
Agent 64 Spies Never Die : le GoldenEye assumé, avec le retour du cousin qui regarde votre écran
14 missions, écran splitté, arène en local. Un hommage revendiqué aux FPS console de 1997, avec un scénario qui joue franchement le jeu.

Face à PowerWash Simulator, il ajoute un empire immobilier, des défis chronométrés et un marché noir. Mais sa démo n'a convaincu qu'un joueur sur deux.
Alexandrosse
Avouons la première crainte, celle qui vient toute seule quand on lit le titre : le lavage de voiture traîne derrière lui une imagerie fatiguée d'étudiantes en bikini et de mousse savamment placée. On a ouvert la fiche du jeu avec une légère appréhension.
Rien de tout ça. Car Wash Simulator parle de lavage, de détaillage et d'aménagement, point. Et pourvu que personne n'aille souffler l'autre idée à qui que ce soit.
Cela dit, le jeu n'est pas innocent pour autant. Il cache juste sa saleté ailleurs.

Parce que c'est bien de ça qu'il s'agit. PowerWash Simulator a défini le genre et l'a réussi : nettoyer, méthodiquement, jusqu'à ce que la crasse disparaisse, dans un état de calme quasi thérapeutique. Alors qu'ajoute celui-ci ?
Trois choses, et elles sont réelles.
D'abord les mousses actives. On ne se contente pas d'un jet d'eau : on tartine les carrosseries de couches épaisses de mousse rose, bleue ou blanche haut de gamme, qui dissolvent la crasse avant que le nettoyeur haute pression ne vienne finir le travail. Le geste est plus varié, plus étagé, que le simple pistolet à eau.
Ensuite le chronomètre. Là où PowerWash vous laisse frotter à votre rythme, Car Wash Simulator débloque après les tutoriels des défis à contrainte de temps, avec de la crasse générée aléatoirement, des multiplicateurs d'argent et des pourboires à la clé. Le nettoyage devient une discipline d'optimisation, pas seulement une méditation. On peut toujours jouer tranquille, mais la performance est récompensée.
Enfin, et c'est la vraie différence, il y a une couche d'entreprise. Vous ne lavez pas des voitures, vous bâtissez un empire du détaillage. On suit ses statistiques financières, on achète ou on loue de nouveaux locaux, on nettoie et on meuble un réseau de stations secondaires pour en tirer un revenu passif, quitte à les revendre. PowerWash vous donnait des contrats ; celui-ci vous donne un bilan comptable.
Petit bonus qui fait plaisir : quand le travail est parfait, on monte au volant de la voiture fraîchement briquée pour un tour d'essai, histoire d'entendre le moteur avant de rendre les clés.

Voilà le passage que je n'attendais pas. Quand le lavage honnête ne rapporte plus assez, le jeu vous ouvre des voies parallèles : accepter des colis souterrains remis par des clients louches, ou convertir vos propriétés secondaires en plantations clandestines pour générer du capital au marché noir, avec le risque qui va avec.
On était venu pour la mousse, on repart trafiquant. C'est absurde, c'est complètement raccord avec l'imaginaire du car wash comme façade de blanchiment, et honnêtement, ça donne au jeu une identité que le nettoyage seul ne lui aurait jamais offerte.
Le reste de l'habillage suit la même logique de dispersion : un cycle jour-nuit, des cartes d'événements aléatoires, et une galerie marchande où décompresser avec des mini-jeux physiques passablement idiots, entre tir sur cibles volantes au pistolet à fléchettes, basket avec des sacs poubelle et récupération de chariots en fuite.
Quant à votre question sur l'état des véhicules, je n'ai pas de réponse. Comment une voiture peut-elle accumuler des couches de crasse pareilles en usage normal reste un mystère du genre, au même titre que les maisons de PowerWash. Disons que c'est une convention, et qu'on ne va pas se plaindre de ce qui donne du travail.
Il faut regarder les chiffres en face, parce qu'ils tempèrent sérieusement l'enthousiasme. PowerWash Simulator affiche 97 % d'avis positifs sur plus de 38 000 retours. La démo de Car Wash Simulator, elle, est à 50 %, sur une trentaine d'avis seulement. L'échantillon est minuscule et ne vaut pas jugement définitif, mais un partage aussi net sur une démo, c'est un signal qu'on ne peut pas ignorer.
Ensuite, c'est un accès anticipé, et le contenu de départ est mesuré : deux quartiers, une dizaine de stations, six voitures et un seul emplacement de sauvegarde. Le studio Majestic Twelve annonce environ le double pour la version finale, soit quatre quartiers, une vingtaine de stations et trois sauvegardes. Vous achetez donc la moitié d'un jeu, avec la promesse de l'autre.
Le pari est intéressant : là où PowerWash a réussi en restant pur et concentré sur une seule sensation, celui-ci empile le nettoyage, la gestion immobilière, le chrono, le crime et les mini-jeux. Ça peut donner un jeu plus riche, ou un jeu qui ne fait rien d'aussi bien que son modèle. La démo est gratuite, et vu l'accueil qu'elle a reçu, c'est clairement par là qu'il faut commencer.

Communauté
Votre note
Aucun commentaire pour le moment. Sois le premier.
Lire aussi

14 missions, écran splitté, arène en local. Un hommage revendiqué aux FPS console de 1997, avec un scénario qui joue franchement le jeu.

Un FPS roguelite coop en fantasy magitech, 45 armes et des stats de playtest rares. Reste à lire les chiffres correctement.

160 parchemins, 140 compétences, 10 sectes : la matière est là. L'animation et l'habillage visuel, beaucoup moins.