INSERTCOINS.press
ShipCrafter : la physique est irréprochable, l'éditeur est une punition
Tests
Test
Note7/10

ShipCrafter : la physique est irréprochable, l'éditeur est une punition

Flottabilité réelle, balistique calculée, blindages percés selon l'angle. Et un éditeur où recolorer un bloc prend trois clics de trop.

A

Alexandrosse

·8 min de lecture

Note InsertCoins.press

7/10

Verdict

Recommandé

Un joueur a écrit l'avis le plus précis qu'on puisse écrire sur ce jeu : vous passez une heure à concevoir un navire, et cinq minutes plus tard vous débloquez une pièce qui vous oblige à en concevoir un autre.

Il met 8 sur 10. Moi aussi, à peu près.

ShipCrafter, un cuirasse en construction

Ce que le jeu simule vraiment

Parce qu'il simule, et le détail mérite d'être déroulé.

La flottabilité est calculée en temps réel, à partir du poids et du volume immergé. La densité et le centre de masse de votre navire s'affichent dans l'éditeur. Ce qui veut dire que vous pouvez régler finement l'assiette de votre bateau, et que vous pouvez faire un sous-marin en utilisant des ballasts.

La balistique l'est aussi. Les trajectoires d'obus tiennent compte de la pression de l'air et de son évolution avec l'altitude, ainsi que de l'influence de la vitesse sur la traînée. La pénétration est calculée à partir de l'épaisseur du blindage, de l'angle d'incidence, d'une probabilité de ricochet, et de la vitesse et de la masse de l'obus.

Et les dégâts sont physiques, pas des barres de vie. Une tourelle touchée perd en performance. Un moteur touché aussi.

Le studio assume une entorse honnête : les vitesses et les distances sont réduites par rapport au réel, parce qu'en vrai il faudrait plus d'une minute pour atteindre une cible à vingt kilomètres. C'est le bon arbitrage, et le dire ouvertement sur sa fiche est appréciable.

Il y a aussi un système météo avec des cycles jour et nuit, qui fait varier l'amplitude des vagues et amène la pluie. Et puisque la flottabilité dépend des vagues, la météo n'est pas une décoration : votre navire ne se comporte pas pareil par mer formée.

Et autour

Une campagne de plus de cinquante missions où l'on libère l'Europe, avec plus de vingt navires adverses à vaincre.

Un mode de bataille personnalisée où l'on choisit la météo, l'heure, et où l'on peut lancer des combats d'intelligence artificielle contre intelligence artificielle. C'est-à-dire qu'on peut regarder deux de ses propres créations s'affronter sans y toucher, ce qui est exactement le genre de chose qu'on fait à deux heures du matin.

Un mode bac à sable multijoueur jusqu'à dix personnes, avec les dégâts activables ou non, donc soit une bataille navale, soit un salon d'exposition.

Le Steam Workshop est en place et fonctionne. Le modding est officiellement pris en charge. Et il y a un moteur de rendu par lancer de rayons, uniquement destiné à faire de belles captures de vos navires.

À 7,79 €.

ShipCrafter, un combat naval

Maintenant l'éditeur

Et c'est là que je dois gâcher l'ambiance, parce que c'est le reproche central et qu'il est fondé.

On ne peut pas sélectionner et copier un bloc existant. On ne peut pas déplacer un bloc existant. Chaque fois que vous voulez replacer le même élément, vous rouvrez le menu latéral, vous le retrouvez, vous le posez, et vous le recolorez.

Dans un jeu de construction, l'éditeur n'est pas une interface, c'est le jeu. Un éditeur où le geste le plus fréquent demande quatre actions est un éditeur qui vous facture votre temps.

Et il n'y a quasiment pas de didacticiel. Le jeu ne vous explique rien. Plusieurs joueurs décrivent un mode construction incompréhensible et un remboursement dans la foulée, et je ne peux pas leur donner tort : la simulation est excellente, encore faut-il franchir la porte.

Troisième reproche, moins grave mais réel : les blocs ne se détachent pas et ne se brisent pas. Les impacts laissent des marques. Dans un jeu qui calcule la pénétration par angle d'incidence, voir un obus percer une coque sans arracher de matière est une rupture de promesse visuelle.

Et le système de sous-marins est jugé trop sommaire, ce qui limite les constructions qui tournent autour.

ShipCrafter, l editeur de navires

Alors pour qui

Pour les gens qui ont déjà passé une soirée à régler le centre de masse de quelque chose. Vous savez qui vous êtes.

Deux cent cinquante-deux avis positifs sur deux cent soixante-dix-sept, soit une réception très favorable, et deux cents personnes connectées en même temps. C'est une petite communauté, mais c'est une communauté de constructeurs, et sur Workshop ça se voit tout de suite.

ShipCrafter, un sous-marin en plongee

Mon moment à moi, c'est le premier sous-marin. J'ai mis quarante minutes à comprendre que mon problème n'était pas la puissance des ballasts mais la position de mon centre de masse, et quand il a enfin plongé à plat au lieu de piquer du nez, j'ai dit quelque chose à voix haute dans une pièce vide.

Un jeu qui produit ça pour huit euros a le droit à beaucoup d'indulgence sur son interface. Pas à l'indulgence totale, mais à beaucoup.

Vous avez une coque qui tient la mer formée ? Partagez le lien Workshop sur le Discord d'InsertCoins, on a déjà une flotte.

Communauté

--/100

Votre note

Publicité

Commentaires

Chargement des commentaires...