
Gridlords : un auto-battler où votre adversaire n'a pas besoin d'être là
Vous bâtissez un château, vous le lâchez dans l'arène, et il se bat tout seul contre ceux des autres. Goblinz à l'édition.

La Tox Shop permet de faire monter ses cartes plusieurs fois par match. Bonne idée. Le nom, en revanche, est un suicide commercial.
Alexandrosse
Commençons par le problème que personne chez l'éditeur n'a visiblement soulevé en réunion.
Le jeu s'appelle SPAM.
Essayez de le chercher. Essayez d'en parler à quelqu'un. Essayez d'imaginer la tête du moteur de recherche quand quelqu'un tape « spam cartes problème connexion ». Il existe déjà sur Steam un Spam Runner 2, un Spam Text et un Ambrosia Dice Spam Dungeon.
C'est dommage, parce qu'il y a dedans une mécanique qui méritait un nom qu'on puisse prononcer.

Le jeu sort aujourd'hui, il est gratuit. Pas de note.
Voilà ce qui le distingue des autres jeux de cartes en ligne.
Une fois votre stratégie posée, vous entrez en bataille. Et plusieurs fois au cours d'un même match, vous avez l'occasion d'améliorer vos cartes via la Tox Shop, et de créer des combos.
Ce n'est pas rien. Dans un jeu de cartes classique, votre deck est figé au moment où la partie commence : vous jouez ce que vous avez construit, et le talent consiste à bien jouer un ensemble décidé à l'avance.
Ici, on greffe une boutique de milieu de partie, mécanique venue des auto-battlers, sur une structure de duel de cartes. Ça veut dire que votre deck n'est plus une déclaration, c'est un point de départ. Et ça veut surtout dire qu'un match peut se gagner en reconstruisant pendant qu'on perd.
Si c'est bien réglé, c'est une réponse élégante au pire défaut du genre, celui des parties décidées dès la troisième pioche.
Collection. Chaque bataille vous rapproche de nouvelles cartes. Il y a des raretés, des talents, et des synergies cachées. Le studio annonce qu'à mesure que vous jouez, votre collection se spécialise et finit par définir votre style.
Compétition. Vous bâtissez un deck pour affronter des joueurs du monde entier sur une échelle classée. On peut aussi défier directement un ami.
Connexion internet obligatoire, ce qui va de soi pour un jeu qui n'existe qu'en ligne.

Elle tient en un mot : gratuit.
Un jeu de cartes à collectionner gratuit, où la première phrase de la description est « ouvrez, collectionnez, créez », et où le contenu se débloque en jouant, c'est un modèle économique avant d'être un jeu.
Tout va se décider sur une chose : la vitesse à laquelle on obtient des cartes sans payer, comparée à celle à laquelle on en obtient en payant. Si l'écart est petit, SPAM peut devenir un très bon jeu compétitif gratuit, et il y a de la place pour ça. Si l'écart est grand, l'échelle classée se remplira de decks achetés, et les gens partiront en trois semaines.
Je ne porte aucune accusation : la boutique n'est pas ouverte, et le studio n'a rien annoncé sur ce point. Je dis simplement que c'est la seule question qui compte, et qu'on ne pourra y répondre qu'après la sortie.
La deuxième question, c'est la population. Une échelle classée a besoin de monde pour apparier correctement. Un jeu de cartes compétitif avec deux cents joueurs vous fera affronter les mêmes six decks toute la soirée.

Si la Tox Shop crée des retournements ou si elle accélère les écrasements. C'est le risque de toute boutique en milieu de partie : elle peut permettre au joueur en difficulté de revenir, ou elle peut donner encore plus de ressources à celui qui domine déjà. Les deux se codent de la même façon, et seule la distribution décide.
Si les synergies cachées sont découvrables. Le studio en fait un argument. Caché, c'est séduisant sur une fiche et pénible en jeu si rien ne vous met sur la piste.
Et si le jeu dit clairement ce qu'il fait. Sa description est courte, enthousiaste et assez vague. Je ne sais toujours pas combien de cartes on joue, à combien de points de vie on démarre, ni ce qu'est un tour. Ce sont les premières choses qu'un joueur de cartes veut savoir.

Il y a dans la Tox Shop une vraie idée, et les vraies idées sont rares dans ce genre saturé. Le reste dépendra entièrement de la boutique et de la foule.
Ça ne coûte rien d'essayer, littéralement. Ça coûtera peut-être quelque chose de rester, et c'est ce qu'on ira vérifier.
Vous avez déjà renversé une partie de cartes en reconstruisant votre deck en cours de route ? Racontez sur le Discord d'InsertCoins.
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Vous êtes l'amiral Tōgō sur le Mikasa, en mer Jaune, en 1904. Contrôle des incendies, voies d'eau, état de la mer : tout est simulé.

Trente ans de série, sept ans sans épisode numéroté, et une base aérienne où l'on se croise avec son avatar avant de décoller.