
Agent 64 Spies Never Die : le GoldenEye assumé, avec le retour du cousin qui regarde votre écran
14 missions, écran splitté, arène en local. Un hommage revendiqué aux FPS console de 1997, avec un scénario qui joue franchement le jeu.

36 classes, des salaires à payer et des gladiateurs qui vieillissent puis prennent leur retraite. Un vrai jeu de gestion sous un habillage rude.
Alexandrosse
Vous avez mis le doigt exactement là où ça fait mal : heureusement que les mécaniques tiennent, parce que graphiquement, on a beau aimer le vintage, ça pique. Il y a une différence entre l'esthétique rétro assumée et l'austérité brute, et Runerock Arena se tient franchement du mauvais côté de cette ligne pour un oeil habitué à 2026.
Maintenant, si vous supportez le choc visuel, il y a dessous un vrai jeu de gestion, et il est même généreux.

La nuance est importante. Vous ne dirigez pas un groupe de héros, vous gérez une entreprise de gladiateurs, avec ce que ça implique de trivial et de savoureux.
Vous recrutez, vous équipez en armes, armures et sorts, vous espionnez les équipes adverses avant les rencontres, et vous vous battez au tour par tour. Derrière, il faut encaisser les revenus de billetterie et les primes de victoire, et surtout payer les salaires. Le studio ajoute, avec un humour bienvenu, qu'il vous faudra aussi inventer des explications créatives à vos défaites, le soleil dans les yeux de votre gladiateur restant un classique indémodable.
La partie qui donne son sel au jeu, c'est la carrière. Vos combattants progressent, améliorent leurs compétences et leurs attributs, gagnent en gloire et en victoires, puis prennent leur retraite. L'âge est un attribut suivi, et les vieux gladiateurs sont libérés des combats. Voir un vétéran monter, dominer puis décliner est exactement le genre d'arc qui attache un joueur à un jeu de gestion sportive, et c'est ici assumé.
Côté matière, chaque gladiateur possède un nom, un âge, une classe parmi trente-six, des attributs de force, dextérité, mana et santé, des compétences d'armes de mêlée et de jet, des compétences de sorts, des aptitudes diverses comme l'esquive et la résistance à la magie, et surtout un moral, parce que personne n'aime perdre. Trente-six classes, du Minotaure au Sorcier en passant par l'Homme de pierre, c'est une profondeur de roster que peu de jeux de cette taille proposent.
L'objectif final est le championnat de la ligue de Runerock.
Le jeu est signé Areena Games, et une note sur la fiche s'adresse spécifiquement aux joueurs finlandais : il s'agit d'un jeu du créateur original des jeux Areena, Seppo Suorsa. Autant dire qu'on est face à une résurgence de série culte locale plutôt qu'à un projet opportuniste, ce qui explique aussi le côté vieille école assumé.
Le jeu sort aujourd'hui et ne compte aucun avis utilisateur, d'où l'absence de note ici. La vraie question, pour un titre de ce genre, sera la profondeur du moteur de combat au tour par tour : quand on regarde beaucoup et qu'on clique peu, il faut que les affrontements soient lisibles et que les décisions d'équipement et de composition se voient à l'écran.
Un jeu à réserver aux amateurs de tableurs à visage humain, donc. Ceux-là ne verront pas les graphismes au bout de dix minutes.

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