
Red Tape Rampage : l'optimiseur fou en vous va licencier des équipes entières, et le jeu compte là-dessus
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Une bourgade médiévale autour d'une place de marché, en style minimaliste et apaisant. Sauf que la prospérité attire les berserkers.
Alexandrosse
Il y a des jeux qu'on juge en trois secondes sur une capture d'écran, et celui-ci passe le test haut la main. The Merchant's Eden est adorable : une petite bourgade médiévale qui s'organise autour d'une place de marché, dans un style minimaliste, doux et parfaitement lisible. Si vous cherchiez le city builder le plus mignon de la rentrée, il est probablement là.
Sauf qu'il ne se contente pas d'être joli, et c'est ce qui le rend intéressant.

Le principe de base est classique et bien tenu. Votre campement grandit pas à pas, attire de nouveaux habitants, et vous le façonnez à votre goût : des maisons pour loger votre population, des parcs pour lui remonter le moral, et un monument imposant pour afficher votre réussite. Le commerce est le moteur : une place de marché prospère attire des marchands de loin, qui apportent leurs marchandises et surtout leurs pièces.
Et c'est là que le studio Norse Sea Studio glisse sa mécanique centrale : la prospérité attire la convoitise. Plus votre ville s'enrichit, plus elle devient une cible. Vous devez donc bâtir des murs, des portes et des tours, rassembler vos soldats et repousser des vagues d'assaillants dont l'intensité grimpe avec votre réussite. Au début, de simples voleurs. Ensuite, des bandits. Puis des berserkers géants.
La boucle est maligne parce qu'elle crée une tension permanente entre les deux moitiés du jeu : chaque pièce investie dans la défense n'est pas investie dans la croissance, et chaque succès commercial augmente mécaniquement la menace. C'est le genre de tension simple mais efficace qui empêche un city builder détendu de devenir un jeu sans enjeu.
Détail qui compte : si vos habitants ne se sentent pas en sécurité, ils partent. La défense n'est donc pas un score annexe, c'est une condition de survie de la ville.
Le studio le dit clairement, et c'est appréciable : le jeu est pensé pour ceux qui veulent réaliser le rêve de bâtir leur ville en ayant peu de temps libre. Ce n'est pas un simulateur de chaînes logistiques à quatorze ressources, c'est une proposition ramassée, à jouer par sessions courtes, avec une esthétique minimaliste qui va de pair avec cette philosophie.
C'est exactement pour ça qu'il ne faut pas s'attendre à la profondeur d'un Anno ou d'un Manor Lords. Le charme visuel et l'accessibilité sont le produit, pas la simulation économique.
Les réserves habituelles s'appliquent. Un jeu bâti sur des vagues d'ennemis vit ou meurt sur la variété de ses assaillants et sur la courbe de difficulté, sans quoi la boucle bâtir-défendre se voit vite. Et un city builder minimaliste doit prouver qu'il a assez de bâtiments et de décisions pour tenir plus de quelques heures.
Le jeu sort aujourd'hui et ne compte aucun avis utilisateur, d'où l'absence de note. Il est disponible en français.
Pour une soirée douce avec un peu de tension, le contrat semble tenu. Et il est vraiment très joli.

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