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Beast of Reincarnation : Game Freak prouve enfin ce qu'il peut faire avec un vrai budget et une vraie ambition
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Note8/10

Beast of Reincarnation : Game Freak prouve enfin ce qu'il peut faire avec un vrai budget et une vraie ambition

Un action-RPG un humain un chien dans un Japon post-apocalyptique, entre temps réel et tour par tour. Game Freak signe enfin le jeu ambitieux qu'on attendait.

A

Alexandrosse

·3 août 2026·9 min de lecture

Note InsertCoins.press

8/10

Verdict

Recommandé

Disons-le franchement, avec le sourire : quand on a appris que Game Freak sortait un nouveau RPG, on a d'abord croisé les doigts en espérant qu'il y mette plus de budget et de soin que dans les derniers Pokémon. Ces jeux vendus des millions mais techniquement à la traîne nous ont laissés sur notre faim trop souvent. Alors quelle surprise, et quel plaisir, de découvrir que Beast of Reincarnation est exactement le jeu ambitieux qu'on n'osait plus attendre du studio. Game Freak avait donc ça sous le capot.

Beast of Reincarnation, l'action-RPG un humain un chien dans un Japon post-apocalyptique

Le contexte

Beast of Reincarnation est une toute nouvelle création de Game Freak, disponible sur PC via Steam, Xbox Series et PS5, avec une présence dès le lancement dans le Xbox Game Pass, vendue soixante euros. C'est un action-RPG qui assume une fusion originale entre combat en temps réel et tour par tour, autour d'un concept de jeu à un humain et un chien. L'histoire se déroule dans un Japon de l'an 4026, dévasté par la corruption, et suit Emma la Scelleuse et son chien Koo dans un monde post-apocalyptique impitoyable. Pour un studio surtout connu pour sa poule aux oeufs d'or, c'est un pari créatif audacieux, et il est tenu.

Le gameplay

Le coeur du jeu, c'est sa fusion maligne entre l'action en temps réel et le tour par tour, qui donne aux affrontements une saveur particulière. On ne se contente pas de marteler la touche d'attaque : le jeu emprunte aux codes du souls-like, avec des ennemis exigeants, de grands boss et des combats qui demandent de la réflexion, du placement et de la lecture des patterns. Cette exigence donne du poids à chaque affrontement et récompense la maîtrise plutôt que la précipitation, exactement ce qu'on attend d'un action-RPG qui se respecte. La couche de tour par tour ajoute une dimension tactique bienvenue qui distingue Beast of Reincarnation de la masse des jeux d'action.

Le duo formé par Emma et son chien Koo est la vraie signature du jeu, et il fonctionne au-delà du gadget. Le concept un humain un chien irrigue tout le gameplay : le compagnon canin n'est pas un simple faire-valoir mais un véritable pilier tactique, qui participe aux combats et à l'exploration, et dont la relation avec Emma nourrit l'aventure sur le plan émotionnel autant que ludique. Cette complicité entre les deux personnages est le liant qui donne à l'ensemble sa personnalité et son coeur, dans un monde par ailleurs sombre et hostile.

Beast of Reincarnation, la fusion du temps réel et du tour par tour face aux grands boss

L'univers post-apocalyptique de ce Japon de l'an 4026 est l'autre grande réussite. Cette terre ruinée par la corruption offre un décor à la fois oppressant et fascinant, riche d'une identité visuelle et thématique forte qui tranche radicalement avec l'imagerie colorée à laquelle Game Freak nous avait habitués. On sent un studio qui s'est fait plaisir, qui a osé une direction mature et personnelle, et qui a manifestement disposé des moyens de ses ambitions. C'est précisément ce supplément de soin et de budget, qu'on redoutait de ne pas trouver, qui fait toute la différence.

Le jeu n'est pas exempt de réserves, et l'honnêteté commande de les pointer. Certaines aspérités trahissent que Game Freak n'a pas encore la maîtrise absolue des grosses productions action, avec des irrégularités de rythme ou de finition çà et là, et l'exigence souls-like, si elle ravira les amateurs, pourra rebuter les joueurs venus chercher une aventure plus accessible. Mais ce sont des broutilles face à l'essentiel : le studio livre un vrai jeu ambitieux, abouti et personnel, ce qui était loin d'être garanti.

La technique

Techniquement, Beast of Reincarnation marque une nette progression pour Game Freak, et c'est peut-être là que la surprise est la plus grande. La direction artistique de ce Japon post-apocalyptique est superbe et cohérente, l'univers est dense et soigné, et l'ensemble affiche un niveau de finition très supérieur à ce qu'on redoutait au vu des récentes productions du studio. C'est visiblement un jeu qui a bénéficié du budget et du temps nécessaires pour exister à la hauteur de son concept.

Les réserves techniques existent mais restent secondaires. On note quelques irrégularités qui rappellent que le studio apprend encore les codes de la grosse production action, sans jamais tomber dans les travers techniques qui avaient plombé certains Pokémon. La présence dès le lancement dans le Game Pass est un atout majeur pour découvrir le jeu, et l'ensemble tourne suffisamment bien pour servir son ambition sans la trahir. Pour un premier grand écart de ce genre, c'est un travail sérieux et convaincant.

Beast of Reincarnation, la direction artistique du Japon de l'an 4026 ruiné par la corruption

Le verdict

Beast of Reincarnation est une excellente surprise, et une belle démonstration : oui, Game Freak sait faire autre chose que Pokémon, et il sait le faire bien quand on lui en donne les moyens. Sa fusion originale entre temps réel et tour par tour, son duo attachant entre Emma et son chien Koo, et son univers post-apocalyptique superbe en font un action-RPG ambitieux, personnel et abouti, servi par une finition qui balaie enfin nos craintes. Pour les amateurs de RPG exigeants, c'est une réussite qui mérite le détour, d'autant plus accessible via le Game Pass.

Ses limites, quelques aspérités de finition et une exigence souls-like qui ne conviendra pas à tous, sont le prix d'un studio qui s'aventure hors de sa zone de confort, et elles ne pèsent pas lourd face à ce que le jeu accomplit. On espérait un budget et une ambition à la hauteur, on a été entendus. Beast of Reincarnation prouve que Game Freak avait bien plus à offrir qu'on ne le croyait, et on ne demande qu'à voir la suite.

Le jeu qui prouve que Game Freak peut viser haut quand on lui en donne les moyens : ambitieux, personnel et enfin soigné.

Note : 8/10


Test réalisé sur la version PC.

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