
Fire State : une prouesse technique bluffante coincée dans un jeu encore à l'état d'ébauche
Le premier shooter à environnements 3DGS jouables et une vue bodycam saisissante. La techno impressionne, mais le jeu autour reste un chantier.

Un énième sim de hacking ? Pas tout à fait. Avec son passage en 1.0, HackHub ajoute le modding et un vrai multijoueur qui le distinguent enfin de la masse.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
7.5/10
Verdict
Recommandé
Posons la question qui fâche d'entrée : a-t-on vraiment besoin d'un simulateur de hacking de plus ? Le genre est encombré de clones qui vous font pianoter sur des terminaux verts en vous prenant pour Mr. Robot. HackHub débarque dans ce paysage saturé, et pour une fois, il a une vraie réponse à donner. Sa valeur ajoutée ne tient pas à sa fiction de rebelle numérique, plutôt classique, mais à ce qu'il construit autour du joueur : une communauté, du modding et un vrai multijoueur.

HackHub - Ultimate Hacker Simulator est développé par CrazyBear Interactive, épaulé par Bunny Dev et HotBunny, disponible sur PC via Steam sur Windows et Mac, et traduit dans une trentaine de langues dont le français. On y incarne un hacker chevronné qui perce les secrets cyber et déjoue la surveillance de masse pour s'imposer comme l'ultime rebelle numérique. Le jeu vient de quitter son Accès Anticipé pour une version 1.0, avec deux ajouts majeurs qui changent tout : le modding et un véritable système multijoueur. L'accueil est solide, avec 89 pour cent d'avis positifs.
Le coeur du jeu reprend les fondamentaux du sim de hacking, et il les exécute correctement. On explore des systèmes, on déjoue des protections, on progresse dans une fiction de contre-pouvoir face à la surveillance de masse, avec cette satisfaction propre au genre : celle de se sentir un cran plus malin que la machine qu'on infiltre. La montée en compétence, les outils qu'on débloque et la sensation de puissance croissante face à des cibles de plus en plus retorses composent une boucle familière mais efficace, qui remplit son contrat pour quiconque a toujours rêvé de jouer au pirate depuis son canapé.
Mais la vraie réponse à la question "qu'est-ce que celui-là apporte ?" se trouve ailleurs, dans ce que le passage en 1.0 ajoute. Le modding ouvre la porte à une durée de vie prolongée par la communauté, qui pourra créer ses propres scénarios, outils et défis, transformant un jeu solo fini en plateforme évolutive. C'est exactement ce qui manque à la plupart des sims de hacking, condamnés à être bouclés une fois la campagne terminée. HackHub, lui, mise sur la créativité de ses joueurs pour se renouveler, et c'est une orientation intelligente qui le distingue franchement de ses concurrents.

Le multijoueur est l'autre argument massue, et il change la nature même de l'expérience. Là où le sim de hacking est traditionnellement une aventure solitaire, HackHub propose de vivre ces infiltrations à plusieurs, ce qui ouvre des possibilités de coopération et de confrontation inédites dans le genre. C'est ce genre d'ambition, coller au fantasme du collectif de hackers plutôt qu'au loup solitaire, qui donne au jeu une identité propre et une raison d'exister au-delà du énième clone. L'orientation communautaire, revendiquée dès la conception, irrigue toute la proposition.
Les limites du jeu tiennent à ses fondations, plus classiques que sa surcouche communautaire. La fiction de rebelle numérique reste convenue, et le coeur du gameplay de hacking, s'il est compétent, ne réinvente pas les mécaniques du genre. Un joueur venu chercher une révolution dans la simulation de piratage elle-même trouvera surtout une bonne exécution des recettes connues. La richesse du jeu dépendra aussi largement de la vitalité de sa communauté de moddeurs et de la santé de son multijoueur, deux paris sur l'avenir plus que des acquis figés.
Techniquement, HackHub soigne son ambiance de terminal et d'interface, essentielle à l'immersion dans le fantasme du hacker. La lisibilité des systèmes qu'on infiltre et des outils qu'on manipule est correcte, condition indispensable pour un jeu qui repose entièrement sur la manipulation d'informations à l'écran. La disponibilité sur Windows et Mac et la traduction en une trentaine de langues témoignent d'un soin porté à l'accessibilité, cohérent avec l'ambition communautaire du titre.
Les réserves techniques sont celles d'un jeu qui vient tout juste d'intégrer des fonctionnalités majeures. Le modding et le multijoueur, fraîchement ajoutés en 1.0, demanderont sans doute des ajustements et un suivi pour atteindre leur plein potentiel, et leur solidité au lancement conditionnera largement la valeur à long terme du jeu. Mais l'ensemble tourne correctement et sert efficacement son ambition, sans trahir sa proposition par des défauts techniques rédhibitoires. Les 89 pour cent d'avis positifs saluent un travail sérieux.

HackHub répond à la lassitude du genre non pas en réinventant le hacking, mais en construisant autour de lui ce qui manque à ses concurrents : une communauté, du modding et un vrai multijoueur. Son coeur de gameplay reste classique mais compétent, et c'est sa surcouche, arrivée avec le passage en 1.0, qui lui donne une identité et une durée de vie potentielle bien supérieures à la moyenne des sims de hacking. À la question "qu'est-ce que celui-là apporte ?", la réponse est claire : de la pérennité et du collectif.
Ses limites tiennent à sa fiction convenue et à un coeur de jeu qui ne bouscule pas les codes, ainsi qu'à la dépendance de sa richesse future à la vitalité de sa communauté. Mais dans un genre saturé de clones sans lendemain, HackHub fait le pari intelligent de miser sur ses joueurs, et c'est ce qui le rend recommandable. Si vous cherchez un sim de hacking pensé pour durer et se jouer à plusieurs, celui-là mérite enfin qu'on s'y arrête.
Un simulateur de hacking classique dans son coeur, mais malin dans sa stratégie : le modding et le multijoueur lui donnent enfin une vraie raison d'exister.
Note : 7.5/10
Test réalisé sur la version PC.
Communauté
Votre note
Publicité
Aucun commentaire pour le moment. Sois le premier.
Lire aussi

Le premier shooter à environnements 3DGS jouables et une vue bodycam saisissante. La techno impressionne, mais le jeu autour reste un chantier.

Bâtir un repaire pirate à la verticale sur une île de rêve. Corsair Cove est un régal pour les yeux et un bon gestionnaire, malgré des combats navals trop simples.

Un RTS de survie où chaque archétype de sorcier change tout, entre sorts, potions et vagues sans fin. Malin et rejouable, malgré une présentation modeste.