Il y a des évidences qui mettent des années à arriver. Avatar, c'est un univers entier construit autour des arts martiaux, où chaque nation se définit par un style de combat, où les affrontements sont chorégraphiés comme dans les meilleurs films de kung-fu. Autrement dit, une licence littéralement faite pour devenir un jeu de baston. Alors la vraie question devant Avatar Legends The Fighting Game n'est pas de savoir s'il fallait le faire, mais comment on a pu attendre si longtemps. Et bonne nouvelle : l'attente valait le coup.

Le contexte
Avatar Legends The Fighting Game est un jeu de combat 1v1 nerveux édité par PM Studios, disponible depuis le 23 juillet 2026 sur PS5, Switch, Switch 2 et PC, la version Xbox Series arrivant plus tard le 3 septembre. Il met en scène les personnages de la franchise dans une animation 2D dessinée à la main, fidèle à l'esprit de la série. Le roster de lancement compte douze combattants et huit stages, avec les modes attendus d'un jeu du genre : histoire, arcade, versus local et en ligne, entraînement, spectateur et galerie d'art. La bêta avait mis le feu aux poudres, au point que certains l'ont déjà désigné comme le jeu de combat de l'année. On avait donc hâte de vérifier.
Le gameplay : le Flow, cette idée qui change tout
Le coeur d'Avatar Legends, c'est son système de Flow, et c'est là que le jeu justifie son existence. On peut le décrire comme un cousin du Drive System de Street Fighter 6, sauf qu'il est rendu unique pour chaque personnage, ce qui transforme radicalement le gameplay et les affrontements d'un combattant à l'autre. Maintenir le bouton de Flow permet d'esquiver automatiquement la plupart des attaques au prix de son chi, offrant une ressource à gérer en permanence entre défense et agressivité. On dash, on esquive, on prend le dessus par la mobilité, puis on construit des points d'énergie par un jeu maîtrisé pour déclencher des spéciaux améliorés et des Super Arts cinématiques. C'est fluide, c'est lisible, et surtout c'est profond.
Ce qui rend le tout malin, c'est que le Flow n'est pas une couche cosmétique posée par-dessus un moteur générique : il redéfinit chaque personnage. Un maître de l'eau ne se joue pas comme un maître du feu, et le système ouvre des matchups vraiment distincts plutôt que le sempiternel copier-coller de coups. On y ajoute un système de personnages de soutien, à choisir parmi trois pour accompagner son combattant, chacun apportant des capacités qui enrichissent différentes forces et débloquent de nouvelles options stratégiques. Le rollback netcode et le crossplay complètent un package pensé pour la compétition, et l'ensemble donne un jeu de combat qui respecte à la fois la licence et les codes du genre.

Ce qui coince
Restons mesurés, car l'enthousiasme ne doit pas masquer les limites. Douze personnages au lancement, c'est un roster honnête mais pas pléthorique pour une licence aussi riche, et on repère vite les absents qu'on aurait aimé incarner. C'est le lot des jeux de combat modernes, appelés à grossir par DLC au fil des saisons, mais il faut accepter de commencer avec une sélection resserrée et d'attendre la suite pour voir arriver ses favoris. Huit stages, de même, posent un cadre correct sans être généreux, et on espère que le contenu suivra le rythme de l'engouement.
L'autre réserve tient à l'exigence du genre. Avatar Legends assume sa profondeur, et son système de Flow, aussi brillant soit-il, demande un vrai investissement pour être exploité. Le fan de la série venu pour ses personnages préférés pourra se heurter à une courbe d'apprentissage plus corsée qu'attendu, là où le versant compétitif fera le bonheur des habitués de la baston. C'est un jeu qui récompense le travail, pas le matraquage de boutons, et il faut en avoir conscience avant de se lancer. Rien de rédhibitoire, mais une porte d'entrée un peu plus haute que ne le laisse penser son habillage grand public.

Ce qu'on retient
Avatar Legends The Fighting Game réussit ce qu'on attendait de lui : transformer une licence taillée pour la baston en un vrai jeu de combat qui tient la route. Son système de Flow, unique par personnage, est une idée aussi maligne que rare, capable de donner à chaque combattant une identité réelle et des matchups qui comptent. Porté par une animation 2D dessinée à la main superbe, un rollback netcode solide et un vrai souci de profondeur, c'est un titre qui respecte à la fois ses fans et les exigences du genre. On en ressort avec une seule pensée : il était temps, et ça valait l'attente.
Il faut simplement composer avec un roster de lancement resserré et une exigence réelle. Douze personnages et huit stages, c'est un point de départ solide plus qu'un buffet complet, et la profondeur du système peut intimider le curieux venu pour l'univers plus que pour la compétition. Mais pour peu qu'on accepte d'y mettre le travail, Avatar Legends offre un jeu de combat riche, fidèle et furieusement satisfaisant, de ceux qu'on garde longtemps dans son roster. La licence méritait ça depuis longtemps : elle l'a enfin.
Verdict
Le jeu de combat qu'une licence bâtie sur les arts martiaux méritait depuis toujours, porté par un système de Flow unique par personnage aussi brillant que profond : un roster de départ resserré, mais une vraie réussite.
Points forts :
- Le système de Flow, unique par personnage, qui change tout
- Une animation 2D dessinée à la main superbe et fidèle
- Une vraie profondeur et des matchups distincts
- Rollback netcode et crossplay pensés pour la compétition
Points faibles :
- Un roster de lancement de douze personnages un peu court pour la licence
- Huit stages, un cadre correct sans être généreux
- Une courbe d'apprentissage exigeante pour le fan venu pour l'univers
Testé sur PC.