
Archipeo : des milliers d'îles, des bateaux qui font la navette, et moi qui n'ai pas dormi
Un Anno procédural où le transport est le vrai jeu. Chaque cargo mal affecté se venge quarante minutes plus tard.

Un investigateur royal, une ressource maudite, et des nuits qui arrivent toujours trop tôt. Le prix est presque une blague.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
6/10
Verdict
Mitigé
6,93 €.
Je commence par là parce que ça change complètement la conversation. À soixante euros, Land of Glarefall serait un jeu qu'on démolit en trois paragraphes. À sept, c'est autre chose : c'est un pari raisonnable sur une idée simple exécutée proprement.

Vous êtes investigateur royal. On vous envoie enquêter sur une source d'énergie appelée le Black Gold, et sur les créatures qu'elle attire. Le décor est planté en trois phrases et le jeu n'y revient pas beaucoup, ce qui est une décision, pas un oubli.
Parce que le vrai sujet, c'est l'horloge.
Le jour, vous explorez, vous ramassez du bois et du minerai, vous construisez, vous faites avancer l'histoire. La nuit, des vagues de monstres arrivent. Il n'y a pas de troisième option. Tout ce que vous faites entre le lever et le coucher du soleil est une réponse à la question : est-ce que je serai prêt.
C'est une structure vieille comme le monde, et je la trouve toujours redoutable, parce qu'elle transforme chaque décision d'exploration en calcul. Cette veine de minerai est à quatre minutes de marche. Il reste six minutes de jour. Vous y allez ou vous rentrez renforcer la palissade. Vous savez déjà ce que vous allez faire, et vous savez déjà que vous allez le regretter.
Deux systèmes tiennent la durée de vie.
Le premier, ce sont les héros. Plusieurs personnages, chacun avec son arbre de compétences, qu'on oriente vers l'agression de première ligne ou le soutien tactique. Rien de révolutionnaire, mais les arbres sont assez différents pour justifier une deuxième partie, et c'est tout ce qu'on leur demande.
Le second est plus intéressant : les avant-postes. Vous en construisez, et ils vous permettent de recruter et d'améliorer des mercenaires qui combattent avec vous et tiennent la ligne pendant les assauts nocturnes. Ça déplace le problème. Dans un jeu de survie classique, monter un mur suffit. Ici, un mur sans personne derrière ne fait que ralentir. Il faut donc arbitrer entre fortifier et payer des gens, et c'est plus riche que ça n'en a l'air à sept euros.

Le combat est fonctionnel et pas plus. Les coups manquent de poids, les ennemis ont une lisibilité inégale quand la nuit est vraiment chargée, et il y a des moments où on gagne parce qu'on a plus de mercenaires, pas parce qu'on a mieux joué.
La direction artistique tient debout mais ne surprend jamais. On est dans le vocabulaire visuel habituel du genre, forêts sombres et lueurs bleutées, et on aurait aimé que le Black Gold ait une identité visuelle plus forte, puisque c'est censé être le centre du monde.
Et le jeu est petit. Pas bâclé, petit. Il y a une fin au contenu, elle arrive plus vite que dans les grands noms du genre, et il faut le savoir avant de cliquer.

Pour l'instant l'accueil suit : 40 avis positifs sur 42, et quelques centaines de joueurs connectés en même temps au moment où j'écris. C'est une communauté modeste et présente, ce qui est exactement le profil attendu pour un titre de cette taille.

Ce que j'ai vraiment aimé, c'est le moment où j'ai compris que j'avais mal réparti mon argent. J'avais trois avant-postes et personne dedans, parce que j'avais tout mis dans les murs. La nuit m'a puni proprement, sans message d'erreur, juste en passant à travers. C'est un jeu qui apprend par la conséquence, et à ce prix-là, c'est déjà beaucoup.
Vous avez une bonne histoire de nuit ratée dans un jeu de survie ? On collectionne ça sur le Discord d'InsertCoins.
Communauté
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