
Active Matter : un extraction shooter avec une vraie ambiance, et une économie qui a déjà fâché ses joueurs
STALKER croisé avec Tarkov, des anomalies à la SCP et un accueil partagé. Le décor impressionne, le reste demande du travail.

Le plus beau repaire pirate que j'aie jamais bâti. Dommage que dès qu'on quitte le port pour se battre, la magie retombe d'un coup.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
8/10
Verdict
Recommandé
J'ai un aveu à faire : j'ai un problème avec les jolis city-builders. Montrez-moi une ville qui grimpe joliment à flanc de falaise et je peux y perdre une soirée entière à replacer trois lampadaires pour que la lumière tombe bien. Corsair Cove a appuyé pile sur ce bouton-là. À un moment, je me suis rendu compte que ça faisait vingt minutes que je tournais la caméra autour de mon repaire, à faire des captures d'écran, sans avoir joué. C'est bon signe. Et c'est aussi, quelque part, tout le problème du jeu.

La trouvaille de Corsair Cove, c'est la verticalité. Au lieu d'étaler vos baraques sur une carte plate comme dans 90% des jeux du genre, ici on empile, on grimpe, on colonise la roche. Votre île n'est pas un plan, c'est un relief, et chaque terrasse gagnée sur la falaise est une petite victoire d'urbaniste. Le résultat, c'est un repaire pirate accroché à la montagne qui a une gueule folle, du genre qu'on a envie de montrer aux copains.
Et la gestion tient la route. On développe, on gère ses ressources, on fait monter sa petite communauté de flibustiers, chaque palier débloque de nouveaux trucs à construire. Rien de révolutionnaire dans la boucle, mais c'est propre, satisfaisant, et l'habillage sublime fait passer les heures sans qu'on les voie. Metacritic lui a collé un 79, et sur la partie construction, je signe des deux mains.
Sauf que voilà. Corsair Cove vous vend une fantaisie de piraterie, et dès qu'on quitte le port pour aller se battre ou explorer, on redescend brutalement sur terre. Les combats navals sont répétitifs et beaucoup trop simplifiés, l'exploration se résume vite à cocher des cases. J'ai lancé ma première bataille en mer plein d'espoir, et j'en suis ressorti en haussant les épaules. C'est fonctionnel, c'est mou, ça ne raconte rien.
Le décalage est presque frustrant, parce qu'il y a deux jeux là-dedans : un city-builder somptueux qui mérite tous les éloges, et un jeu de pirates en carton greffé dessus. Pour un titre qui met un bateau et une tête de mort sur sa jaquette, ne pas savoir rendre les batailles navales excitantes, c'est un vrai manque à gagner.

Ça dépend de vous, vraiment. Si vous venez pour bâtir, contempler, optimiser une cité qui a de la gueule, foncez : c'est l'un des plus beaux city-builders que j'aie touchés, et l'accès facile via le Game Pass enlève tout risque. Vous allez adorer.
Si en revanche vous rêviez d'abordages, de bordées et d'aventure en mer autant que d'aménagement, freinez votre enthousiasme : cette moitié-là du jeu n'existe qu'à moitié. Moi, j'ai fait la paix avec ça, j'ai rangé le bateau au fond du port, et j'ai continué à bâtir mon nid d'aigle pirate en prenant des photos. Le jeu que je voulais n'était peut-être pas tout à fait celui qu'on m'a vendu, mais celui que j'ai eu était quand même sacrément beau.

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