Il y a des jeux qui vous accueillent en douceur, et il y a DragonSword Awakening, qui vous balance à la figure un feu d'artifice de couleurs, d'effets et de combos dès les premières minutes. C'est beau, c'est généreux, c'est spectaculaire, et c'est aussi le genre de jeu où l'on a envie de prévenir gentiment : si vous êtes sensible aux clignotements et aux explosions visuelles à répétition, gardez la télécommande de luminosité à portée de main. Car ici, le spectacle ne connaît pas la retenue, et c'est à la fois sa plus grande force et son petit vertige.

Le contexte
DragonSword Awakening est un RPG en monde ouvert développé sous Unreal Engine 5, disponible sur PC depuis le 23 juillet 2026. Il déploie un univers anime sur le continent d'Orbis, où l'on recrute des compagnons singuliers pour déclencher des affrontements en tag-team truffés d'altérations d'état. Le jeu pousse les QTE et l'action en équipe jusqu'à leurs limites, avec plus de dix-neuf personnages jouables dotés chacun de pouvoirs et d'affinités élémentaires propres. Visuellement, c'est une débauche d'art vif, audacieux et éclatant, avec des environnements naturels qui saignent le bleu et le vert, et des personnages qui affichent une palette de couleurs impressionnante. La promesse est celle du grand spectacle permanent.
Le gameplay : le tag-team à trois, un déluge de combos
Le coeur de DragonSword Awakening, c'est son système de combat en tag-team. On bascule sans couture entre trois personnages en plein affrontement, ce qui décuple le potentiel de combos et transforme chaque bagarre en enchaînement ininterrompu. L'idée est de jongler entre ses combattants pour empiler les altérations d'état, prolonger les chaînes et maintenir la pression, dans un rythme qui ne retombe jamais. Avec dix-neuf personnages aux affinités élémentaires distinctes, les combinaisons sont nombreuses, et le plaisir vient de l'expérimentation : trouver le trio qui synergise, alterner les éléments, faire monter le compteur de coups. C'est un combat pensé pour l'exubérance, et sur ce terrain, il tient sa promesse.
C'est aussi là que l'avertissement prend tout son sens. Chaque enchaînement projette à l'écran une avalanche d'effets lumineux, de particules et d'éclats colorés, au point que l'action peut devenir difficile à lire dans les moments les plus chargés. Le jeu assume cette surenchère visuelle comme une signature, et elle fait partie de son plaisir un peu grisant, mais elle demande une certaine tolérance au clignotement permanent. Le rythme de jeu est satisfaisant, la nervosité au rendez-vous, et le système récompense la maîtrise des bascules et des timings, mais il faut aimer les écrans qui débordent d'informations et de flashs pour s'y sentir pleinement à l'aise.

Ce qui coince
Il faut rester honnête sur les limites. Si le combat brille, l'exploration accuse le coup : le monde est dense, mais la traversée finit par se répéter, et l'on retrouve ce sentiment familier de zones qui se ressemblent une fois l'émerveillement initial dissipé. Le jeu est parfaitement fonctionnel, joliment ficelé, mais plusieurs voix pointent qu'il lui manque ce petit supplément d'âme qui le distinguerait vraiment de la concurrence. On avance dans un univers superbe sans forcément se souvenir de ce qui le rendait unique, et c'est peut-être là son principal défaut : impressionner sans marquer durablement.
L'autre réserve rejoint l'avertissement du début. Cette débauche d'effets, si elle ravit l'amateur de spectacle, peut vite fatiguer, voire rebuter le joueur cherchant de la lisibilité et de la sobriété. Ce n'est pas un défaut technique à proprement parler, c'est un parti pris esthétique poussé loin, et il divisera forcément. Certains y verront une générosité visuelle jouissive, d'autres un trop-plein épuisant sur la durée. Il faut savoir dans quoi on met les pieds : DragonSword Awakening ne fait pas dans la demi-mesure, et son exubérance est autant sa carte d'identité que sa limite.

Ce qu'on retient
DragonSword Awakening est un RPG d'action généreux et spectaculaire, qui mise tout sur son combat en tag-team et sa débauche visuelle pour emporter le morceau. Le système de bascule entre trois personnages, l'empilage de combos et d'altérations d'état, la richesse des dix-neuf combattants aux affinités élémentaires : sur le terrain de l'exubérance et du plaisir immédiat, il assume pleinement son ambition. C'est beau, c'est nerveux, c'est jouissif par instants, et pour peu qu'on aime le grand spectacle anime sans retenue, il y a de quoi se régaler manette en main.
Il faut simplement composer avec ses limites et son parti pris. L'exploration se répète, le jeu manque de ce grain de folie qui le rendrait inoubliable, et son déluge d'effets visuels, aussi impressionnant soit-il, demande une vraie tolérance aux flashs et aux clignotements permanents. C'est un titre qui en met plein la vue mais ne bouleverse pas le genre, à aborder pour son combat pêchu et sa générosité plastique plus que pour sa profondeur. Magnifique, oui, à condition de ne pas être épileptique et d'aimer qu'un jeu ne baisse jamais le volume.
Verdict
Un RPG en monde ouvert anime au combat tag-team pêchu et à la débauche visuelle assumée : magnifique et généreux, mais répétitif dans l'exploration et parfois illisible sous son déluge d'effets.
Points forts :
- Un combat en tag-team à trois nerveux et grisant
- Dix-neuf personnages aux affinités élémentaires variées
- Une direction artistique éclatante et généreuse
- Un rythme de jeu satisfaisant qui ne retombe jamais
Points faibles :
- Une exploration qui se répète une fois l'émerveillement passé
- Un manque d'identité forte face à la concurrence
- Un déluge d'effets visuels fatigant, à déconseiller aux sensibles aux flashs
Testé sur PC.