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Halloween: The Game : IllFonic tenait enfin son sujet, et Haddonfield méritait mieux que ce lancement
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Note7/10

Halloween: The Game : IllFonic tenait enfin son sujet, et Haddonfield méritait mieux que ce lancement

Michael Myers rôde, la ville appelle la police et se défend. L'idée est la meilleure du studio depuis dix ans, la version livrée est trop juste.

A

Alexandrosse

·11 min de lecture

Note InsertCoins.press

7/10

Verdict

Recommandé

IllFonic a un passé compliqué avec les jeux d'horreur asymétriques. Friday the 13th, Predator: Hunting Grounds, The Texas Chain Saw Massacre, Killer Klowns from Outer Space : beaucoup de licences prestigieuses, et une réputation de jeux qu'on adore six semaines avant de les désinstaller.

Alors quand un joueur écrit sur la page Steam que celui-ci est la rédemption du studio, il faut regarder de près ce qui a changé. La réponse est simple : cette fois, la ville joue aussi.

Halloween: The Game, Haddonfield la nuit

Ce qui n'existait pas avant

Nous sommes le soir d'Halloween 1978, à Haddonfield, et les familles préparent la fête.

Dans un jeu asymétrique classique, le décor est un terrain avec des générateurs à réparer. Ici, il est habité. Les habitants réagissent : effrayés, ils appellent les autorités, et menacés, ils se défendent.

Ça change tout pour le tueur. Michael n'est pas un chasseur lâché dans un enclos, c'est une présence qui doit rester invisible, parce que se faire repérer déclenche une chaîne de conséquences qui va jusqu'à la police. On joue les ombres, la patience, la position, plutôt que la course.

Et du côté des quatre héros de Haddonfield, l'objectif n'est pas seulement de survivre mais de prévenir les gens et de les faire sortir, en s'armant de ce qui traîne dans les maisons. La quantité d'objets manipulables du décor est citée par plusieurs joueurs comme un vrai point fort.

Il y a aussi, et c'est rare dans le genre, un mode solo scénarisé, qui rejoue la nuit où il est revenu à travers les yeux de Michael. Pour un studio dont les jeux précédents mouraient avec leurs serveurs, avoir quelque chose à jouer seul n'est pas un détail.

Ce qui marche vraiment

L'ambiance, unanimement.

Les joueurs les plus critiques eux-mêmes reconnaissent que le jeu comprend ce qui rend Michael Myers inquiétant : la lenteur, la fixité, l'obsession. Ce n'est pas un croquemitaine qui court, c'est une chose qui vous a choisi et qui ne s'arrêtera pas.

Les exécutions sont soignées, les cartes sont belles, et l'ensemble sent le respect du film de 1978 plutôt que le produit dérivé.

Un joueur avec quarante-cinq heures au compteur résume en trois mots : mieux que Friday the 13th. Venant de ce studio, c'est un compliment lourd de sens.

Halloween: The Game, Michael Myers dans une maison

Ce qui ne va pas aujourd'hui

Il faut donner les chiffres, parce qu'ils sont éloquents : 4 124 avis positifs sur 5 668, soit une réception plutôt positive mais loin de l'enthousiasme, avec des reproches très convergents.

L'optimisation est le grief numéro un. Des joueurs rapportent ne pas tenir soixante images par seconde au réglage le plus bas, sur des configurations correctes. Le jeu réclame déjà Windows 11 et seize gigaoctets de mémoire.

Il n'y a pas de tutoriel côté survivants. Plusieurs joueurs, y compris des joueurs favorables, disent avoir dû enchaîner plusieurs parties avant de comprendre ce qu'on attendait d'eux. Dans un jeu à quatre contre un, arriver sans savoir jouer, c'est ruiner la partie de trois autres personnes.

Les défis du mode solo sont cassés. C'est le reproche le plus fréquent après la technique, et il s'accompagne d'une remarque intéressante : les personnages non joueurs entendent parfois à travers tout, ce qui rend certains objectifs de discrétion impossibles.

Et il y a déjà des tricheurs, signalés dès les premières heures dans le multijoueur.

Un joueur japonais, vétéran de Dead by Daylight et de Texas Chain Saw, ajoute un reproche d'équilibrage : côté tueur, il trouve Michael trop faible pour la menace qu'il représente à l'écran.

Halloween: The Game, les habitants de Haddonfield

Le vrai risque, et il n'est pas technique

Les bugs se corrigent. Ce qui tue les jeux asymétriques, c'est autre chose : la boucle.

Plusieurs avis positifs, y compris ceux de joueurs à trente ou quarante heures, contiennent la même réserve prudente : la boucle multijoueur risque de lasser. C'est le mal chronique du genre, et aucun studio n'a jamais vraiment su le soigner, IllFonic moins que d'autres.

Le mode solo est donc plus important qu'il n'en a l'air. C'est la seule partie du jeu qui gardera de la valeur le jour où les serveurs se videront, et c'est précisément celle dont les défis sont défaillants aujourd'hui.

Alors, ce soir ou dans un mois

À 40,99 euros, la question est légitime.

Si vous avez déjà une équipe de quatre et que vous voulez la meilleure ambiance Halloween disponible en jeu vidéo, elle est là, et les bugs ne vous empêcheront pas de passer de bonnes soirées.

Si vous jouez seul, avec des inconnus, sur une machine moyenne, attendez le premier correctif sérieux. Vous tomberiez sur des coéquipiers qui découvrent les règles, dans un jeu qui ne les leur explique pas, sur une version qui rame.

Ce qui est frappant, c'est que pour une fois le problème n'est pas l'idée. Faire d'une petite ville américaine un personnage à part entière, c'était la bonne réponse au genre. Il aurait fallu quelques semaines de plus pour la livrer proprement.

Halloween: The Game, la traque

Vous jouez Michael ou vous fuyez ? Le Discord d'InsertCoins accueille les deux camps, séparément de préférence.

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