
Akatori : je suis tombe amoureux d'un decor avant meme de comprendre le jeu
Un metroidvania 2.5D ou des sprites pixel evoluent dans des decors peints a la main. La direction artistique m'a cueilli, le baton m'a garde.

Un Stardew Valley en pixel art pastel qui pousse la mignonnerie jusqu'a l'indecence. Je pensais y etre immunise. Il m'a eu des le premier printemps.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
9/10
Verdict
Indispensable
Il est 9h50 un vendredi de printemps, jour 12. J'ai deux rangs de navets qui pointent, une vache et une espèce de vachette rose bonbon qui broutent devant la maison, des poules qui gambadent, et je viens de me rendre compte qu'il est en réalité 1h du matin dans mon salon. Encore une fois. Voilà l'effet Fields of Mistria sur moi, et je pensais pourtant y être vacciné.

Ça fait deux ans que ce jeu traîne dans ma bibliothèque, en accès anticipé depuis août 2024, et j'y suis retourné à chaque grosse mise à jour comme on rend visite à un vieux pote. Aujourd'hui il passe enfin en 1.0, et NPC Studio peut souffler : leur pari est gagné. Ce n'est pas juste un énième clone de Stardew Valley posé là pour ramasser la mise du cozy. C'en est un des meilleurs.
Première chose qui saute aux yeux : la direction artistique est d'une douceur presque indécente. Pixel art pastel, arbres en fleurs roses, animations rondes, palette de bonbon anglais. C'est le genre de jeu qui vous fait dire "oh non c'est trop chou" à voix haute, tout seul, devant votre écran. Et derrière cette façade toute sucrée, il y a une vraie générosité mécanique : on cultive, on pêche, on élève, on mine, on drague la moitié du village, on remonte une ville entière. Rien de neuf sous le soleil du genre, mais tout est exécuté avec un soin qui force le respect.
Le petit détail qui m'a fait sourire dès le départ : l'épée dans le premier slot de la barre d'outils. Parce que Fields of Mistria ne se contente pas de faire pousser des navets. Il y a des donjons, des ennemis, un vrai versant action et une couche de magie qui vient épicer la routine fermière. On alterne les journées tranquilles au potager et les descentes dans les mines, et cette respiration entre le calme et le combat évite l'écueil du cozy trop mou où l'on finit par s'endormir.
Deux ans d'accès anticipé, ça laisse le temps de fignoler. Et ça se sent. Le jeu est stable, riche, plein de personnages écrits avec assez de personnalité pour qu'on ait vraiment envie de leur offrir des cadeaux tous les matins. La boucle du "encore un jour" fonctionne à plein régime, cette petite mécanique perverse qui vous fait enchaîner les journées jusqu'à ce que le soleil se lève pour de vrai chez vous. Sur ce terrain-là, Mistria joue dans la cour des grands.
Est-ce qu'il réinvente le genre ? Non, et il ne le prétend pas. Si vous détestez viscéralement les jeux de ferme, celui-ci ne vous convertira pas. Sa proposition, c'est le confort absolu, la routine douce, la collectionnite tranquille, servis avec un raffinement rare. Ceux qui cherchent du frisson ou de la nouveauté radicale passeront leur chemin. Les autres, ceux qui savent le plaisir coupable d'arroser des cultures à 1h du matin, tiennent là une nouvelle valeur sûre. Moi, j'ai déjà rechargé une partie. Le jour 13 m'attend.
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