On l'attendait avec une impatience un peu déraisonnable, de celles qui vous font peur, parce qu'une attente trop forte finit souvent en déception. Dive or Die: Children of Rain trônait en haut de notre liste depuis sa démo, et on a lancé la version finale la boule au ventre, prêt à voir le rêve s'effondrer. Bonne nouvelle, et vraie surprise : ce n'est pas une déception. C'est même exactement la pépite tendue, atmosphérique et angoissante qu'on espérait, celle qui vous garde en apnée bien plus longtemps que votre plongeur.

Le contexte
Dive or Die: Children of Rain est un roguelite atmosphérique développé par Drop Rate Studio et édité par Dear Villagers, disponible depuis le 21 juillet 2026 sur PC via Steam et l'Epic Games Store. Le pitch installe d'emblée une tension glaçante : depuis des années, une Pluie Noire a noyé le monde et décimé l'humanité. Le Faiseur de Pluie, une divinité eldritch, laisse aux survivants un ultime choix : récupérer ses idoles sacrées cachées au fond de l'Abysse en moins de quarante jours, ou disparaître dans le Déluge final. Le compte à rebours est lancé, et chaque plongée est un pari mortel. Le jeu a d'ailleurs conquis sa démo, avec plus de 90% d'avis positifs, et l'engouement n'était pas volé.
Le gameplay : la plongée, ce vertige
Le coeur du jeu, sa vraie raison d'exister, c'est la plongée dans l'Abysse, et c'est une réussite. À chaque descente, on s'enfonce toujours plus profond pour glaner des ressources, en luttant contre des menaces sous-marines et, surtout, contre la gestion implacable de son oxygène. Cette jauge d'air est le métronome de toute la tension : chaque seconde passée à explorer, à ramasser, à fuir, c'est de l'oxygène qui s'épuise, et le dilemme permanent entre pousser un peu plus loin ou remonter tant qu'il est encore temps crée une angoisse d'une efficacité redoutable. On avance en retenant son souffle, littéralement, et cette mécanique simple transforme chaque plongée en petit thriller.
Ce qui élève l'ensemble, c'est l'atmosphère, tissée par des visuels superbes, une musique oppressante et une obscurité qui travaille l'imagination autant que la peur. L'Abysse est un lieu qu'on redoute et qu'on veut pourtant explorer, peuplé d'horreurs eldritch qui rappellent que le fond n'est pas fait pour les humains. La boucle roguelite fait le reste : on plonge, on récupère, on améliore son équipement, on recrute et parfois on sacrifie, et on replonge, chaque run un peu mieux armé mais jamais vraiment en sécurité. Cette tension entre la progression et le danger constant est le moteur addictif du jeu, et il tourne à merveille.

Deux facettes, une réserve honnête
Il faut être juste, car le jeu ne se limite pas à ses plongées. En surface, une seconde couche de gestion vous demande de vous occuper de votre camp, de vos survivants et de vos ressources, entre deux expéditions dans les profondeurs. Cette dualité donne du rythme et un enjeu à chaque plongée, puisque ce qu'on ramène sert directement à faire tenir sa petite communauté face au compte à rebours du Déluge. C'est une structure bien pensée, où l'abysse nourrit la surface et où la surface justifie l'abysse, et elle donne au jeu une vraie colonne vertébrale narrative et stratégique.
C'est aussi là que se niche notre seule vraie réserve. La partie plongée est de loin la plus grisante, la plus originale, celle pour laquelle on lance le jeu, tandis que la gestion de surface, bien que solide, génère un stress plus administratif, moins exaltant. Certains adoreront cette alternance entre la tension de l'exploration et la réflexion posée du camp ; d'autres trouveront que la surface ralentit un peu le vrai plaisir, celui de retenir son souffle dans le noir. Ce n'est pas un défaut, plutôt un équilibre qui ne conviendra pas à tous les tempéraments, et il faut le savoir avant de plonger. Le jeu demande d'aimer les deux disciplines, pas seulement la plus spectaculaire.

Ce qu'on retient
Dive or Die: Children of Rain fait ce que peu de jeux très attendus réussissent : il tient sa promesse. Sa mécanique de plongée, portée par la gestion de l'oxygène, est un générateur d'angoisse d'une efficacité rare, son atmosphère lovecraftienne est superbe et cohérente, et sa boucle roguelite, nourrie par le compte à rebours du Déluge et la gestion de son camp, vous happe run après run. C'est un jeu tendu, immersif et intelligemment construit, exactement le genre de pépite qu'on espérait, et ses excellents retours confirment qu'on n'était pas seuls à l'attendre. Pour l'amateur de roguelite atmosphérique, c'est une évidence.
Notre seule nuance tient à sa dualité : la surface, plus administrative, ne procure pas le même vertige que les profondeurs, et selon votre goût, cette alternance sera un rythme parfait ou un léger frein au plaisir principal. Mais c'est une réserve mineure au regard de la réussite de l'ensemble. Dive or Die est la preuve qu'un jeu peut porter le poids de l'attente et s'en sortir la tête haute, ou plutôt, ici, magnifiquement immergé. On y replonge sans hésiter, l'oxygène dans le rouge et le sourire aux lèvres.
Verdict
Un roguelite lovecraftien tendu et magnifique, où chaque plongée est un pari d'apnée haletant : le jeu très attendu qui tient sa promesse, malgré une gestion de surface un cran moins exaltante.
Points forts :
- La plongée et la gestion de l'oxygène, un générateur d'angoisse redoutable
- Une atmosphère lovecraftienne superbe, visuels et musique compris
- Une boucle roguelite addictive, portée par le compte à rebours du Déluge
- Une structure maligne où l'abysse et la surface se nourrissent
Points faibles :
- La gestion de surface, solide mais plus administrative que grisante
- Une dualité de rythme qui ne conviendra pas à tous les tempéraments
- La difficulté propre au genre, qui demande de la persévérance
Testé sur PC.