Depuis que Vampire Survivors a fait exploser le genre, on croule sous les auto-shooters. Chaque semaine amène sa nuée d'ennemis à faucher automatiquement, ses montées de niveau aléatoires et ses builds qui déraillent, au point qu'on entre dans chacun en connaissant déjà la rengaine. Hand of Fate: Hordes arrive dans cette marée saturée, et on se demandait ce qu'il pourrait bien apporter de neuf. La réponse tient dans son héritage : et si, au lieu de subir des choix aléatoires, on forgeait son build avec un deck de cartes ?

Le contexte
Hand of Fate: Hordes est un auto-shooter bullet-heaven de dark-fantasy développé par Defiant Development et Spitfire Interactive, disponible depuis le 22 juillet 2026 sur PC. C'est un rejeton de la série Hand of Fate, connue pour son mariage unique entre action et deckbuilding, et il en reprend l'ADN pour l'appliquer au genre à la mode. On y survit à des hordes, on forge son build et on déchaîne des attaques dévastatrices pour s'échapper d'un outre-monde tapi au-delà de la treizième porte. Le tout est propulsé par une maîtrise du deckbuilding stratégique, et c'est précisément cet héritage qui distingue le jeu de la masse de ses concurrents.
Ce qu'il apporte : le deck comme colonne vertébrale
Le vrai apport de Hand of Fate: Hordes, celui qui répond à la question du genre, c'est de remplacer une bonne partie du hasard par de la stratégie. Dans un Vampire Survivors classique, on subit des montées de niveau où l'on pioche parmi des options aléatoires, et le build se dessine largement au gré de la chance. Ici, la maîtrise du deckbuilding devient le moteur de la puissance : on construit et on optimise son deck en amont, on prépare ses synergies, on planifie sa montée en force plutôt que de la découvrir passivement. Cette couche de préparation stratégique, héritée directement de la série Hand of Fate, apporte au bullet-heaven une dimension de réflexion et de contrôle qui lui fait cruellement défaut ailleurs.
Cette greffe change la nature même de l'expérience. Là où la plupart des auto-shooters se jouent dans l'instant, à réagir au chaos qui grossit, Hand of Fate: Hordes récompense la planification et la construction, exactement comme un deckbuilder. On ne se contente pas de survivre à la horde, on assemble méthodiquement la machine qui la broiera, et cette maîtrise en amont donne une satisfaction plus cérébrale, plus proche du plaisir du théorycrafting. Pour l'amateur du genre lassé de tout confier à la chance, c'est un vent de fraîcheur bienvenu, et pour les nostalgiques de Hand of Fate, c'est un plaisir de retrouver cet ADN si particulier dans un habillage inattendu.

Ce qui coince
Il faut néanmoins rester critique, car aussi maligne soit-elle, cette idée ne gomme pas tous les défauts du genre. Le bullet-heaven reste le bullet-heaven, avec sa boucle de survie et de montée en puissance qui, malgré la couche de deckbuilding, conserve une part de répétitivité inhérente. Une fois les meilleures combinaisons de cartes identifiées, le risque est de retomber dans le schéma du build optimal qu'on rejoue en boucle, exactement comme dans les autres jeux du genre. La stratégie du deck renouvelle l'intérêt, mais elle ne l'immunise pas totalement contre l'usure propre à l'auto-shooter.
Il y a aussi la question, décisive, de la profondeur réelle de ce système de cartes. Tout l'intérêt du jeu repose sur la richesse de son deckbuilding, sur la variété des cartes, des synergies et des builds possibles, et c'est cette densité qui déterminera s'il tient sur des dizaines d'heures ou s'épuise vite. Un deckbuilding trop maigre réduirait l'apport à un simple gadget, tandis qu'un deckbuilding riche en ferait un vrai renouvellement du genre. C'est sur ce fil que le jeu se joue, et sa réussite sur la durée dépendra entièrement de la générosité et de l'équilibre de son arsenal de cartes.

Ce qu'on retient
Hand of Fate: Hordes fait ce qu'il faut pour ne pas se noyer dans la marée des auto-shooters : il apporte une vraie idée. En greffant le deckbuilding stratégique de la série Hand of Fate sur la formule du bullet-heaven, il remplace une bonne part du hasard par de la préparation et du contrôle, offrant au genre une dimension cérébrale qui lui manque presque partout ailleurs. Pour l'amateur lassé de tout confier à la chance, et pour le fan de Hand of Fate ravi de retrouver cet ADN, c'est une proposition maligne et rafraîchissante qui se distingue nettement de ses concurrents. Le concept, à lui seul, justifie qu'on s'y intéresse.
Il faut simplement garder la tête froide sur ses limites. Le deckbuilding renouvelle l'intérêt sans immuniser totalement le jeu contre la répétitivité propre au genre, et toute sa valeur sur la durée dépendra de la richesse réelle de son système de cartes. Si l'arsenal est généreux et bien équilibré, on tient un des auto-shooters les plus intelligents du marché ; s'il est trop maigre, l'idée retombera au rang de gadget. En l'état, c'est un excellent point de départ et une des variations les plus pertinentes qu'on ait vues sur la formule Vampire Survivors. À surveiller, mais déjà recommandable.
Verdict
Un auto-shooter qui greffe le deckbuilding stratégique de Hand of Fate sur la formule bullet-heaven, et remplace le hasard par de la préparation : l'idée qui le distingue vraiment d'un genre saturé.
Points forts :
- Le deckbuilding qui forge le build par la stratégie plutôt que le hasard
- Une dimension cérébrale et de planification rare dans le genre
- L'ADN unique de Hand of Fate appliqué au bullet-heaven
- Un vrai vent de fraîcheur pour l'amateur lassé des auto-shooters aléatoires
Points faibles :
- La répétitivité inhérente au genre que le deck n'efface pas totalement
- Le risque du build optimal qu'on rejoue en boucle
- Une valeur sur la durée suspendue à la richesse réelle du deckbuilding
Testé sur PC.