
Ace Combat 8 : sept ans d'attente et, pour la première fois, un hall en ligne
Trente ans de série, sept ans sans épisode numéroté, et une base aérienne où l'on se croise avec son avatar avant de décoller.

Écran partagé, doublage cantonais et mandarin, et un retour dans la cité fortifiée de Kowloon. Un seul achat suffit pour jouer à deux.
Alexandrosse
Un détail avant tout le reste, parce qu'il est rare et qu'il mérite d'être dit en premier.
Un seul exemplaire du jeu suffit pour jouer à deux. Écran partagé en local, ou invitation d'un ami en ligne via le Remote Play de Steam, sans qu'il ait besoin de l'acheter.
Dans un marché où le moindre jeu coopératif vous vend deux licences, c'est une décision commerciale qui se remarque.

Le jeu n'a pas encore de date de sortie ferme. Pas de note aujourd'hui.
Vous suivez la carrière de deux policiers hongkongais, et vous la vivez de l'intérieur, à deux, en coopération.
Le studio Team DF annonce un récit prenant avec des missions variées, qui vous fait traverser avec votre partenaire un parcours émotionnel, exactement comme un polar hongkongais classique.
Vous le savez déjà si vous avez une étagère pleine de ces films : le genre repose entièrement sur le duo. Deux flics, deux tempéraments, et une loyauté que l'intrigue passe deux heures à tester. Construire un jeu coopératif là-dessus n'est pas une idée originale, c'est l'idée évidente que personne n'avait faite correctement.
Et là, pour moi, c'est le vrai argument.
On traverse les vieux tong lau nostalgiques, ces immeubles à arcades typiques, des rues au néon, et la jungle de béton moderne, dans l'esthétique crasseuse et clinquante des films d'action hongkongais.
Surtout, l'histoire vous ramène dans la cité fortifiée de Kowloon. On incarne plusieurs personnages à mesure que le récit avance, y compris des retours à leur enfance pour y explorer ce lieu.
Kowloon Walled City a été rasée en 1994. C'était l'endroit le plus densément peuplé de la planète, un bloc de béton auto-construit sur six étages où trente-trois mille personnes vivaient sur à peu près deux hectares et demi. Il existe une fascination durable pour cet endroit, et il est devenu un décor de jeu vidéo presque mythologique.
Y revenir en tant qu'enfant, dans les séquences d'un jeu qui parle par ailleurs d'adultes et de police, est une idée narrative nettement plus fine que ce que la fiche laisse d'abord deviner.

Le jeu propose un doublage intégral en cantonais et en mandarin, avec bascule libre entre les deux.
Ce n'est pas une ligne de spécifications. Le cantonais est la langue du cinéma hongkongais, celle des films auxquels ce jeu se réfère, et son rythme fait une grande partie de l'énergie du genre. Avoir les deux pistes, et pouvoir choisir, c'est un soin qu'on voit rarement sur un projet de cette taille.
Le studio annonce des combats où chaque coup de poing et chaque coup de pied porte, avec des ennemis qui ne tombent pas tout seuls.
Et une série de mini-jeux nostalgiques à faire avec son partenaire, inspirés des jeux de l'enfance.
Ce dernier point est celui que je surveille le plus, parce qu'il peut aller dans deux directions opposées. Soit ce sont des respirations qui installent la complicité entre les deux personnages, et donc entre les deux joueurs, et c'est exactement ce qui fait marcher un jeu à deux. Soit c'est du remplissage entre les fusillades.

C'est un jeu coopératif obligatoire, ou presque. Toute la structure suppose un partenaire. Si vous n'avez personne sous la main, méfiez-vous : ce genre de projet propose rarement une expérience solo convaincante.
La variété du combat est une inconnue. Un jeu narratif coopératif de six à huit heures tient ou ne tient pas sur la question de savoir si le vingtième affrontement ressemble au premier.
Et la durée. La fiche parle de missions variées et de changements de personnages, mais ne donne aucun ordre de grandeur. Pour un jeu dont le principal argument est l'écriture, c'est l'information qu'on voudrait avant d'acheter.

J'ai une faiblesse pour tout ce qui touche à ce cinéma, et je trouve qu'il est curieusement peu adapté en jeu vidéo alors qu'il a tout : le duo, la ville, la verticalité, la morale trouble. Celui-ci a l'air d'avoir compris où était le cœur.
Et il ne demande qu'un exemplaire pour jouer à deux. C'est déjà une raison de le garder en vue.
Vous avez un partenaire de canapé disponible ? Les recrutements se font sur le Discord d'InsertCoins.
Communauté
Votre note
Chargement des commentaires...
Lire aussi

Trente ans de série, sept ans sans épisode numéroté, et une base aérienne où l'on se croise avec son avatar avant de décoller.

Un simulateur de logistique maritime mondiale, avec des ports réels, des règles de routage automatiques, et 162 licences à collectionner.

Pesée, repas, boulot alimentaire entre les combats, blessures qui s'accumulent et un circuit à mains nues. Halfbrick ne rigole plus du tout.