INSERTCOINS.press
Airline Founder : le premier simulateur de compagnie aérienne qui vous parle d'EBITDA et de créneaux de nuit
Tests
Test
Note7/10

Airline Founder : le premier simulateur de compagnie aérienne qui vous parle d'EBITDA et de créneaux de nuit

Huit mille aéroports réels, des couvre-feux, une entrée en Bourse. Ce qu'il apporte face aux simulateurs de compagnie habituels, et ce qui coince encore.

A

Alexandrosse

·11 min de lecture

Note InsertCoins.press

7/10

Verdict

Recommandé

Il y a un moment précis où j'ai compris que ce jeu ne jouait pas dans la même catégorie que ses concurrents.

C'est quand j'ai vu apparaître, dans un rapport mensuel, le terme heures de rotation disponibles. Puis l'EBITDA. Dans un jeu de compagnie aérienne à dix euros, fait par une seule personne.

Un joueur chinois qui a écrit son avis sur la page Steam résume ça mieux que moi : passionné d'aviation, il a enchaîné Airline Tycoon 2, les jeux Kairosoft, Airport Tycoon, Airlines Manager et AM4, et il dit avoir dû aller chercher la définition de certains termes. Il recommande quand même.

C'est exactement le bon avertissement à mettre en tête d'article.

Airline Founder, la carte du monde et le reseau de lignes

Ce qu'il apporte face aux simulateurs habituels

Puisque c'est la vraie question, prenons-la point par point.

La taille de la base de données. Le jeu se construit sur des données publiques : environ huit mille aéroports, 7 560 villes et plus de 36 000 lignes de départ. Ce n'est pas une carte fictive ni une sélection de trente aéroports connus, c'est le réseau mondial. Vous ne choisissez pas entre Paris et New York, vous choisissez entre des milliers de paires de villes dont vous devez comparer la demande.

Les contraintes que les autres évacuent. Capacité d'aéroport, longueur de piste, pression sur les créneaux, couvre-feux nocturnes et limites de bruit. Dans la plupart des jeux du genre, ouvrir une ligne consiste à cliquer sur une destination et à choisir un avion. Ici, il faut vérifier que la piste accepte votre appareil, qu'il reste un créneau, et que l'aéroport ne ferme pas la nuit au moment où votre rotation devait se poser.

La finance d'entreprise comme couche de jeu. C'est la vraie différence. La plupart des simulateurs s'arrêtent à la rentabilité par ligne. Celui-ci vous emmène jusqu'à la dette, l'effet de levier, la préparation d'une entrée en Bourse, un cours de l'action qui réagit au chiffre d'affaires, au bénéfice, à l'endettement, à la réputation et aux événements. L'accès anticipé ajoute les placements en actions, le financement par introduction, les filiales et les groupes.

La réputation vue par ceux qui vous observent. Un système de réseaux sociaux fictif fait réagir passagers, spotters, employés et investisseurs à vos tarifs, votre ponctualité, vos correspondances et votre bilan de sécurité. C'est un habillage, mais il donne une conséquence lisible à des décisions qui resteraient autrement des chiffres.

Le modèle économique. 10,25 euros une fois, sans abonnement. Les références du genre en ligne vivent sur du mensuel ou de la boutique, et ce n'est pas un détail quand on parle d'un jeu qu'on ouvre pendant six mois.

Airline Founder, la gestion de flotte

La boucle, concrètement

Vous démarrez d'un aéroport de base, avec un scénario au choix, Tokyo, Singapour ou Paris, et une stratégie à assumer : compagnie classique complète, modèle à bas coût, réseau régional, ou long-courrier haut de gamme.

Ensuite, tout est arbitrage.

Vous achetez, louez ou chinez vos appareils sur un marché de l'occasion, vous suivez leur état, vous les entretenez, vous reconfigurez les cabines. Vous fixez vos tarifs, vos niveaux de service, votre restauration et vos fréquences. Vous construisez un réseau en étoile autour de vos plateformes.

Et par-dessus, le marché bouge sans vous : chocs sur le carburant, envolées régionales du trafic, changements de redevances aéroportuaires, directives de maintenance, creux de demande.

C'est un tunnel d'optimisation, au sens le plus littéral. On ouvre une ligne, on ajuste un tarif, on regarde le rapport mensuel, et on recommence.

Le développeur a vu venir le problème

Un simulateur aussi dense a un défaut natif : il noie le nouveau venu.

Le développeur, seul chez Nerowan, l'a entendu et a répondu par deux choses que je trouve remarquables pour une équipe d'une personne.

D'abord une interface entièrement personnalisable : on redimensionne un bouton, on réorganise la disposition d'une page entière, on choisit les couleurs et les informations affichées.

Ensuite, et c'est plus malin encore, un réglage de densité d'information. En le baissant, le jeu affiche moins de détails et utilise moins de termes techniques. Autrement dit, on peut demander au jeu de parler moins comme un rapport annuel le temps d'apprendre.

Peu de simulateurs de ce genre acceptent d'avoir un problème d'accessibilité. Celui-ci a livré un curseur pour le régler.

Airline Founder, le rapport financier mensuel

Ce qui coince aujourd'hui, et il faut le dire

Le jeu est sorti hier en accès anticipé, et les premiers avis sont partagés à parts égales, quatre positifs et quatre négatifs sur huit. C'est trop peu pour en tirer une note, mais les reproches sont précis et convergents.

Le coût d'accès aux aéroports. Plusieurs joueurs racontent la même chose : sans acheter les droits d'accès à l'aéroport d'arrivée, le vol retour repart à vide. Et ces droits coûtent des millions, parfois plus qu'un avion, y compris sur des aéroports régionaux. Résultat, démarrer un réseau régional devient très difficile sans une trésorerie de départ confortable. C'est un problème d'équilibrage, pas de conception, mais il frappe précisément la première heure de jeu.

L'économie du carburant. Un joueur avec six heures au compteur décrit des lignes qui rapportaient plusieurs millions et dont les coûts avalent la moitié après une hausse du prix du kérosène, en difficulté facile. Le réalisme est une chose, la sanction permanente en est une autre.

La lisibilité des causes. C'est le reproche le plus intéressant, et il vient d'un avis positif : on ne voit pas clairement le lien entre le remplissage d'une ligne et les ajustements qu'on vient de faire. Dans un jeu d'optimisation, ne pas savoir quelle décision a produit quel effet est un défaut sérieux, parce que ça transforme la stratégie en tâtonnement.

Et des bugs de sortie. Sauvegardes qui échouent, ventes d'appareils au prix conseillé qui ne passent pas, panneaux qui se réinitialisent au rafraîchissement quotidien des données, traduction encore approximative par endroits.

Un dernier point à clarifier, parce que la fiche se contredit : le texte de présentation parle d'un jeu solo, alors que la page annonce du multijoueur, de la coopération en ligne, le Workshop et un éditeur de niveaux, ajoutés au lancement de l'accès anticipé. C'est le texte de vente qui n'a pas suivi.

Airline Founder, les creneaux et la programmation des vols

Pour qui, alors

Si vous cherchez un jeu de compagnie aérienne qui se joue le soir sans réfléchir, ce n'est pas celui-là, et ça ne le sera jamais.

Si en revanche vous êtes du genre à ouvrir un tableur pour comparer deux stratégies tarifaires, ce jeu vous a été écrit sur mesure, et il coûte le prix d'un menu. La contrepartie, c'est qu'il est jeune, déséquilibré par endroits, et qu'il vous fera perdre des lignes pour des raisons que vous ne comprendrez pas tout de suite.

Le développeur publie des notes de version chaque semaine et répond aux retours, ce qui est le meilleur indicateur disponible sur un accès anticipé. Ma recommandation est simple : essayez la démo d'abord, elle existe, et elle vous dira en une demi-heure si la densité d'information vous stimule ou vous assomme.

Airline Founder, le tableau de bord de la compagnie

Votre première ligne rentable, c'était laquelle ? On compare les réseaux et les faillites sur le Discord d'InsertCoins.

Communauté

--/100

Votre note

Publicité

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Sois le premier.