
Fields of Mistria : deux ans que je l'attendais en accès anticipé, et la 1.0 m'a repris en otage
Un Stardew Valley en pixel art pastel qui pousse la mignonnerie jusqu'a l'indecence. Je pensais y etre immunise. Il m'a eu des le premier printemps.

Un metroidvania 2.5D ou des sprites pixel evoluent dans des decors peints a la main. La direction artistique m'a cueilli, le baton m'a garde.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
8/10
Verdict
Recommandé
Je vais être honnête sur ce qui m'a attiré vers Akatori, parce que ce n'est pas très glorieux : je l'ai lancé pour les yeux. Rien que pour les yeux. La première capture que j'avais vue, cette cour de temple aux bannières colorées avec le vieux maître en rouge et un décor en arrière-plan qui ressemble à une aquarelle, m'a fait cliquer sur "installer" sans lire une ligne de description.

Et ça, cette DA, il faut en parler d'abord parce que c'est la grande réussite du jeu. Akatori marie des personnages en pixel art expressifs à des environnements 3D stylisés, façon décors peints, et le mélange est superbe. Les couleurs chaudes, la lumière, ce temple de l'Oiseau de feu baigné de soleil : on a envie de s'arrêter pour regarder. C'est signé Contrast Games, édité par Games Harbor, et je ne sais pas combien ils étaient sur le projet, mais quelqu'un dans cette équipe a un oeil.
Reste qu'un joli décor ne fait pas un jeu. Heureusement, il y a de la matière derrière. On incarne Mako, une jeune moine élevée au temple, partie stopper les Tempêtes d'Ambre qui corrompent le monde, accompagnée d'un oiseau rouge scellé dans son bâton. Et ce bâton, c'est toute l'idée de game design : il est votre arme au corps à corps, votre projectile quand vous le lancez, et votre outil de déplacement pour planer, vous accrocher aux murs, glisser. Tout passe par lui.
Le jeu mise sur le momentum, l'enchaînement fluide entre combat et traversée. Quand ça fonctionne, on enchaîne un combo aérien, on relance le bâton, on s'accroche, on glisse le long d'une paroi, et la verticalité de ces niveaux prend tout son sens. C'est nerveux, exigeant sur le timing, et franchement satisfaisant une fois qu'on tient le rythme. On sent l'influence des metroidvania à mobilité, ceux où le plaisir vient autant du déplacement que de la baston.
Je ne vais pas survendre : Akatori reste un premier jet ambitieux avec les aspérités qui vont avec. La courbe de difficulté a des pics abrupts, certains passages de plateforme demandent une précision que les contrôles ne rendent pas toujours à cent pour cent, et j'ai eu quelques moments de flottement dans la lecture de l'action au milieu de tout ce décor chargé. Rien de rédhibitoire, mais assez pour rappeler qu'on n'est pas devant un mastodonte à budget infini.
Ça n'a pas entamé mon plaisir. Akatori, c'est un jeu qu'on aime d'abord avec les yeux, puis avec les mains une fois le bâton apprivoisé. Si vous cherchez le metroidvania parfait et sans défaut, attendez peut-être quelques patchs. Si vous avez, comme moi, un faible pour les jeux qui ont une vraie identité visuelle et le culot de la porter jusqu'au bout, foncez voir Mako. Ne serait-ce que pour le temple au lever du jour.
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