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Roguelite de flotte spatiale avec gestion de crise, combats de Vipers en temps réel et méta-progression. Scattered Hopes est Crying Suns avec une peinture BSG et des améliorations notables, pour le meilleur et le moins bon.
Alexandrosse
Battlestar Galactica : Scattered Hopes est développé par le studio derrière Crying Suns, ce roguelite spatial sorti en 2019 qui avait marqué les esprits par son ambiance Foundation et sa direction artistique propre. La comparaison s'impose d'elle-même dès les premières minutes : même structure de progression par sauts, même boucle de gestion de flotte, même tension narrative qui accompagne chaque décision. Mais Scattered Hopes n'est pas un reskin. C'est une évolution, avec ce que ça implique de positif et de problématique.
Scattered Hopes est un roguelite de gestion de flotte. Vous dirigez un gunstar de la flotte coloniale en fuite après l'attaque des Cylons, tentant de survivre aux vagues d'adversité en gérant vos ressources, vos équipages, et les crises qui s'accumulent entre chaque saut.
Le gameplay s'articule en deux couches. La navigation et la gestion entre les sauts : décisions, événements, allocation de ressources, gestion des crises. Et le combat en temps réel quand les Cylons interceptent votre flotte : des escouades de Vipers à déployer, des trajectoires à lire, des menaces à prioriser. Les armes tirent automatiquement, vous gérez le positionnement et le micro-management tactique.

La progression méta passe par un système de talents débloqués entre les runs, avec quatre gunstars différents à débloquer. Chaque run peut emprunter des chemins distincts selon vos choix narratifs : être militariste, soutenir le crime organisé, prioriser le bien-être civil. Le lore BSG est là, utilisé avec cohérence.
L'accroche est réelle. Les premières heures récompensent l'attention, les synergies entre talents et armements sont intéressantes à construire, et l'atmosphère BSG tient la route même pour quelqu'un qui ne connaît pas la série. La direction artistique mélange plusieurs influences visuelles, ce qui peut sembler hétérogène au départ, mais reste lisible en jeu.

Les combats fonctionnent. La gestion des Vipers demande suffisamment d'attention pour créer de la tension sans basculer dans le micro-management stressant. Un Viper perdu par inattention dans un champ de mines ou sous un feu ennemi qui outrange votre formation se ressent immédiatement sur la suite du run. Les conséquences sont lisibles et les décisions ont du poids.
Le jeu encourage le roleplay discret : chaque choix de crise construit silencieusement l'identité de votre commandement, et plusieurs fins existent selon les décisions accumulées. La fin spéciale, comme dans Crying Suns, reste cachée et nécessite des conditions précises.

La répétitivité est le défaut central et il est difficile à ignorer. Les événements se répètent dans le même ordre d'une partie à l'autre. Ce n'est pas que l'ordre des événements change légèrement : c'est que le contenu narratif disponible est insuffisant pour la durée de vie que le jeu cherche à proposer. Après deux ou trois runs, vous aurez rencontré la majorité des situations possibles. Rencontrer trois fois le même événement dans une seule partie, c'est une limite de contenu, pas un choix de design.
La méta-progression est trop lente pour compenser ce manque de variété. Le rythme de déverrouillage ne donne pas assez de raisons de revenir une fois le contenu principal assimilé.

L'absence de combat vaisseaux contre vaisseaux déçoit les fans de la série. Le Battlestar lui-même n'est pas jouable. Tout le combat se passe au niveau des chasseurs. Pour une licence dont l'iconographie est largement centrée sur les confrontations de cuirassés, c'est un parti pris qui peut frustrer.
Les bugs sont présents : le shop rechargé trop de fois cause un ralentissement permanent, certaines victoires contre une basestar ennemie ne sont pas reconnues par le jeu. Rien de bloquant dans la grande majorité des runs, mais assez visible pour être noté.

Si vous avez aimé Crying Suns et que vous cherchez un successeur plus riche mécaniquement, Scattered Hopes remplit ce rôle. Les systèmes de base sont améliorés, la boucle de jeu est plus variée, la licence apporte une cohérence narrative que Crying Suns construisait de zéro.
Si vous êtes fan de BSG et que vous cherchez à retrouver l'ambiance de la série dans un jeu : ça marche, avec la réserve que le contenu est encore limité pour quelqu'un qui veut s'y investir sur la durée.
Si vous n'avez jamais regardé la série : le jeu est jouable et accrocheur en lui-même, mais la connexion émotionnelle avec les situations narratives sera moindre. Les fans signalent unanimement que la bande son originale de la série, passée en fond pendant les sessions, élève l'expérience d'un cran entier.

À 20 euros, le jeu vaut ses premières dix heures. La question est de savoir si le studio ajoutera du contenu pour justifier le retour. Les développeurs ont indiqué que des discussions avec l'éditeur sur la suite du développement sont en cours. Pour l'instant, Scattered Hopes est un bon point de départ qui attend sa deuxième salve de contenu pour devenir vraiment recommandable au-delà du cercle des fans de la franchise.
La discussion se poursuit sur notre Discord, entre ceux qui y croient et les autres.
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