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Farlands assume son ADN de Stardew Valley, mais l'espace lui donne enfin une vraie raison d'exister
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Note7/10

Farlands assume son ADN de Stardew Valley, mais l'espace lui donne enfin une vraie raison d'exister

Oui, c'est un clone de Stardew, on ne va pas mentir. Mais voyager de planète en planète et miner sous la menace change assez la donne pour que Farlands ne soit pas qu'une copie de plus.

A

Alexandrosse

·16 juillet 2026·7 min de lecture

Note InsertCoins.press

7/10

Verdict

Recommandé

À force de voir débarquer des clones de Stardew Valley chaque mois, on a développé un réflexe de méfiance. Encore une ferme, encore des graines à planter, encore des villageois à épouser, et cette fois avec une couche de peinture spatiale par-dessus pour faire genre. On a donc lancé Farlands en ronchonnant, prêt à dégainer le verdict facile du énième décalque. Et puis on a pris notre vaisseau, mis le cap sur une autre planète, et on a commencé à comprendre que la peinture spatiale n'était pas qu'un vernis.

Farlands, sa ferme extraterrestre à retaper sur un caillou agraire au bord de la galaxie

Le contexte

Farlands est un simulateur de ferme spatial développé et édité par JanduSoft, sous la houlette d'Eric Rodríguez, qui sort de son accès anticipé pour une version 1.0 complète ce 16 juillet 2026 sur PC, autour de dix-huit euros. Le pitch a un charme immédiat : vous venez d'acheter votre propre planète, un vieux caillou agraire à la lisière de la galaxie, cédé presque gratuitement pour une raison qu'on vous laisse deviner. Il faut quitter la métropole surpeuplée et stressante pour une vie rurale plus douce, débroussailler, replanter, réparer ce que le temps a détruit. Après deux ans en accès anticipé et un solide 92% d'avis positifs, le jeu arrive enfin abouti.

Disons-le : le socle est du pur Stardew

Autant crever l'abcès tout de suite, puisque c'est votre question. Oui, Farlands puise énormément dans Stardew Valley, et il ne s'en cache pas une seconde. La boucle de base est un décalque assumé : on cultive ses champs, on abat des arbres pour le bois, on descend dans les mines, on tisse des liens d'amitié avec des personnages jusqu'à la romance et le mariage, et on reconstitue peu à peu une histoire dissimulée qu'on peut aussi choisir d'ignorer. Chaque brique de ce gameplay évoquera immédiatement le maître du genre à quiconque y a joué. Sur ce plan, Farlands ne réinvente strictement rien, et il faut l'accepter d'entrée.

Ce n'est pas nécessairement un défaut, d'ailleurs. La formule de Stardew fonctionne parce qu'elle est excellente, et Farlands l'exécute avec sérieux et générosité. La progression est douce, la gratification bien dosée, le confort au rendez-vous, et on retrouve immédiatement ce plaisir hypnotique d'organiser sa ferme et de planifier ses journées. Si vous cherchiez juste une nouvelle dose de cette boucle réconfortante, elle est là, propre et fonctionnelle. Mais la vraie question, c'est de savoir ce que le jeu ajoute par-dessus, et c'est là que ça devient intéressant.

Ce qu'il apporte : l'espace, pour de vrai

La grande différence, celle qui empêche Farlands d'être une simple copie, tient dans son exploration interplanétaire. Vous ne restez pas cantonné à votre ferme : vous prenez un vaisseau et voyagez entre les planètes de votre système solaire, chacune dotée de ses propres biomes, de ses matériaux uniques et de ses personnages. Cette dimension change complètement le rythme d'un jeu de ferme classique. Là où Stardew vous enracine dans une seule vallée, Farlands vous pousse à sortir, à explorer, à ramener des ressources exotiques d'ailleurs pour développer votre propre monde. C'est l'influence de No Man's Sky greffée sur la cozy sim, et cette greffe prend étonnamment bien.

Le minage participe du même effort pour dépasser le modèle. Ici, descendre dans les mines n'est pas qu'une affaire de coups de pioche : c'est une activité teintée de combat, avec des créatures hostiles à affronter à travers plusieurs galeries. On est plus proche d'une petite composante action que du minage purement contemplatif de son inspirateur, et ça apporte une tension bienvenue qui casse la routine. Entre le saut de planète en planète et ces descentes plus musclées, Farlands se donne les moyens d'avoir une identité propre, celle d'un Stardew qui aurait troqué son immobilité rurale contre une soif d'ailleurs.

Farlands, le voyage interplanétaire qui envoie explorer d'autres biomes pour de nouvelles ressources

Une aventure qui a ses limites

Il faut toutefois raison garder, car cette ambition spatiale a aussi ses revers. En s'étalant sur plusieurs planètes, Farlands dilue parfois le sentiment d'attachement à un lieu unique qui faisait la force émotionnelle de Stardew. On s'enracine moins, on butine davantage, et cette dispersion, si elle apporte de la variété, coûte un peu de cette chaleur du chez-soi que le genre cultive si bien. C'est un arbitrage de game design, ni bon ni mauvais dans l'absolu, mais qui donnera à certains l'impression d'un jeu plus large que profond.

On sent aussi, par endroits, qu'il s'agit d'une production indépendante de taille modeste. Tout n'a pas le poli maniaque d'un Stardew peaufiné pendant des années, et la feuille de route du studio, qui promet encore élevage, planètes supplémentaires et extensions de la romance, rappelle que le jeu continuera de grandir après son lancement. En l'état, l'ossature est solide et l'expérience complète, mais on devine qu'elle gagnera encore en densité avec le temps. Ce n'est pas un reproche, plutôt une invitation à revenir voir.

Farlands, le minage teinté de combat face à des créatures hostiles dans les galeries

Ce qu'on retient

Alors, énième copie de Stardew Valley ou vraie proposition ? La réponse est entre les deux, et elle penche du bon côté. Oui, Farlands emprunte massivement la formule du maître, jusque dans ses moindres rouages, et n'espérez pas y trouver une révolution de la cozy sim. Mais non, ce n'est pas qu'un reskin spatial paresseux : son exploration interplanétaire et son minage teinté de combat sont de vraies mécaniques additionnelles qui lui donnent un rythme et une identité que la plupart des clones n'ont pas. C'est un Stardew qui a la bougeotte, et cette envie d'ailleurs suffit à le distinguer.

Pour dix-huit euros, avec ses 92% d'avis positifs mérités et un contenu appelé à s'étoffer, c'est une valeur sûre pour qui aime le genre et cherche une variation qui apporte réellement quelque chose. Il ne détrônera pas son modèle, il ne cherche d'ailleurs pas à le faire, mais il propose une escapade spatiale suffisamment maligne pour justifier son ticket. Si vous avez fait le tour des vallées ensoleillées et que l'idée de cultiver des champs sous un ciel étranger vous parle, Farlands est un excellent aller simple.

Verdict

Un clone de Stardew Valley assumé, mais que le voyage interplanétaire et le minage-combat sauvent de la simple copie : plus large que profond, mais franchement attachant.

Points forts :

  • L'exploration interplanétaire qui apporte une vraie variété au genre
  • Un minage teinté de combat qui casse la routine contemplative
  • Une boucle cozy solide et généreuse, fidèle à ce qui marche
  • Un rapport contenu-prix honnête, avec du contenu encore à venir

Points faibles :

  • Un socle qui reste un décalque très net de Stardew Valley
  • L'éparpillement spatial dilue l'attachement à un lieu unique
  • Un poli et une densité en deçà des références du genre

Testé sur PC.

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