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Beast of Reincarnation : j'attendais Game Freak au tournant, je me suis pris une claque (la bonne)
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Note8/10

Beast of Reincarnation : j'attendais Game Freak au tournant, je me suis pris une claque (la bonne)

Le studio de Pokémon qui se lance dans le souls-like, j'y croyais pas une seconde. Quatre heures plus tard, je n'avais pas lâché la manette.

A

Alexandrosse

·8 min de lecture

Note InsertCoins.press

8/10

Verdict

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Je vais commencer par une confession : quand Game Freak a annoncé un action-RPG qui n'était pas un Pokémon, j'ai ricané. Franchement. Le studio qu'on n'arrive plus à défendre depuis des années, celui dont chaque sortie s'accompagne d'un inventaire de bugs et d'arbres en carton, qui se lance dans le souls-like ? Avec 60 balles à la clé ? J'ai lancé Beast of Reincarnation les bras croisés, prêt à écrire un test au vitriol.

Quatre heures plus tard, je n'avais toujours pas posé la manette. Et un chiot à moitié bouffé par la corruption m'avait déjà retourné le coeur.

Beast of Reincarnation, Emma et son chien Koo dans un Japon de l'an 4026

Une gamine, un clébard, et un Japon qui a très mal tourné

On est en 4026. Le Japon n'existe plus vraiment : une plante a colonisé le monde, la nature a repris ses droits, et ce qu'on appelle la Corruption ronge tout ce qui bouge. Vous jouez Emma, une Scelleuse qui balance des attaques végétales grâce à des pouvoirs logés dans ses cheveux. Oui, ses cheveux. Imaginez un mélange de Bayonetta et d'Avatar avec un budget correct, vous n'êtes pas loin.

Mais le vrai personnage principal, c'est Koo. Ce chien mutant, moche et adorable à la fois, n'est pas un gadget qu'on oublie au bout de dix minutes. Il ouvre des passages, il déchire des ennemis pendant que vous encaissez, il vous prévient d'un danger d'un jappement. À un moment, coincé face à un boss qui me défonçait, je me suis surpris à hurler "Koo, chope-le !" comme un gamin devant son propre chien. C'est bête, mais ça marche. Game Freak a compris un truc que beaucoup de RPG oublient : un compagnon, ça se ressent, ça ne se coche pas dans un menu.

Le combat ne pardonne pas, et c'est tant mieux

Là où j'attendais le studio le plus fort, c'était sur le nerf de la guerre : est-ce que ça se joue bien ? Réponse courte : oui, et ça pique.

Le système mélange du temps réel et du tour par tour, avec une grosse dose de parade à la souls-like. On ne martèle pas la touche d'attaque, on lit l'adversaire, on attend la bonne fenêtre, on riposte. Rater une parade contre un gros boss, c'est la moitié de la barre qui s'envole. La première fois que j'ai enchaîné trois parades parfaites sur un mastodonte à tentacules avant de le finir, j'ai eu ce petit frisson qu'on ne trouve que dans les bons jeux exigeants. Famitsu a lâché un 35 sur 40, et pour une fois je comprends l'emballement.

C'est technique, c'est punitif, et ça ne conviendra pas à tout le monde. Si vous cherchez un RPG cool où on avance en pilote automatique, passez votre chemin, vous allez souffrir. Moi, ça m'a happé.

Beast of Reincarnation, un boss et le système de parade façon souls-like

Là où ça coince (parce que ça coince quand même)

Je ne vais pas vous mentir, et je sais que sur les forums certains crient déjà au scandale sur le début du jeu : ils n'ont pas complètement tort. La première heure est raide. La caméra se bat parfois contre vous dans les couloirs serrés, j'ai croisé deux ou trois murs invisibles qui n'avaient rien à faire là, et quelques animations ont ce petit côté pas fini qui rappelle que Game Freak apprend encore le métier de la grosse prod action.

Ce ne sont pas des bugs qui cassent le jeu, mais ce sont des scories qui empêchent Beast of Reincarnation d'être le chef-d'oeuvre qu'il frôle. On sent le premier essai, l'ambition qui dépasse parfois la maîtrise. Ça se lisse en avançant, mais la vitrine des premières minutes dessert un jeu qui vaut infiniment mieux que sa première impression.

Alors, la fameuse question du budget

Je l'ai gardée pour la fin, parce que c'est elle qui m'avait fait ricaner au départ : est-ce que Game Freak a enfin mis les moyens ? Oui. Et ça change tout. La direction artistique de ce Japon dévoré par la végétation est magnifique, sombre, cohérente, à des kilomètres de l'imagerie pastel qu'on leur connaît. Il y a un soin, une densité, une identité qu'on n'osait plus espérer d'eux.

C'est là que la blague se retourne : pendant des années, on s'est demandé si Game Freak se moquait de nous avec des Pokémon vendus par millions et bâclés. Beast of Reincarnation, c'est la preuve qu'ils savaient faire, et qu'il ne manquait que la volonté (et le budget) de le prouver ailleurs. Sur Game Pass dès le lancement en plus, autant dire qu'il n'y a aucune raison de ne pas y jeter au moins quelques heures.

Un jeu imparfait, un peu bancal au démarrage, mais habité, ambitieux et sincère. De la part du studio que je me préparais à démonter, c'est une gifle. Une bonne.

Beast of Reincarnation, la direction artistique du Japon dévoré par la Corruption

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