Posons la question qui compte : DOGENSTEIN, c'est juste Doom avec un chien à la place du Doom Slayer, ou y a-t-il plus que ça ? La réponse honnête, c'est que oui, c'est essentiellement du boomer shooter classique déguisé en aventure canine, et non, ça ne réinvente rien. Mais quand la formule est aussi bien exécutée, aussi nerveuse et aussi drôle, on se surprend à ne pas en demander davantage. Parfois, un bon chien qui tire, ça suffit largement.

Le contexte
DOGENSTEIN est un boomer shooter développé par Marc Leclerc, disponible sur PC via Steam avec un support complet de la manette et des options de confort de caméra. C'est un FPS rétro ultra-rapide, hommage assumé à l'âge d'or des jeux de tir des années 90, dans lequel le légendaire chien DOGENSTEIN riposte à travers treize niveaux d'action. Chacun est truffé de gags uniques, de séquences chaotiques, de secrets cachés et de moments mémorables. Le pitch est aussi simple qu'efficace : la vitesse, le fun et un chien qui dégomme du monstre, sans prétention et sans temps mort.
Le coeur du jeu, c'est le plaisir pur du boomer shooter, et DOGENSTEIN le retranscrit avec fidélité. On court vite, on tire sans répit, on esquive dans des niveaux labyrinthiques à la recherche de secrets, dans cette frénésie nerveuse et lisible qui a fait la légende des Doom et Wolfenstein originaux. C'est cette sensation immédiate, ce rythme effréné où l'on n'arrête jamais de bouger, qui fait tout le sel de l'expérience, et le jeu la sert avec un sens du tempo remarquable. Pour quiconque a grandi avec les FPS des années 90, c'est un retour aux sources jouissif.
Ce qui donne à DOGENSTEIN sa personnalité, au-delà du gimmick canin, c'est son sens de l'humour et du level design. Les treize niveaux ne se contentent pas d'enchaîner des couloirs remplis d'ennemis : ils regorgent de gags, de séquences chaotiques scénarisées et de secrets cachés qui récompensent l'exploration et cassent la routine du tir. Cette générosité en petits moments mémorables élève le jeu au-dessus du simple clone : on ne joue pas seulement pour tuer, on joue pour découvrir la prochaine idée absurde ou le prochain clin d'oeil. C'est cet esprit, cette envie de faire sourire autant que de faire tirer, qui répond à la question du départ : oui, il y a un peu plus que Doom avec un chien.

Il faut néanmoins rester lucide sur l'ampleur du jeu. DOGENSTEIN est un boomer shooter compétent et fun, mais il reste fidèle à la formule sans la bousculer, et les puristes du genre y retrouveront des mécaniques familières plutôt qu'une révolution. Treize niveaux, c'est une durée honnête pour ce type de jeu, mais on est sur une expérience taillée pour des sessions nerveuses plus que pour un marathon de dizaines d'heures. C'est un plaisir concentré et efficace, pas un mastodonte du genre, et il faut l'aborder avec cet horizon d'attente.
L'autre réserve tient à la répétitivité inhérente au boomer shooter. Aussi bien rythmé soit-il, le jeu repose sur une boucle de course et de tir qui, sur la longueur, peut lasser si l'on n'est pas déjà conquis par le genre. L'humour et la variété du level design compensent en grande partie, mais DOGENSTEIN reste une proposition ciblée, qui parlera d'abord aux amateurs de FPS rétro et aux nostalgiques des années 90. Pour eux, c'est une friandise ; pour les autres, un plaisir sympathique mais dispensable.
Techniquement, DOGENSTEIN assume son esthétique rétro avec cohérence et efficacité. L'action reste parfaitement lisible même dans le feu de l'action, condition vitale pour un FPS aussi rapide, et le rythme effréné ne souffre d'aucun temps mort. Le support complet de la manette et les options de confort de caméra témoignent d'un soin appréciable porté à l'accessibilité, un détail loin d'être systématique dans le genre. Le jeu tourne au quart de tour, ce qui est l'essentiel pour ce type d'expérience.
Les réserves techniques sont minimes et à l'échelle du projet. On aurait apprécié un peu plus de variété visuelle entre certains niveaux, mais l'ensemble sert efficacement son propos rétro et nerveux, sans trahir son ambition par un défaut technique gênant. Marc Leclerc livre un jeu propre, fluide et pensé pour le plaisir immédiat, à l'image de ce que promet un bon boomer shooter. La fluidité prime, et elle est au rendez-vous.

DOGENSTEIN est un excellent petit boomer shooter, qui répond à sa question de départ avec un sourire : oui, c'est Doom avec un chien, mais un Doom avec un chien bourré d'humour, de secrets et de moments mémorables. Sa fidélité au plaisir nerveux du FPS rétro, son level design généreux en gags et son rythme effréné en font un retour aux sources jouissif, servi par une finition propre et un vrai souci du fun. Pour les amateurs du genre, c'est une friandise à dévorer.
Ses limites sont celles de son ambition assumée : il ne révolutionne pas la formule, sa durée est concentrée, et sa boucle rétro parlera surtout aux passionnés de FPS des années 90. Mais dans son registre, celui du boomer shooter fun et sans prétention, DOGENSTEIN fait exactement ce qu'il promet, et il le fait avec panache et bonne humeur. Un bon chien qui tire vite et fait rire : parfois, il n'en faut pas plus.
Un boomer shooter rétro nerveux et drôle, qui prouve qu'un Doom avec un chien peut être plus qu'un simple gimmick.
Note : 7/10
Test réalisé sur la version PC.