Il y a des ambiances qui fonctionnent avant même qu'on ait joué, et celle-ci en fait partie. Un parc à dinosaures à l'abandon, des enclos éventrés, des tunnels souterrains, des zones aquatiques, et quelque chose de très gros qui vous attend derrière une clôture qui ne retient plus rien. Pour quiconque a grandi avec Jurassic Park, c'est un appel direct.
Reste la question que vous soulevez, et elle est plus intéressante qu'il n'y paraît.

Clawed est un survival horror en action-aventure développé et édité par Flatrock Games. On y infiltre Prehistoria, un parc à dinosaures qui a connu des jours meilleurs, avec une mission à accomplir et l'obligation d'en ressortir vivant.
La structure est classique du genre et bien remplie : on traverse des biomes variés, on résout des énigmes dans la pure tradition du survival horror, on explore les enclos, les tunnels et les milieux aquatiques, et on affronte des prédateurs parmi lesquels le Deinosuchus et le Spinosaure.
Deux modes sont proposés. Le mode Classique correspond à l'expérience de survival horror d'origine. Le mode Survie ajoute la faim, la soif, une météo dynamique, un cycle jour-nuit complet et des rencontres aléatoires avec les dinosaures. Cette seconde option est celle qui devrait donner sa durée de vie au jeu, parce qu'elle transforme un parcours scénarisé en terrain hostile. Bonne nouvelle par ailleurs : tout est jouable en coopération.
Soyons honnêtes : en voyant l'entrée du parc, on a tous eu la même pensée, et elle impliquait le mot avocat. Les dinosaures n'ont pas grand-chose de paléontologiquement rigoureux mais énormément de spielbergien, et le studio ne fait rien pour dissiper le malentendu.
Cela dit, il y a une raison assez élégante à cette impression, et elle disculpe à peu près tout le monde. Le film de 1993 n'a pas seulement mis des dinosaures à l'écran, il a fixé pour trois générations l'image mentale du dinosaure. Ses rapaces trop grands, ses éclairages, sa façon de faire trembler un verre d'eau sont devenus la référence par défaut. Résultat, n'importe quel jeu qui met en scène des dinosaures de cinéma ressemblera fatalement à celui qui a inventé cette grammaire. Ce n'est pas du plagiat, c'est une dépendance culturelle dont personne ne sort.
Et puis un parc à dinosaures qui tourne mal, ça ne s'invente plus depuis longtemps. Ce qui se protège, ce sont les détails précis, un logo, une typographie, un thème musical. Le reste appartient à tout le monde, comme les dinosaures eux-mêmes, tombés dans le domaine public il y a environ soixante-six millions d'années.

Le jeu sort aujourd'hui et ne compte encore aucun avis utilisateur, d'où l'absence de note ici. À signaler tout de suite, il est proposé en anglais uniquement, ce qui compte dans un jeu à énigmes et à documents à lire.
Les inconnues sont celles du genre. Un survival horror repose entièrement sur la tension, donc sur le comportement des prédateurs : si les dinosaures suivent des trajets prévisibles, la peur retombe en deux heures. Le mode Survie devra également prouver que ses systèmes de faim et de soif ajoutent de la pression plutôt que de la corvée, écueil classique de ces greffes.
Reste que le décor est là, et qu'un parc à l'abandon est l'un des meilleurs terrains de jeu qu'on puisse offrir à ce genre. Pour un fan de Jurassic Park, l'envie sera difficile à refréner. Nous conseillons simplement d'attendre les premiers retours avant de vous engager dans les enclos.
Aucun avis utilisateur n'existe encore, la note ci-dessus est notre appréciation. Elle récompense un décor et une ambiance immédiatement efficaces, ainsi qu'un mode Survie prometteur, tout en tenant compte de l'absence de version française et de l'inconnue majeure du genre, le comportement des prédateurs.
