On va être honnête, le coop de survie et d'horreur commence à nous sortir par les yeux. Chaque semaine amène sa bande de quatre amis qui explorent un endroit dangereux en criant dans un micro, et la formule tourne à vide. Alors pourquoi Funnel Runners nous a-t-il accroché ? Peut-être parce qu'on a revu Twisters la semaine dernière et qu'on avait la tornade en tête. Mais surtout parce que, pour une fois, la menace n'est pas un monstre de plus : c'est une colonne d'air à quinze cents kilomètres-heure qui fonce droit sur vous.

Le contexte
Funnel Runners est un jeu de survie coopératif à la première personne développé par Supernova Studios, disponible depuis le 16 juillet 2026 sur PC. Le principe est limpide et efficace : coincés dans une ville condamnée, vous et jusqu'à sept amis devez fouiller les décombres à la recherche de pièces, réparer votre van, et fuir la tornade brutale qui approche. Le jeu mise sur des catastrophes qui montent en intensité et sur une destruction environnementale totale, ce qui le range dans la grande famille du coop de survie, mais avec une identité climatique qui le distingue immédiatement de la meute des jeux d'horreur en équipe.
Le gameplay : la course contre le vent
Là où le genre se contente souvent d'une menace statique qui rôde, Funnel Runners impose une menace mouvante et implacable : la tornade elle-même. Toute la tension du jeu naît de cette course contre la montre et contre le vent. On se disperse pour ramasser les pièces nécessaires à la réparation du van, on communique pour se coordonner, et on garde en permanence un œil sur l'horizon où la colonne noire grossit. C'est une boucle simple mais redoutablement efficace : plus on tarde, plus le danger se rapproche, et la panique collective quand la tornade entre enfin dans le champ vaut tous les jump scares du monde.
La destruction environnementale totale est le vrai atout technique du jeu, et elle sert directement le gameplay. Voir la ville se faire littéralement arracher autour de soi, les bâtiments s'effondrer, les débris voler, ça donne à la menace une présence physique que peu de jeux du genre atteignent. On ne fuit pas un concept abstrait, on fuit un cataclysme qu'on voit détruire le décor en temps réel. Jouable jusqu'à huit, avec ses désastres qui s'enchaînent et s'aggravent, Funnel Runners transforme la survie coopérative en un film catastrophe interactif, et l'idée est excellente.

Ce qui apporte du neuf, et ce qui reste à prouver
Ce que Funnel Runners apporte de plus au genre, c'est donc une accroche thématique forte et une menace dynamique qui renouvellent une formule usée. Là où mille jeux d'horreur coop vous demandent d'éviter une entité, celui-ci vous demande de battre un phénomène naturel, et ce simple changement de nature du danger suffit à raviver l'intérêt. La coopération à huit, plus large que le classique carré de quatre joueurs, ajoute au chaos une dimension de foule paniquée qui colle parfaitement au fantasme du film catastrophe. Sur le concept, le jeu tient une vraie bonne idée.
Reste que le potentiel n'est pas encore la réussite totale, et il faut rester lucide. Un jeu de ce type vit ou meurt sur la variété de ses situations et sur la solidité de son exécution, et c'est là que se jouera son avenir. La répétition guette : combien de fois peut-on réparer un van avant que la routine ne s'installe, malgré la beauté du chaos ? La richesse des désastres, la profondeur des cartes et la santé de sa communauté détermineront si Funnel Runners reste une curiosité ou devient un incontournable du coop. Pour l'instant, on tient une promesse séduisante plus qu'un accomplissement définitif.

Ce qu'on retient
Funnel Runners est la bonne surprise d'un genre qu'on croyait épuisé. En remplaçant le énième monstre par une tornade dévastatrice, il redonne du souffle, au sens propre, à la survie coopérative. La course pour réparer le van avant l'arrivée du cataclysme, la destruction environnementale spectaculaire et le chaos d'une équipe de huit joueurs en panique composent des moments d'une intensité rare, qui rappellent le meilleur du film catastrophe. Si vous aimez le genre malgré sa saturation, ou si Twisters vous a donné envie de courir devant une tornade, il y a là une expérience qui décoiffe.
Il faut simplement l'aborder avec la lucidité qu'impose son statut. C'est un concept brillant qui demande à faire ses preuves sur la durée, dont la longévité dépendra de sa capacité à varier ses situations et à éviter la répétition. Le potentiel crève l'écran, l'exécution est prometteuse, mais c'est encore un pari sur l'avenir. On y voit une base solide et une vraie idée, ce qui, dans le tout-venant du coop de survie, est déjà beaucoup. On garde un œil grand ouvert sur la suite.
Verdict
Une survie coopérative qui troque le monstre contre une tornade dévastatrice, et retrouve du souffle dans un genre saturé : une accroche brillante et un chaos spectaculaire, dont la longévité reste à confirmer.
Points forts :
- La tornade, une menace mouvante et implacable qui renouvelle le genre
- Une destruction environnementale totale au service de la tension
- La coopération jusqu'à huit, un chaos de foule paniquée jouissif
- Un vrai fantasme de film catastrophe interactif
Points faibles :
- Le risque de répétition guette derrière la beauté du chaos
- Une longévité qui dépendra de la variété des situations
- Une exécution prometteuse mais pas encore totalement aboutie
Testé sur PC.