
Clawed : un parc à dinosaures à l'abandon, une ambiance réussie, et une ressemblance qui interroge
Prehistoria, parc en ruine, énigmes et prédateurs. L'ambiance fonctionne, et la parenté avec un certain film de 1993 mérite qu'on s'y arrête.

Un éditeur d'île sans limites, plus de 50 espèces et la possibilité d'incarner un dinosaure. Mais aucune trace de la gestion qui fait le genre.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
5/10
Verdict
Mitigé
Votre intuition est la bonne, et elle se vérifie dès qu'on lit la fiche du jeu : Dinosaur ressemble beaucoup à une démonstration technique. De belles bêtes, une île qui rend bien, et derrière, très peu de choses à faire.
Reste votre vraie question, qui est la seule qui vaille : qu'apporte-t-il au genre depuis le Zoo Tycoon de notre enfance ? La réponse honnête est probablement rien, mais pas pour les raisons qu'on croit.

Le programme annoncé par le studio Dinosaur Master tient en quelques lignes, et c'est déjà un signal. On crée son île avec un éditeur présenté comme sans limites ni restrictions. On la peuple avec plus de cinquante espèces de dinosaures, herbivores, prédateurs ou ptérosaures. Chaque espèce a des besoins spécifiques, et il faut assurer la symbiose et la prospérité de tout le monde. Enfin, on peut prendre le contrôle direct de n'importe quel dinosaure.
C'est tout. Et cette brièveté n'est pas un oubli de communication, elle décrit assez fidèlement l'ambition du projet.
Il faut mesurer l'écart, parce qu'il est structurel plutôt qu'esthétique.
Ce qui faisait tenir Zoo Tycoon et ses extensions préhistoriques, ce n'étaient pas les animaux, c'était l'économie autour. Des visiteurs à contenter, des billets à vendre, du personnel à embaucher, des enclos à sécuriser, un budget qui contraint chaque décision, et cette tension permanente entre le confort des bêtes et la rentabilité du parc. Le dinosaure n'était que le prétexte à un problème de gestion.
Ici, rien de tout cela n'est annoncé. Pas de visiteurs, pas de finances, pas de personnel, pas de sécurité. On construit une île, on y met des créatures, on veille à leur équilibre. C'est un bac à sable écologique, pas un jeu de gestion, et les deux ne procurent pas le même plaisir. Le premier se contemple, le second se résout.
Le genre a d'ailleurs trouvé ses références depuis longtemps, avec les Jurassic World Evolution qui gèrent précisément la partie parc, et avec des projets comme Prehistoric Kingdom du côté du parc animalier détaillé. Face à eux, Dinosaur ne joue pas dans la même catégorie, et il ne prétend d'ailleurs pas le faire.

Deux éléments, et il serait injuste de les ignorer.
Le premier est l'éditeur sans restrictions. Les joueurs de bac à sable savent que la liberté totale de terraformation a une valeur en soi, et beaucoup de jeux de parc frustrent précisément par leurs grilles et leurs contraintes. Si l'outil est vraiment souple, il trouvera son public.
Le second est le contrôle direct des créatures. Passer du point de vue du gestionnaire à celui du tyrannosaure est une bascule que les grands du genre ne proposent pas, et c'est le seul argument réellement distinctif de la fiche. Cela dit, on a vu beaucoup de jeux annoncer ce type de fonctionnalité sans lui donner de raison d'exister au-delà de la curiosité des dix premières minutes.
Le jeu sort aujourd'hui et ne compte aucun avis utilisateur, ce qui explique l'absence de note. Il est proposé en anglais uniquement.
La vraie inconnue est la profondeur de la simulation écologique. Un jeu qui mise tout sur la symbiose entre espèces doit modéliser sérieusement les besoins, les chaînes alimentaires et les conséquences d'un déséquilibre, sans quoi il ne reste qu'un zoo décoratif où l'on pose de jolis modèles. Sur ce point, la fiche ne dit rien, et c'est justement ce qu'il faudrait savoir.
En attendant, si vous cherchez la sensation de votre enfance, elle est ailleurs. Si vous cherchez à contempler des dinosaures dans une île que vous avez sculptée, il y a peut-être quelque chose ici.
Aucun avis utilisateur n'existe encore, la note ci-dessus est notre appréciation. Elle sanctionne l'absence de toute couche de gestion et une proposition qui tient en quelques lignes, tout en créditant l'éditeur d'île libre et le contrôle direct des créatures, deux arguments réels mais insuffisants.

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