INSERTCOINS.press
Cellar Keeper : j'aime le bon vin, mais ranger 2 448 bouteilles que je ne boirai jamais, il faut m'expliquer
Tests
Test
Note6/10

Cellar Keeper : j'aime le bon vin, mais ranger 2 448 bouteilles que je ne boirai jamais, il faut m'expliquer

Un simulateur de rangement de cave à vin, à moins de cinq euros. L'idée a du charme, mais elle tient sur une seule note.

A

Alexandrosse

·7 août 2026·4 min de lecture

Note InsertCoins.press

6/10

Verdict

Mitigé

J'aime le vin. Pas en connaisseur qui fait tourner le verre en parlant de minéralité, mais en type qui ouvre une bonne bouteille de temps en temps et trouve que la soirée s'en porte mieux. Alors quand j'ai vu passer un jeu sur une cave à vin, j'ai eu ce petit réflexe favorable qu'on a pour tout ce qui touche à un plaisir qu'on connaît.

Puis j'ai lu ce qu'on y fait. On range.

On ne goûte pas, on ne vinifie pas, on ne négocie pas, on ne compose pas une carte. On remet 2 448 bouteilles à leur place. On identifie leur variété, on les rapporte au bon casier, et on restaure l'ordre dans une cave qui a sombré dans le chaos. Le chiffre est celui affiché par le studio EgoTrampoline, et il est à prendre au sérieux : c'est le contenu du jeu.

Cellar Keeper, le simulateur de rangement de cave a vin

Et là, il faut que je sois honnête sur mon cas personnel. Je ne range déjà pas mes figurines Warhammer. Elles sont là, en vrac, à moitié peintes, dans un état que tout hobbyiste reconnaîtra sans avoir besoin de photo. L'idée que je consacre mes soirées à ranger, virtuellement, un pinard que je ne pourrai même pas boire, a quelque chose d'un peu cruel. C'est de la corvée sans la récompense.

Ce qui ne veut pas dire que le jeu est mauvais, et c'est là que je dois faire la part des choses. Le rangement virtuel est un genre qui existe, qui fonctionne pour beaucoup de gens, et dont le principe est bien compris : voir le désordre disparaître procure une satisfaction réelle, et le jeu construit tout là-dessus, casier après casier, jusqu'à ce que la pièce redevienne belle. Il y a même une petite histoire pour donner un prétexte : la cave appartenait à un collectionneur excentrique qui, en tentant un sortilège pour préserver sa collection à jamais, s'est transformé en poulet et se retrouve coincé dans une cage. Vous rangez, vous brisez la malédiction, vous lui rendez la lumière du jour. C'est absurde et plutôt attachant.

Le contenu est structuré avec un peu plus de soin qu'attendu. On débloque des compétences qui améliorent le port, la recherche et le déplacement, ce qui donne une progression et une raison d'optimiser ses trajets. Et surtout, il existe deux modes : un mode cosy sans limite de temps, et un mode speedrun sans compétences, purement axé sur l'efficacité, avec classement en ligne. Ce second mode est la meilleure idée du lot, parce qu'il transforme la corvée en discipline chronométrée, et c'est probablement là que le jeu trouvera ses vrais amateurs.

Cellar Keeper, les casiers a restaurer et le classement des bouteilles

Reste la limite fondamentale : le jeu tient sur une seule note. Une fois comprise la boucle identifier, porter, classer, il n'y a pas de second système qui vient relancer l'intérêt. Pas de dégustation, pas de gestion, pas de commerce, rien qui prolonge la fantaisie de la cave au-delà de l'inventaire. À moins de cinq euros, le marché est honnête et personne ne crie à l'arnaque, mais il faut savoir qu'on achète une activité, pas un jeu à systèmes.

Alors voilà mon verdict, et il est partial : si le rangement vous détend, foncez, c'est bien fait pour ce que c'est. Si vous veniez pour le vin, vous allez rester sur votre soif, au sens le plus littéral. Moi, je vais retourner ne pas peindre mes Space Marines, en ouvrant une bouteille. La vraie.

Communauté

--/100

Votre note

Publicité

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Sois le premier.