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Cozy Game Restoration : j'ai nettoyé une cartouche pendant quarante minutes pour perdre deux dollars
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Note7/10

Cozy Game Restoration : j'ai nettoyé une cartouche pendant quarante minutes pour perdre deux dollars

Un simulateur de nettoyage de vieilles cartouches, 14,99 euros, qui met une note de collectionneur sur votre travail. Et parfois une valeur en rouge.

A

Alexandrosse

·7 min de lecture

Note InsertCoins.press

7/10

Verdict

Recommandé

Le colis était scellé au ruban adhésif, j'ai arraché les rabats un par un, et il y avait une cartouche dorée dedans. Une vraie, avec la coque en plastique doré que les éditeurs sortaient en cinquante exemplaires pour les concours.

Quarante minutes de coton-tige, de pince à épiler et de brosse à dents plus tard, le jeu affiche mon bulletin. Dirt 78 %. Stickers 100 %. Ink & Adhesive 73 %. Scratches 85 %. Note finale : D.

Et en dessous, la ligne qui m'a fait rire tout seul : prix d'achat 22,32 dollars, valeur marchande 20,09 dollars, écrite en rouge.

Une cartouche dorée en cours de nettoyage, la pince à épiler soulève un sticker

Le geste, et pourquoi il fonctionne

On ne joue pas aux jeux. On les nettoie.

Chaque cartouche arrive salie de façon procédurale, et la saleté est en couches. Il y a la poussière, qui part à la brosse. Il y a les stickers de prix de la brocante, qu'il faut soulever par un coin à la pince sans déchirer l'étiquette d'origine dessous. Il y a la colle qui reste après le sticker, et qui demande un autre outil. Il y a le feutre vert d'un gamin de 1997 qui a écrit son prénom en travers du renard sur la jaquette de Super Good Boys. Et il y a les rayures, qui ne partent jamais complètement.

La colonne d'outils à gauche en compte une dizaine. Le doigt, la pince, le coton-tige, la brosse à dents, le pinceau, le spray. Aucun n'est bon partout, chacun est parfait quelque part, et le jeu ne vous dit jamais lequel prendre.

C'est là que ça marche. La matière réagit : la saleté s'étale si vous frottez trop sec, le sticker s'étire avant de céder, la poussière se soulève en petit nuage. Pendant vingt minutes je n'ai pensé à rien d'autre, ce qui est exactement le contrat annoncé.

Une cartouche Super Good Boys couverte de feutre vert, brossée au-dessus d'un bureau en bois

Le détail qui sauve le jeu de l'ennui

Un simulateur de nettoyage sans enjeu s'épuise en une heure. Celui-là a eu une bonne idée, et elle tient dans la fiche qui s'affiche à la fin.

Chaque jeu restauré est noté comme le font les services de gradation pour vrai : une lettre, de A à D. Et il reçoit une fiche de collection complète. Plateforme (Nebula, Super 16, les consoles inventées du jeu), région, année, genre, rareté, prix payé, valeur marchande.

Les 108 titres fictifs sont des pastiches assumés des années 1980 à 2000. Fireball Spam + AirJumping III, catégorie Fighting, 1998, édité par SEGUL. Story of Hats: Hourglass. Ce sont de bonnes blagues, et il y en a suffisamment pour que la curiosité tienne : sur la centaine de titres, on finit par guetter les rares, les variantes régionales, les coques dorées.

Du coup le nettoyage cesse d'être une fin. Vous ne frottez plus pour que ce soit propre, vous frottez pour arracher un B à une cartouche qui ne le méritait pas. C'est une boucle de collectionneur greffée sur un jeu de ménage, et c'est plus malin que ça en a l'air.

L'écran de fin de restauration : note D, pourcentages par type de saleté, fiche de collection et valeur marchande en rouge

Ce qui coince

La main qui tient les outils est molle. Il n'y a pas d'autre mot : les gestes précis, soulever un coin de sticker, suivre une rainure, demandent une patience que l'imprécision du curseur rend parfois pénible plutôt que minutieuse. Sur une cartouche très sale, je me suis surpris à frotter en rond au hasard en attendant que le pourcentage monte.

Et il n'y a aucun échec possible, ce qui est le principe affiché, mais qui finit par retirer la tension des dernières dizaines de pour cent. On ne peut pas rater une restauration, on peut seulement la bâcler, et le jeu ne vous en tient pas vraiment rigueur.

Reste une question de durée. Après une dizaine de cartouches, le geste est acquis et c'est la collection qui tire tout. Si les objets de collection ne vous font rien, le jeu s'arrête là, vers la troisième heure.

La fiche d'un jeu restauré avec son étiquette d'éditeur fictif

À 14,99 euros, pour un studio qui s'appelle Parasol Corp et qui a poussé le détail jusqu'à imprimer son propre logo sur les stickers d'homologation de ses cartouches imaginaires, le marché est honnête. On achète trois heures de calme complet et une poignée de bonnes trouvailles.

Ce que je garderai, c'est la valeur marchande en rouge. Quarante minutes de travail minutieux pour une moins-value de deux dollars : il y a des collectionneurs qui vont reconnaître leur vie entière dans cet écran.

Vous avez une cartouche réelle qui attend un coup de coton-tige dans un carton, vous aussi ? Racontez-la sur le Discord d'InsertCoins, le salon est fait pour ça.

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