça explique pourquoi l'ambition dépasse parfois les moyens, pourquoi certains angles sont polis à la perfection pendant que d'autres sont encore rugueux. Quand vous jouez à CARNEDGE, vous jouez au résultat de dix ans de conviction.

Verdict

CARNEDGE n'est pas un jeu parfait. Il a des angles rough, une interface qui pourrait être plus claire, et une narration qui ne tient pas toutes ses promesses. C'est aussi l'un des deckbuilders les plus ambitieux sortis cette semaine, avec une atmosphère réelle, des synergies profondes, et la signature de gens qui ont voulu faire quelque chose de personnel plutôt que quelque chose de bankable.

À 67% de positifs sur Steam aujourd'hui, il est sous-évalué. Pas parce qu'il faut soutenir les indés par principe — par principe, on se fout de qui a fait le jeu si le jeu ne vaut rien. Mais parce que CARNEDGE vaut quelque chose, et que les 33% de négatifs parlent surtout de la rugosité du lancement, pas du jeu en dessous.

Le jeu en dessous mérite mieux.

CARNEDGE

Points forts :

  • atmosphère dark fantasy avec une vraie identité visuelle
  • synergies de cartes profondes et satisfaisantes
  • structure de pèlerinage qui donne du sens au roguelite
  • dix ans de conviction dans chaque système

Points faibles :

  • interface perfectible, manque de clarté sur certaines mécaniques
  • bugs d'interface au lancement
  • narration esquissée, univers sous-exploité
  • courbe d'apprentissage parfois frustrante plutôt qu'engageante

Testé sur PC, version du jour de sortie — 19 avril 2026

Communauté

--/100

Votre note

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Sois le premier.