
Agefield High : un lycée des années 2000 plus sympa que le vrai, et une fiche Steam d'une honnêteté rare
Une comédie potache début 2000 dans une petite ville faite main. Le studio dit franchement à qui le jeu ne s'adresse pas.

Un ex-détenu fusionné à un vaisseau, une jauge de santé mentale à surveiller autant que la coque. Sorti depuis un an, et injustement discret.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
7/10
Verdict
Recommandé
Nous l'avions déjà écrit dans notre test de Rogue Eclipse : à force de voir des développeurs modestes livrer de bons jeux de combat spatial, l'attente interminable devient difficile à justifier. Hell Galaxy est une nouvelle pièce à ce dossier, et il permet de mettre à jour un chiffre.
Parce qu'entre-temps, le seuil a été franchi.

Le 24 mai 2026, le financement participatif de Star Citizen a officiellement dépassé le milliard de dollars, atteignant environ 1 004 122 732 dollars apportés par 6,54 millions de personnes. Notre test de Rogue Eclipse parlait d'un montant très au-delà du demi-milliard, ce qui était exact à l'époque mais désormais nettement en dessous de la réalité.
Un détail donne le vertige : il a fallu plus de dix ans pour atteindre 900 millions, et seulement six mois pour ajouter les cent derniers. Le jeu complet, lui, n'est toujours pas sorti après quatorze ans.
Nous n'irons pas plus loin dans le jugement, et nous ne qualifierons pas le projet, parce que c'est une affaire de tribunaux et pas de test. Mais on peut comprendre la lassitude, et on peut la formuler poliment : quand un studio disposant d'un milliard de dollars ne livre toujours pas, les jeux qui sortent, eux, méritent qu'on les regarde.
Signalons d'abord ce que vous ne saviez peut-être pas : le jeu n'est pas neuf. Il est disponible en accès anticipé depuis le 31 juillet 2025, développé et édité par le studio italien Italian Games Factory, et son accueil est plutôt bon avec 76 % d'avis positifs sur quatre-vingts retours. C'est le genre de titre qui passe sous les radars faute de budget marketing, ce qui est précisément le problème.
Son idée de départ est excellente et n'a rien à voir avec l'ambition d'univers persistant de son voisin encombrant. Vous êtes un raider, un ancien détenu accusé de meurtre, dépouillé de son corps humain et dont la conscience a été fusionnée dans la coque d'un bio-vaisseau. Vous ne pilotez pas un appareil, vous êtes l'appareil. La chair est un souvenir, et ce qu'il reste de vous vit dans le fuselage, les modules et les canons que vous vous boulonnez dessus. Il n'y a pas de retour possible vers l'humain, seulement une fuite en avant vers quelque chose de plus létal.
Cette fiction irrigue directement la mécanique, et c'est là que le jeu devient malin. Chaque affrontement se joue sur deux fronts : votre coque peut être déchirée, mais votre esprit aussi. Les créatures spectrales de la galaxie de Neterun menacent votre santé mentale autant que votre blindage, et vous devez basculer en vol entre des états équilibré, agressif et défensif pour vous adapter. La vraie question posée à chaque combat n'est donc pas seulement comment survivre, mais quelle partie de vous vous acceptez de risquer : le vaisseau qui vous maintient en vie, ou l'esprit qui fait encore de vous quelqu'un.
Le reste suit : personnalisation complète à partir du cockpit, modules à installer, ressources à récolter, ruines anciennes à fouiller, raiders rivaux à croiser, et un univers de weird fiction transhumaniste plutôt bien tenu.

Le jeu reste en accès anticipé, ce qui explique qu'on ne lui mette pas de note ici, et son accueil, sans être triomphal, est solide pour une production de cette taille. Bonne nouvelle, il est disponible en français.
Les réserves sont celles du format. Un shooter spatial solo bâti sur la personnalisation et l'exploration doit prouver qu'il a assez de contenu pour tenir sur la durée, et l'échantillon d'avis reste modeste. La mécanique de santé mentale, en particulier, ne vaudra que si elle impose de vrais arbitrages plutôt qu'une seconde barre à surveiller.
Mais l'essentiel est ailleurs, et rejoint votre agacement. Ce jeu existe, il se joue, il coûte le prix d'un jeu indépendant, et il propose une idée que personne d'autre n'a eue. C'est peut-être ça, finalement, la réponse à quatorze ans d'attente : ne pas attendre.
Après un an de version publique, l'accueil se stabilise à 76 % d'avis positifs sur quatre-vingts retours, soit un Plutôt positif honnête. C'est le score d'un bon jeu de niche qui n'a pas encore convaincu au-delà de son public naturel.

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