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Pathogenic vous met dans la peau d'une maladie, et cette idée dégoûtante donne l'un des roguelikes les plus originaux de l'année
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Note7/10

Pathogenic vous met dans la peau d'une maladie, et cette idée dégoûtante donne l'un des roguelikes les plus originaux de l'année

Vous êtes un agent pathogène qui arrache les organites de ses ennemis pour évoluer. Roguelike shooter cellulaire à la physique molle jubilatoire, Pathogenic transforme l'infection en course à l'armement.

A

Alexandrosse

·16 juillet 2026·7 min de lecture

Note InsertCoins.press

7/10

Verdict

Recommandé

On a incarné des héros, des monstres, des dieux et des poulpes. On n'avait jamais incarné une maladie. Pathogenic répare ce manque avec une idée aussi répugnante que brillante : vous êtes un agent pathogène, une cellule solitaire lâchée dans un corps humain, et votre mission est de l'infecter en dévorant tout ce qui vous résiste. C'est glauque, c'est fascinant, et c'est surtout l'un des concepts de roguelike les plus frais qu'on ait vus depuis longtemps.

Pathogenic, l'agent pathogène évoluant dans un corps humain hostile généré procéduralement

Le contexte

Pathogenic est un roguelike shooter cellulaire développé par Aberrant Labs et édité par Slug Disco, disponible depuis le 16 juillet 2026 sur PC, Mac et Linux. Le pitch est aussi simple que dérangeant : vous êtes une maladie, un pathogène unique qui doit conquérir un corps humain magnifiquement rendu et généré procéduralement, dans une course à l'armement microscopique contre le système immunitaire de son hôte. Slug Disco, déjà connu pour ses simulations de colonies fascinantes, confirme ici son goût pour le vivant miniature et transforme la biologie cellulaire en terrain de jeu d'une originalité rare.

Le gameplay : piller, greffer, muter

Le cœur de Pathogenic, c'est son système d'évolution par pillage, et il est génialement pensé. Vous ne montez pas en puissance en gagnant des niveaux abstraits : vous chassez les cellules ennemies, vous leur arrachez littéralement leurs organites, et vous les greffez sur votre propre corps pour évoluer. On passe d'une cellule simple à une machine de destruction complexe en assemblant des dizaines d'organites aux fonctions précises : des flagelles pour le déplacement, des mitochondries pour la puissance, des sécréteurs pour l'attaque à distance, des épines pour le corps à corps. Chaque run devient une construction organique unique, façonnée par ce qu'on a réussi à voler à ses proies.

Avec plus d'une centaine d'organites et de mutations dans la version complète, la profondeur de build est réelle, et c'est là que le jeu accroche. On expérimente, on combine, on cherche les synergies, on bricole un monstre cellulaire à son image, exactement dans l'esprit des meilleurs roguelikes. Face à vous se dresse tout un bestiaire immunitaire crédible, des macrophages aux lymphocytes T, sans compter les parasites rivaux comme les ténias ou les protozoaires qui se disputent le même hôte. Cette course à l'armement biologique, où l'hôte se défend de mieux en mieux à mesure que vous grandissez, donne au jeu une tension et une logique thématique parfaitement tenues.

Pathogenic, l'arrachage d'organites à ses ennemis pour les greffer et évoluer

La physique molle, la vraie signature

Ce qui donne à Pathogenic sa saveur unique, au-delà de son concept, c'est sa physique de corps mou. Chaque cellule, chaque projectile est simulé pour interagir de manière physique et organique, et ça change tout dans le ressenti. Les affrontements ont une texture visqueuse, gélatineuse, où tout tremble, se déforme et s'étire, et cette matérialité rend chaque impact étrangement satisfaisant. On ne tire pas des balles sur des sprites, on projette de la matière vivante contre de la matière vivante, et le résultat est aussi répugnant que jubilatoire. C'est le genre de détail technique qui transforme une bonne idée en identité forte.

Cette approche organique irrigue toute la direction artistique. Le corps humain, rendu comme un environnement à la fois beau et inquiétant, devient un vrai décor de jeu, coloré, mouvant, vivant. Slug Disco a compris que l'échelle microscopique était une mine visuelle inexploitée, et le studio en tire des tableaux d'une étrangeté captivante. On explore les entrailles d'un être humain comme on explorerait une planète alien, et cette dépaysement est une réussite en soi. Pathogenic est aussi agréable à regarder qu'il est malin à jouer.

Pathogenic, la physique de corps mou qui rend chaque affrontement visqueux et satisfaisant

Ce qu'on retient

Pathogenic est exactement le genre de jeu qu'on a envie de défendre : un roguelike qui n'a pas peur de partir d'une idée bizarre et de la pousser jusqu'au bout. Incarner une maladie qui évolue en pillant les organites de ses ennemis est un concept d'une fraîcheur totale, servi par un système de build profond, un bestiaire immunitaire crédible et une physique de corps mou qui lui donne une signature immédiate. Slug Disco confirme son talent pour rendre le vivant miniature fascinant, et livre un roguelike shooter qui se distingue nettement dans un genre pourtant bondé. On y revient pour tester une nouvelle combinaison d'organites, encore et encore.

Comme tout roguelike, il devra prouver sa profondeur sur la durée, et sa réussite tiendra à la richesse réelle de ses synergies au fil des dizaines de runs. Mais la base est excellente, l'idée est mémorable, et l'exécution technique, notamment cette physique organique, place le jeu au-dessus de la mêlée. Pour qui cherche un roguelike qui sort vraiment des sentiers battus, autant sur le fond que sur la forme, Pathogenic est une petite pépite dégoûtante qu'on recommande sans hésiter. Parfois, il suffit d'oser être une maladie.

Verdict

Un roguelike shooter cellulaire au concept aussi répugnant qu'original, où l'on évolue en pillant ses ennemis : une idée fraîche, un build profond et une physique molle qui en font l'un des plus singuliers de l'année.

Points forts :

  • Un concept d'une fraîcheur totale, incarner une maladie qui pille pour évoluer
  • Un système de build profond, plus de 100 organites et mutations
  • Une physique de corps mou qui rend chaque affrontement jubilatoire
  • Une direction artistique qui fait du corps humain un décor fascinant

Points faibles :

  • La profondeur des synergies sur des dizaines de runs reste à confirmer
  • Un concept organique et gluant qui ne séduira pas les cœurs sensibles
  • La difficulté propre au genre, qui demande de la persévérance

Testé sur PC.

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