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Star Wars: Galactic Racer : ce n'est pas la suite de Podracer, c'est la suite de Burnout
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Note7/10

Star Wars: Galactic Racer : ce n'est pas la suite de Podracer, c'est la suite de Burnout

Fait par l'ancien patron de Criterion. On attendait 1999 sur Nintendo 64, on reçoit un Burnout en roguelite. Et c'est très bon.

A

Alexandrosse

·12 min de lecture

Note InsertCoins.press

7/10

Verdict

Recommandé

Star Wars Episode I: Racer, sur Nintendo 64, en 1999, est l'un des rares jeux pour lesquels j'ai usé un stick analogique jusqu'à la mousse.

Pas de mode histoire, pas de cinématiques, pas de méta-progression. Un circuit, deux moteurs, un câble qui chauffe, et une vitesse qui faisait trembler la boîte grise sous la télé. Vous appreniez une piste en vingt tours et vous la gagniez à la vingt-et-unième.

Alors quand Lucasfilm annonce un nouveau jeu de course, la question est simple : est-ce qu'on retrouve ça ?

Non. Et il faut comprendre pourquoi avant de s'énerver.

Star Wars: Galactic Racer, une course sur un circuit de l Outer Rim

Qui a fait ce jeu

C'est l'information qui explique tout le reste, et elle est passée sous le radar.

Galactic Racer est le premier jeu de Fuse Games, un studio fondé en 2023 à Guildford par Matt Webster, ancien directeur général de Criterion Games. Une partie de l'équipe vient de Burnout et de Need for Speed.

Criterion. Burnout. Vous avez la réponse.

Regardez maintenant le vocabulaire de la fiche officielle : percuter, bousculer, et takedown. Takedown n'est pas un mot générique, c'est le terme de Burnout 3, le nom de la mécanique qui consiste à détruire un adversaire en l'envoyant dans le décor.

Ce jeu n'a jamais essayé d'être Episode I Racer. Il essaie d'être Burnout dans la galaxie, et il faut le juger là-dessus.

Les joueurs l'ont senti immédiatement : les avis positifs citent Burnout 3 Takedown, Burnout Revenge, WipEout et Split/Second. Pas Podracer.

Ce que ça donne

Très bien, en fait.

La structure est une campagne en runs de type roguelite. Vous êtes Shade, un pilote solitaire qui court après la vengeance et la gloire dans la Galactic League, un circuit clandestin né dans la Bordure extérieure après la chute de l'Empire. Pas de Force, pas de prophétie : des syndicats qui sponsorisent des pilotes et des fortunes qui changent de main en quelques secondes.

Entre les épreuves, vous dépensez vos crédits sur une sélection aléatoire d'améliorations et de pièces à greffer sur votre engin. Vous enchaînez les événements d'un tournoi, et si ça tourne mal, vous repartez.

Quatre classes de véhicules, avec des physiques réellement distinctes : landspeeders, speeder bikes, skim speeders, et podracers.

Et au centre, le système de boost, qui est la meilleure idée du jeu.

Les deux boosts, et la chaleur

Il y en a deux, et ils ne fonctionnent pas pareil.

L'afterburner est la poussée classique. Moins puissante, disponible dès qu'elle est rechargée, avec son propre temps de recharge. C'est votre outil de tous les jours.

Le ramjet est l'autre chose. Il ne devient disponible qu'une fois que vous avez atteint sa vitesse de fonctionnement. Il est nettement plus puissant. Il doit être désactivé manuellement. Et si vous le laissez tourner trop longtemps, votre véhicule explose.

Lisez cette dernière phrase encore une fois. Dans ce jeu, votre bouton d'accélération maximale est aussi votre bouton d'autodestruction, et c'est vous qui décidez quand lâcher.

C'est exactement la tension que Burnout avait trouvée avec son boost chargé par la prise de risque, mais poussée d'un cran : ici, le risque n'est pas de rater un virage, c'est de ne pas savoir s'arrêter.

Et la chaleur devient une ressource géographique. Sur Jakku, la chaleur ambiante rend le ramjet plus dangereux. Sur Ando Prime, le froid vous laisse le tenir plus longtemps. Sur Lantaana, l'eau vous refroidit.

Un circuit n'est donc pas qu'un tracé, c'est un climat qui modifie votre pilotage. Je n'avais pas vu ça depuis longtemps.

Et pour les anciens : Ando Prime est une piste d'Episode I Racer. Quelqu'un dans cette équipe a joué à la Nintendo 64.

Star Wars: Galactic Racer, le ramjet et la surchauffe

Les pièces, et le moment où ça devient un jeu de construction

C'est là que le roguelite prend son sens.

Les pièces ne donnent pas de simples pourcentages. Elles apportent des bonus, des malus, des effets d'état et des déclencheurs précis. Et la presse spécialisée est unanime sur un point : les bonnes constructions sont étroites et synergiques, pas généralistes.

Un exemple qui circule et qui illustre parfaitement la logique : une capacité nommée Supercooled Vent inflige l'état Gelé à votre propre véhicule, ce qui vous permet d'utiliser le ramjet sans générer de chaleur, l'inconvénient étant ensuite compensé en empilant des pièces de résistance au gel et de protection contre le froid.

Vous vous infligez volontairement un malus pour désactiver la seule limite du jeu, puis vous payez pour annuler le malus. C'est de la construction de personnage d'action-RPG dans un jeu de course, et c'est très bien pensé.

En fin de campagne, les runs doublent quasiment en longueur et en complexité.

Le casting, parce qu'il surprend

Deux noms au scénario que je n'attendais pas sur un jeu de course sous licence : Duncan Fyfe et Chris Remo.

Remo est l'un des piliers du podcast Idle Thumbs et est passé par Campo Santo. Fyfe est l'auteur de textes sur le jeu vidéo qui circulent depuis des années dans la profession. Ce ne sont pas des recrues de studio d'édition, ce sont des gens qui écrivent bien.

Et Sebulba est dans le jeu. Le Dug d'Episode I, celui qui trichait. Il apparaît ici en vétéran qui met Shade en garde, lui explique qu'il ne le laissera pas approcher le grand méchant en podracer sans une longue pratique, et qui a ses propres raisons de l'aider.

Le clin d'œil est appuyé, assumé, et plutôt réussi.

Star Wars: Galactic Racer, Sebulba et les podracers

Et maintenant, les reproches, parce qu'il y en a

Je ne vais pas vous vendre un jeu parfait à soixante euros.

Les podracers sont une portion minoritaire. C'est le reproche numéro un des gens venus pour 1999, et il est fondé. Ils existent, Sebulba en parle, la bande-annonce de lancement est consacrée aux courses de pods. Mais la majorité du temps, vous êtes sur un speeder. Un joueur, exaspéré, a écrit qu'il n'y en avait « littéralement aucun », ce qui est faux, mais son agacement, lui, est compréhensible.

Il n'y a pas de réassignation des touches. Pas de remapping clavier. Un joueur en situation de handicap, qui a besoin d'une disposition personnalisée, l'a signalé et a demandé un remboursement, en notant que même le portage PC pourtant bancal d'Episode I Racer proposait cette option. Sur un jeu à 59,99 € en 2026, c'est une faute, et c'est la plus facile à corriger.

Pas d'écran partagé, pas de coopération, pas de salons personnalisés. Plusieurs joueurs les réclament. Pour un jeu de course arcade dont l'ancêtre spirituel se jouait à quatre sur un canapé, l'absence se remarque.

Les cinématiques ne se passent pas. On vous parle longuement avant de vous laisser acheter vos améliorations, et dans une structure en runs où l'on recommence beaucoup, c'est l'ennemi numéro un.

Et la structure roguelite frustre une partie du public. Le jeu vous place parfois dans des courses que vous ne pouvez pas gagner, et vous ne le comprenez qu'après coup. Certains y voient une progression narrative, d'autres y voient du hasard déguisé en difficulté. Les deux lectures se défendent.

Ajoutez quelques plantages en course, quatre types d'événements par run jugés trop peu variés, et un nombre de circuits que presque tous les avis positifs, eux-mêmes, trouvent insuffisant.

Star Wars: Galactic Racer, un circuit enneige

Où ça atterrit

1 094 avis positifs sur 1 367, soit quatre sur cinq, et plus de huit mille personnes connectées en même temps. L'accueil est très favorable et il est mérité.

Alors voilà ma réponse, et elle tient en deux phrases.

Si vous venez chercher Episode I Racer, vous allez être déçu, et personne ne pourra vous dire que vous avez tort : les pods sont minoritaires, il y a des cinématiques, il y a une boutique, et la pureté brutale de 1999 n'est pas là.

Mais si vous acceptez de regarder ce que c'est réellement, c'est-à-dire le premier jeu des gens de Burnout avec une licence Star Wars, un boost qui peut vous faire exploser, des planètes qui modifient votre thermique et une construction d'engin étonnamment profonde, alors c'est le meilleur jeu de course arcade qu'on ait eu depuis des années.

Deux jeux différents, deux attentes différentes. Celui qu'on a n'est pas celui qu'on espérait, mais il est très bon.

Il manque juste un remappage des touches, un écran partagé, et un bouton pour passer les dialogues. Trois choses qui tiennent dans un correctif.

J'ai lancé notre guide pour bien débuter en parallèle, parce que le jeu explique très mal sa propre thermique.

Vous avez encore votre cartouche de 1999 quelque part ? Venez en parler sur le Discord d'InsertCoins, on compare les temps sur Ando Prime à vingt-sept ans d'écart.

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