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Spiritstead : on a farmé FarmVille pendant nos années étudiantes, celui-là retire précisément ce qui nous faisait revenir de force
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Spiritstead : on a farmé FarmVille pendant nos années étudiantes, celui-là retire précisément ce qui nous faisait revenir de force

Une DA magnifique inspirée de Miyazaki, des esprits qui automatisent le village, et 6 à 8 heures assumées. Le contraire exact du farming à minuteurs.

A

Alexandrosse

·6 août 2026·6 min de lecture

La direction artistique, d'abord, parce que c'est elle qui arrête le regard : un style dessiné à la main, revendiqué comme inspiré des films de Miyazaki et des dessins animés de notre enfance. C'est adorable, et ça ne triche pas avec un filtre cosy plaqué sur trois cubes. Il y a un vrai trait derrière.

Ensuite, l'aveu : ça réveille des souvenirs d'années étudiantes passées à farmer FarmVille à deux. Beaucoup de gens ont vécu ça, et beaucoup savent aussi ce que ce jeu-là faisait vraiment. FarmVille ne vous retenait pas par sa profondeur, il vous retenait par des minuteurs, des récoltes qui pourrissaient si vous ne reveniez pas à l'heure, et une pression sociale permanente pour recruter vos amis. C'était une machine à obligation déguisée en ferme.

D'où la vraie question posée à Spiritstead : qu'est-ce qu'il apporte de plus ?

Spiritstead, le city builder cosy et sa direction artistique inspiree de Miyazaki

Une précision d'abord : ce n'est pas un gestionnaire de ferme

Petit recadrage nécessaire, parce que la bannière peut tromper. Spiritstead n'est pas un simulateur agricole, c'est un city builder de village. On y accueille des habitants, on leur construit des maisons, on leur assigne des métiers, on répond à leurs besoins et on remonte leur moral avec des cafés, des marchés, des feux de camp. La ferme n'est qu'un bâtiment parmi d'autres.

Il n'est pas énorme non plus, et ce n'est pas un reproche : c'est le premier jeu du studio Turbo Dog Games, vendu autour de dix dollars, et il annonce lui-même six à huit heures pour en voir le bout. Le monde reste par ailleurs identique d'une partie à l'autre. Autant le savoir avant d'acheter.

Ce qu'il apporte, concrètement : les esprits

Voilà la réponse à la question. Le coeur de la proposition, ce sont les esprits qu'on découvre en interagissant avec le monde. Une fois trouvés, ils ne servent pas de décoration : ils prennent soin des villageois, gèrent des pans du village et automatisent des tâches quotidiennes. On leur construit même des bâtiments dédiés.

Or c'est exactement l'inverse du modèle FarmVille. Là où le jeu Facebook vous imposait de revenir cliquer sous peine de tout perdre, Spiritstead confie la corvée à des créatures et vous laisse partir. Il y a même un mode créatif sans aucune pression, à côté du mode aventure qui, lui, demande de gérer les besoins des habitants. Sous la couche douce, il y a une trame : des territoires à ouvrir avec l'aide d'esprits vagabonds, des secrets, et un Grand Sanctuaire des Esprits à restaurer pour rétablir l'équilibre entre esprits et humains.

Spiritstead, les esprits qui automatisent la vie du village

Les réserves

Elles sont raccord avec l'échelle du projet. Un city builder cosy de six à huit heures, avec un monde qui ne change pas d'une partie à l'autre, ne se rejouera pas indéfiniment malgré ce qu'affirme la fiche du jeu. Et le studio assume des éléments de clicker, ce qui devra rester un plaisir tactile plutôt que redevenir la corvée à laquelle on essayait justement d'échapper.

Mais à ce prix, avec ce trait-là, et avec des esprits qui font le boulot ingrat à votre place, la proposition est honnête. C'est le farming de nos vingt ans débarrassé de sa laisse. Disponible aujourd'hui sur PC.

Spiritstead, le village qui grandit et les habitants a qui assigner des metiers

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