Mario au cinéma : trois films, une légende, et un amour intact pour le plus vieux
Du nanar culte de 1993 au blockbuster d'animation de 2023, jusqu'au nouveau film qui vient de sortir : Mario a eu une vie cinématographique chaotique, sincère, et finalement assez belle.
Alexandrosse
Il y a des licences qui n'auraient jamais dû finir au cinéma. Et puis il y a Mario, qui y est allé trois fois, de trois façons radicalement différentes, et qui à chaque fois a réussi à nous surprendre même quand ce n'était pas pour les bonnes raisons.
Avec la sortie du nouveau film, l'occasion est trop belle de revenir sur toute cette histoire. Parce qu'entre le délire live-action de 1993, le triomphe d'animation de 2023, et ce nouveau chapitre, il y a en fait une cohérence inattendue. Celle d'une franchise qui ne sait pas vraiment ce qu'elle est au cinéma et qui, précisément pour ça, reste fascinante.

1993 : le film qu'on n'aurait pas dû aimer
Soyons honnêtes sur ce qu'est Super Mario Bros. de 1993. C'est un film bizarre. Profondément bizarre. Un univers cyberpunk dystopique qui n'a presque rien à voir avec les jeux, Bob Hoskins qui semble ne pas tout à fait savoir dans quoi il a mis les pieds, Dennis Hopper en Bowser corporatiste, et une vision d'Azeroth pardon, du Royaume Champignon qui doit encore hanter les cauchemars de Miyamoto.
Et pourtant.
Ce film respire les années 90 d'une façon qui est devenue, avec le temps, presque miraculeuse. La photographie granuleuse, les décors qui sentent le latex et la colle, les effets spéciaux d'époque qu'on voyait déjà vieillir en salle tout ça forme aujourd'hui une capsule temporelle parfaite. Regarder ce film en 2026, c'est regarder une version du cinéma de genre qui n'existe plus. Imparfaite, audacieuse, étrangement sincère dans sa folie.
On l'aime pour ça. On l'aime peut-être même plus pour ça que pour ce qu'il prétendait être.

2023 : quand Mario apprend enfin à être Mario
Le film Illumination de 2023 a fait quelque chose que personne n'avait réussi en trente ans : il a rendu justice à l'univers des jeux. Pas en étant "fidèle" de manière mécanique, mais en comprenant ce qui fait la magie de Mario la couleur, l'énergie, le rythme, cette façon qu'ont les jeux de te mettre le sourire aux lèvres sans jamais te demander pourquoi.
Ce n'est pas un grand film au sens dramatique du terme. Le scénario est simple, les enjeux prévisibles, la narration sans risque. Mais il accomplit quelque chose d'essentiel : il fait ressentir Mario. Il traduit à l'écran une sensation que des millions de joueurs portent depuis l'enfance, et il le fait avec une précision visuelle et sonore qui tient parfois du prodige.
Le film a cartonné. Logiquement. Parce qu'il avait compris que Mario au cinéma ne devait pas être une adaptation, mais une extension un espace supplémentaire où l'univers pouvait exister autrement.
2026 : le nouveau chapitre

Avec ce nouveau film, la question était simple : maintenant que la formule fonctionne, est-ce qu'on va en faire quelque chose, ou est-ce qu'on va juste la répéter ?
La réponse est quelque part entre les deux. Le film assume clairement sa filiation avec 2023 même énergie, même générosité visuelle, même rapport au fan service qui ne se prend jamais trop au sérieux. Mais il y a des ambitions nouvelles, une volonté d'aller un peu plus loin, de donner plus de consistance à un univers qui en avait les moyens mais pas encore le courage.
Ce n'est pas une révolution. C'est une confirmation. Mario est maintenant une franchise cinématographique qui sait ce qu'elle est, qui assume ses forces, et qui commence à travailler ses faiblesses. Pour une licence qui a failli rater son entrée dans la cour des grands, c'est déjà beaucoup.

Ce que les trois films nous disent de Mario
Ce qui est frappant, en regardant ces trois films côte à côte, c'est à quel point ils reflètent chacun l'époque qui les a produits.
1993, c'est le Hollywood qui ne savait pas encore quoi faire du jeu vidéo qui voyait une IP populaire et la traitait comme de la pâte à modeler, sans égard pour ce qui la rendait spéciale. Le résultat est chaotique, mais il a le mérite d'exister pleinement, sans honte, dans sa propre étrangeté.
2023, c'est l'ère des studios qui ont compris que les licences de jeux méritaient d'être respectées, que les fans avaient une mémoire longue et des attentes précises. C'est un film fait par des gens qui aimaient Mario. Et ça s'entend, ça se voit, ça se ressent.
2026 est peut-être le début d'autre chose un film qui ne se contente plus de rendre hommage, mais qui commence à construire.
L'argument en faveur du vieux fou de 1993
Mais si on doit être honnêtes jusqu'au bout, il y a quelque chose que 1993 possède que les deux autres n'auront jamais.
Cette odeur des années 90. Cette façon de faire du cinéma sans filet de sécurité, sans test audience à chaque virage, sans machine à broyer les idées trop tranchantes. Le film de 1993 est un désastre organisé qui a survécu à lui-même et qui est devenu culte précisément parce qu'il ne ressemble à rien d'autre.
Dans vingt ans, on regardera encore ce Bowser en costume-cravate avec la même tendresse incrédule. Et quelque part, c'est une forme d'immortalité que les films trop bien calibrés n'obtiennent jamais.


Verdict
Trois films. Trois époques. Trois rapports différents à la même licence.
Le premier est un accident de parcours devenu culte, un artefact des années 90 qui vieillit paradoxalement mieux que prévu. Le deuxième est une réussite franche, le film qu'il fallait faire pour réconcilier Mario et le grand écran. Le troisième est une promesse : celle d'une franchise qui commence enfin à avoir confiance en elle.
On a aimé les trois, pour des raisons différentes. Et on espère qu'il y en aura un quatrième.

Le nouveau film Mario est actuellement en salle
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