
Death at Fleming Manor : l'enquête est bonne, c'est le formulaire qui vous résiste
Vous remplissez des certificats de décès dans un manoir anglais de 1959. L'idée est excellente. L'interface se met en travers.

Quatre heures, six euros, un escargot et une descente morale remarquablement rapide. Le sang est un type de jus.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
7/10
Verdict
Recommandé
La page Steam de Feed The Forest se termine par une phrase que je n'arrive pas à oublier : le sang est un type de jus.
Elle arrive après une description parfaitement paisible où un escargot fait pousser une forêt dans un désert. Et c'est tout le jeu : vingt minutes de poésie écologique, puis une pente savonneuse vers l'optimisation la plus cynique que vous ayez pratiquée récemment.

Vous commencez avec du sable et un escargot doté de pouvoirs. Vous plantez. Les plantes produisent. Les productions permettent de planter ailleurs, et le désert recule.
C'est un incrémental actif, ce qui veut dire que vous ne regardez pas des chiffres monter en buvant un café : vous disposez vos plantes sur la carte, et l'agencement compte. Telle espèce nourrit sa voisine, telle autre a besoin d'ombre, et il existe des configurations nettement meilleures que celles que vous allez trouver au premier essai.
Le plaisir de peindre un désert en forêt est réel et un peu bête, au bon sens du terme. Un joueur le dit mieux que moi : c'est atmosphérique et reposant, j'aime peindre le désert en forêt.
Puis vous automatisez. Puis vous embauchez des sbires. Puis vous débloquez des plantes que le jeu qualifie lui-même d'immorales, et vous les plantez quand même parce qu'elles rapportent mieux.
Le basculement est la vraie idée du jeu. Vous n'avez pas changé de mécanique, vous avez changé de motivation sans vous en apercevoir, et le jeu vous le fait remarquer au moment où il est trop tard pour prétendre que vous reverdissiez la planète par altruisme.
C'est léger, ça dure quelques heures, et c'est nettement plus malin que ça n'en a l'air.

Deux choses, et elles sont liées.
C'est court. Trois à quatre heures pour la plupart des joueurs, sept pour les plus consciencieux. À 7,99 euros, plusieurs avis positifs trouvent quand même le rapport un peu juste, et je les comprends.
Et ça se répète. Un joueur, pouce levé, écrit qu'il a eu l'impression de faire la même chose pendant des heures, que les visuels sont magnifiques et l'intrigue un peu chaotique. C'est la limite du format incrémental : il tient par l'accélération, et quand la courbe s'aplatit, il ne reste que le geste.
Cela dit, 92 % d'avis positifs, et la fin revient souvent dans les éloges. Quelqu'un écrit qu'il aurait aimé que ce soit plus long, mais que la fin à elle seule valait le détour. Un autre, après avoir bouclé l'histoire, découvre avec une joie non feinte qu'il n'a débloqué aucun succès et qu'il va devoir tout recommencer.

Oui, si vous cherchez un jeu d'une soirée et demie à finir d'une traite, que l'idée d'optimiser des rangées de plantes ne vous fait pas peur, et que vous avez de la place dans votre vie pour un escargot.
Non, si vous attendez un incrémental de cent heures à faire tourner en arrière-plan. Ce n'est pas du tout ça, et ça ne le prétend pas.
5,99 euros pendant la remise de lancement. C'est un petit jeu qui sait exactement ce qu'il est, qui s'arrête avant de lasser, et qui a l'élégance de se moquer de vous une dernière fois en partant.
Le meilleur avis de la page tient d'ailleurs en trois mots répétés : il devrait y avoir plus de jeux avec des escargots. Il devrait y avoir plus d'escargots. Des escargots.
Je ne vais pas prétendre que ce test apporte un argument plus fort.

Si vous trouvez un agencement de plantes qui casse l'économie du jeu, on veut le schéma sur le Discord d'InsertCoins.
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