
Ace Combat 8 : sept ans d'attente et, pour la première fois, un hall en ligne
Trente ans de série, sept ans sans épisode numéroté, et une base aérienne où l'on se croise avec son avatar avant de décoller.

La texture des nouilles, la mousse de la bière, le brunissement des gyoza. Et un incendie qui se déclare pendant le coup de feu.
Alexandrosse
Il y a une phrase dans la description de ce jeu qui m'a arrêté net : pendant les heures d'ouverture, des voleurs peuvent viser la caisse, et des incendies peuvent se déclarer sans prévenir. Utilisez des shuriken, des extincteurs et d'autres objets pour tirer votre boutique d'affaire.
Des shuriken. Dans un simulateur de restaurant.

Le jeu n'a pas encore de date de sortie ferme, il arrivera en accès anticipé. Pas de note aujourd'hui, mais il y a beaucoup à dire sur la partie sérieuse, qui l'est vraiment.
C'est ce qui le sépare de la vague de simulateurs de restaurant où l'on glisse une icône de plat sur une icône de table.
On prépare le bouillon, on cuit les nouilles, on dispose les garnitures pour que chaque bol corresponde exactement à la commande.
Et voici ce sur quoi on est jugé : la texture des nouilles, la température du bouillon, l'arôme, l'umami des ingrédients, et le temps mis à servir.
Cinq critères, dont trois qui ne sont pas des minuteurs. Un simulateur qui note l'arôme et l'umami d'un bol est un simulateur qui a décidé que la recette comptait autant que la vitesse, et dans un genre entièrement construit sur le coup de feu, c'est un positionnement.
Le dressage est géré par la physique, et les ingrédients de bouillon varient, donc deux bols identiques sur le papier ne se ressemblent pas dans l'assiette. On peut reproduire son ramen préféré ou tenter quelque chose que personne n'a jamais vu.
Gyoza, bols de riz, bière, et d'autres choses à mettre à la carte.
Les détails annoncés sont parlants : on surveille le brunissement de ses gyoza, et on sert la bière en cherchant le bon rapport entre liquide et mousse.
Les ingrédients préparés pour le ramen se réutilisent sur du riz, pour faire par exemple un char siu don. C'est une idée d'économie de cuisine plutôt que de menu : vos préparations ne servent pas un plat, elles servent une carte.

C'est le chiffre qui m'intéresse. Pas deux, pas quatre. Six.
Une cuisine à six personnes, c'est le moment où un jeu de restaurant arrête d'être un jeu d'adresse individuel et devient un problème d'organisation. Il faut quelqu'un au bouillon, quelqu'un aux nouilles, quelqu'un en salle, et quelqu'un qui n'a rien compris.
On bascule entre une vue à la première personne pour s'immerger dans la cuisine et une vue à la troisième personne pour voir son personnage et son environnement. Le studio précise que c'est aussi une question de confort pour les gens sensibles au mal des transports en vue subjective, et je trouve appréciable que ce soit dit comme ça plutôt que caché dans un menu d'accessibilité.
Deux événements viennent perturber le service.
Un critique gastronomique exigeant peut passer. Il faut alors ajuster l'arôme, l'umami et les garnitures pour servir un bol qui lui convienne. C'est une bonne idée de montée en tension : tout le reste du jeu vous entraîne à être rapide, et l'examen vous demande d'être juste.
Et il y a les incidents. Vol à la caisse, incendie soudain. Avec des outils pour y répondre, dont ces fameux shuriken.
Je n'ai aucune idée de ce que ça donne manette en main. Soit c'est le grain de folie qui empêche le jeu de devenir une corvée de service, soit c'est une couche d'arcade posée sur une simulation sérieuse qui n'en demandait pas tant.

La progression. On conçoit sa carte et on aménage sa boutique à son goût. Reste à savoir si la boutique est un espace de décoration ou un espace de contraintes, c'est-à-dire si l'agencement change réellement le service.
La courbe de maîtrise. Un jeu qui note la texture des nouilles doit donner un retour clair quand on rate, sinon les critères deviennent du hasard déguisé.
Et l'accès anticipé. La fiche n'annonce pas encore de date. Un simulateur de cuisine jusqu'à six joueurs, c'est beaucoup de systèmes à faire tenir ensemble en réseau, et c'est exactement le genre de projet dont la version de lancement décide de la réputation.

J'ai une tendresse particulière pour les jeux qui prennent au sérieux un geste que tout le monde croit simple. Faire un bon bol de ramen est un métier, et un jeu qui le traite comme tel m'intéresse beaucoup plus qu'un énième jeu où l'on empile des hamburgers contre la montre.
Avec, en prime, la possibilité de lancer un shuriken sur un voleur. On ne va pas s'en plaindre.
Vous avez une équipe de six pour tenir une cuisine ? Elle se recrute sur le Discord d'InsertCoins.
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