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Notre Zelda préféré revient sur Switch 2 en 2026. Mais Nintendo n'a montré qu'un teaser, zéro gameplay. Entre nostalgie et prudence, on attend de voir.
Alexandrosse
Il y a des annonces qui ne s'analysent pas, qui se ressentent dans le ventre. Quand Nintendo a glissé The Legend of Zelda: Ocarina of Time Remake dans son Direct, on a eu douze ans à nouveau, manette N64 entre les mains, perdu dans les couloirs du Temple de l'Eau. C'est notre Zelda préféré, pour beaucoup d'entre nous le premier grand jeu d'aventure de notre vie, celui qu'on a longtemps appelé à tort notre premier RPG. Et il revient sur Switch 2. Le souci, c'est que Nintendo nous a vendu l'émotion sans nous montrer le jeu.
Le remake a été officialisé lors d'un Nintendo Direct, pour une sortie sur Switch 2 prévue en 2026, et pas en 2027: Nintendo a confirmé que le jeu arriverait bien cette année. Pas de date précise, pas même une fenêtre de lancement, juste cette promesse d'un retour imminent. L'annonce confirme au passage les fuites de mars dernier, qui évoquaient déjà un Ocarina of Time pour la fin d'année.
Petite précision pour les puristes, parce qu'on aime être honnêtes: Ocarina of Time n'est pas vraiment un RPG. C'est un jeu d'action-aventure, sans points d'expérience ni montée de niveau classique. Mais pour toute une génération, il a été la porte d'entrée vers le grand jeu d'aventure, ce moment où on a compris qu'un monde virtuel pouvait être immense, mystérieux et bouleversant. Alors RPG ou pas, son statut de jalon ne se discute pas.

Et c'est là que ça coince: on ne sait presque rien. Le Direct s'est contenté d'un court teaser, quelques secondes de cinématique de prologue, sans la moindre image de gameplay. Ce qu'on a vu est superbe, la lumière qui accroche les cheveux de Link n'a évidemment plus rien à voir avec le N64 de 1998, mais on parle de quelques plans, pas d'une démonstration. Nintendo a promis d'en dire plus dans le courant de l'année, et toute la communauté flaire le même plan: un Nintendo Direct entièrement dédié à Zelda, où le gameplay et un premier vrai trailer seraient enfin dévoilés.
Le timing, lui, n'a rien d'innocent. La saga Zelda fête ses 40 ans, un film est attendu pour 2027, et quel meilleur moyen de vendre des Switch 2 et des tickets de cinéma que de ressortir l'épisode le plus iconique de la licence ? Détail savoureux pour les vétérans: en 1996, Ocarina of Time et Star Fox étaient en développement en même temps. En 2026, Ocarina of Time et un nouveau Star Fox sont en développement en même temps. La boucle temporelle a quelque chose de vertigineux.

Pour mémoire, le jeu a déjà connu plusieurs vies: l'original N64 en 1998, une réédition GameCube, puis un remaster 3D sur 3DS en 2011. Ce dernier avait apporté de vrais ajustements de confort, notamment sur le fameux Temple de l'Eau, avec un changement de bottes simplifié et un code couleur pour ne plus se perdre. La question est de savoir ce que cette version Switch 2 ajoute par-dessus tout ça.

Notre première inquiétude est aussi la plus simple: comment annonce-t-on un jeu pour dans six mois sans montrer une seule seconde de gameplay ? Soit Nintendo garde délibérément ses cartes pour un Direct dédié, ce qui est probable, soit le projet est moins avancé qu'il n'y paraît. Dans les deux cas, juger un remake sur une cinématique de quelques secondes, c'est jouer à pile ou face.
La vraie question de fond, c'est la nature même de ce remake. Sera-t-on devant un simple ravalement de façade, un Ocarina identique au pixel près mais en 4K, ou devant une vraie relecture à la Final Fantasy VII, avec du contenu neuf, des donjons revus, un Hyrule enfin peuplé de plus de trente habitants ? Les deux écoles s'affrontent déjà, entre ceux qui veulent qu'on ne touche à rien et ceux qui rêvent de nouvelles énigmes. Nintendo marche sur un fil: trop de fidélité et c'est un musée payant, trop de libertés et on froisse les puristes.
Dernier point de vigilance, la direction artistique. Le peu qu'on a aperçu donne un Link au rendu un peu lisse, presque dérangeant pour certains, loin des pattes graphiques affirmées de Wind Waker ou de Breath of the Wild. Un remake réaliste d'Ocarina peut être sublime, mais il peut aussi tomber dans cet entre-deux sans âme que personne ne réclame.

On attend, évidemment, et de tout notre coeur d'enfant. Ocarina of Time reste pour nous le sommet émotionnel de la saga, le jeu qui a défini ce que pouvait être une aventure. Le revoir tourner sur du matériel moderne, avec une vraie ambition technique, c'est un rêve qu'on n'osait plus formuler. La nostalgie, ici, n'est pas un gros mot, c'est un moteur légitime.
Mais on n'achètera pas une émotion sur parole. Tant que Nintendo n'aura pas montré du gameplay, expliqué sa vision et précisé ce qu'il ajoute, on garde la tête froide. Ce remake peut devenir le plus bel hommage de l'histoire du jeu vidéo, ou un recyclage de luxe surfant sur 40 ans de souvenirs. Le prochain Direct tranchera. D'ici là, on ressort la cartouche et on attend. À suivre.

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