Quinze ans. La première Paris Games Week s'est tenue en 2010, et celle qui arrive dans deux semaines est la quinzième.
Rendez-vous du 22 au 25 octobre à Paris Expo, Porte de Versailles, pour une édition baptisée Playground.
Voici ce qui est confirmé, ce qui vaut le déplacement, et ce qu'on aimerait entendre annoncer sans trop y croire.

Les gros noms sont là : Nintendo, PlayStation, Activision, Bandai Namco Entertainment France, Capcom, Microids et Ubisoft.
Ce qu'on sait déjà des stands, jeu par jeu.
Activision amène le mode multijoueur de Call of Duty: Modern Warfare 4, jouable sur place. Détail savoureux pour qui aime les calendriers : le jeu sort le 23 octobre, c'est-à-dire pendant le salon. Vous pourrez donc y jouer dans un hall pendant que la moitié de la France le télécharge.
Bandai Namco présente Dragon Ball Xenoverse 3, Gundam Rogue Orbit, et Ace Combat 8: Wings of Theve.
Sur ce dernier, on a déjà un avis : notre preview est ici, et le point qui nous intéresse le plus, c'est le hall en ligne, une première dans l'histoire de la série. Si vous allez au salon, c'est exactement le genre de chose qu'il faut tester en conditions réelles plutôt que de lire une fiche.
Ubisoft arrive avec un programme qui en dit long sur l'époque : Rayman Legends Retold, Heroes of Might & Magic III Remake prévu pour 2027, Rainbow Six Siege, Just Dance, The Crew Motorfest et Riders Republic.
Comptez les remakes et les services. Sur sept propositions, il y a une relecture d'un jeu de 2013, le remake d'un jeu de 1999, et quatre titres en exploitation depuis des années.
Heroes III, par contre, mérite qu'on s'arrête. C'est l'un des jeux les plus joués de tous les temps dans sa catégorie, encore aujourd'hui, avec une communauté qui n'a jamais lâché. Refaire Heroes III, c'est à la fois l'idée la plus évidente et la plus dangereuse du catalogue Ubisoft, parce que cette communauté connaît chaque pixel et chaque équilibrage.
Le salon réserve un Pavillon Game France de trois cents mètres carrés, avec plus de trente jeux et studios français, soutenu par le CNC, Capital Games et le SNJV.
C'est, honnêtement, la partie du salon où l'on découvre quelque chose.
Les stands des grands éditeurs servent à toucher du matériel qu'on verra de toute façon dans six semaines. Le pavillon français, lui, c'est trente projets dont vous n'avez entendu parler pour aucun, dont vingt-cinq ne sortiront pas avant deux ans, et dont deux ou trois deviendront les jeux dont tout le monde parlera en 2028.
Si vous n'avez qu'une heure dans ce salon, passez-la là. C'est le seul endroit où vous pouvez parler au type qui code le jeu.
Et voilà la vraie nouveauté de cette édition : trois soirées au Dôme de Paris, du 22 au 24 octobre, toutes à 20 heures. Billetterie séparée de celle du salon, à réserver à part.
Jeudi 22 : CURIEUX.exe. L'Orchestre Curieux, dirigé par Daniel Sicard, avec ZeratoR, PV Nova et Marianne. Un ensemble symphonique qui croise le répertoire classique et la culture du jeu vidéo. 45 €.
Vendredi 23 : Game of Rôles. 35 €. On en parle plus bas, parce que c'est la soirée pour laquelle on se déplacerait.
Samedi 24 : programmation secrète. 45 €, et le contenu sera annoncé dans les semaines à venir. Vendre un billet à quarante-cinq euros sans dire ce qu'il y a dedans, c'est soit un très gros nom, soit une très grande confiance. On verra.
Si vous ne connaissez pas : Game of Rôles est une émission de jeu de rôle diffusée en direct sur Twitch depuis 2018, et c'est l'une des choses les plus importantes qui soient arrivées au jeu de rôle francophone depuis vingt ans.
Le principe est simple et c'est ce qui le rend redoutable : un maître de jeu, des joueurs, des dés, et rien d'autre. Pas de décor, pas de montage, pas de filet. Ce qui se passe à la table est ce que vous voyez.
Le 23 octobre au Dôme, c'est FibreTigre qui tient le rôle de maître de jeu, avec une aventure écrite spécialement pour la salle, et MisterMV parmi les joueurs.
Et le format annoncé est exactement le bon : une partie du scénario est préparée à l'avance, mais les choix faits sur scène et les situations qui surgissent peuvent faire évoluer l'aventure en direct. Des jets de dés, des retournements, et de l'improvisation. Le tout diffusé en simultané sur Twitch.
Pourquoi c'est l'événement de la semaine, selon nous.
Parce que le jeu de rôle sur table est redevenu un spectacle, et que personne ne l'avait vu venir. Pendant trente ans, le JDR a été une activité de salon privé, incompréhensible de l'extérieur, et impossible à montrer. Puis des gens ont mis une caméra sur une table et ont découvert qu'il n'y avait rien de plus regardable qu'un groupe d'amis qui prend une mauvaise décision ensemble.
Et parce qu'un jet de dé en direct devant plusieurs milliers de personnes est l'une des rares choses, dans un salon entièrement scénarisé, que personne ne contrôle. C'est de la tension réelle, dans un bâtiment plein de démos calibrées à la seconde.
Trente-cinq euros pour voir un maître de jeu improviser face à une salle pleine, c'est moins cher qu'un jeu, et vous ne saurez pas à l'avance comment ça finit.
Allez, on sort la liste de Noël. Elle n'engage que nous.
Une date pour Heroes III Remake. 2027, c'est une année, pas une date. Et la communauté a besoin de savoir très tôt ce qui change dans l'équilibrage, parce que c'est là-dessus que le projet sera jugé, pas sur les textures.
Du concret sur le pavillon français. Trente studios, c'est bien. Trente studios dont trois repartent avec un éditeur, ce serait mieux. Le CNC et le SNJV sont là, les éditeurs aussi : il y a une édition où l'on pourrait annoncer autre chose que des stands.
Un vrai jeu Nintendo sur place. Nintendo est annoncé, et Nintendo fait rarement les choses à moitié quand il se déplace. On attend de voir ce qu'il y a derrière la porte.
Et la nocturne mystère du samedi. Quarante-cinq euros à l'aveugle, ça demande une belle surprise. Un orchestre, un invité international, une annonce : on prend tout.
Ce qu'on n'attend pas, en revanche, c'est une grande conférence à l'américaine. Ce n'est pas le format de ce salon et ça n'a jamais été son intérêt. La Paris Games Week sert à essayer des choses avec une manette dans les mains et à faire la queue à côté de gens qui aiment les mêmes bêtises que vous.
Du 22 au 25 octobre, Paris Expo Porte de Versailles, 1 place de la Porte de Versailles dans le 15e.
Les nocturnes du Dôme de Paris ont leur propre billetterie, distincte de l'entrée du salon. Si vous visez Game of Rôles, ne partez pas du principe que votre billet du salon suffit.
Le salon annonce aussi une application avec des défis, des badges à collectionner et des récompenses pendant la visite, ainsi qu'un programme hors les murs à Paris et en Île-de-France dans les semaines qui précèdent.
Vous y allez ? On cherche des gens pour une file d'attente commune et un compte rendu du pavillon français. Rendez-vous sur le Discord d'InsertCoins.