
Amata : deux ans d'accès anticipé pour un action-RPG 2D qui mise tout sur la fluidité
Une lame mémétique, des parades, des artefacts et une téléportation libre entre tous les points connus. La 1.0 arrive après deux ans jour pour jour.

Fouiller une décharge à son rythme, réparer des cartes abîmées, en échanger de meilleures. Une ambiance réussie, et un choix artistique discutable.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
6.5/10
Verdict
Mitigé
Le titre complet occupe une ligne entière et raconte déjà tout : la soeur du personnage a trouvé une carte ultra rare dans une boîte de céréales, alors il devient éboueur pour reconstituer la collection entière et gagner un million de dollars.
C'est absurde, c'est assumé, et c'est une excellente prémisse de jeu.

Le studio décrit son jeu comme détendu, et il tient parole : personne ne vous presse, personne ne surveille vos gestes, personne ne critique vos décisions.
On peut fouiller méditativement les ordures à la recherche de choses intéressantes, ou simplement courir partout avec un sac-poubelle. La formule employée résume bien la philosophie : votre décharge, vos règles.
C'est ce qui fait fonctionner l'idée. Le geste de fouiller un tas est en soi satisfaisant, la promesse d'une trouvaille entretient l'attention, et l'absence de chronomètre transforme une activité qui devrait être ingrate en occupation apaisante.
La collection. Des dizaines de cartes uniques aux illustrations dessinées à la main. On assemble des séries de différentes couleurs pour obtenir des récompenses, et avec de la chance on tombe sur une boîte de céréales encore fermée contenant une carte holographique ultra rare.
L'état des cartes. C'est la bonne trouvaille du jeu. Une décharge n'est pas un endroit où conserver des cartes : on en trouve souvent des froissées, abîmées, voire déchirées en morceaux. On peut les réparer ou les échanger contre de meilleures, et plus l'état est bon, plus la carte vaut cher.
Ce système transforme chaque trouvaille en petit problème : garder, réparer, ou échanger. C'est ce qui empêche la collection de se résumer à cocher une liste.
Les trésors cachés. Au-delà des cartes, la décharge recèle d'autres choses à dénicher, ce qui donne une raison de fouiller là où aucune carte ne se trouve.

Il faut en parler, parce que c'est ce qui saute aux yeux et que ça dessert le jeu.
Une partie des illustrations de cartes verse dans la caricature anatomique, avec des proportions poussées à un point qui relève moins du style que du réflexe. On peut dessiner des personnages généreux sans viser des volumes qui, appliqués à un être humain, promettraient une scoliose sévère et des douleurs chroniques à vie. Qu'on pense un peu au dos de la dame.
Le regret n'est pas moral, il est stratégique. Ce jeu a une idée forte et une ambiance qui fonctionne, et il aurait marché aussi bien, sinon mieux, avec des créatures brillantes à collectionner. Il existe une franchise de cartes qui prospère depuis trente ans sur ce principe exact, et personne n'a jamais eu besoin d'y ajouter autre chose.
En l'état, ce choix réduit mécaniquement le public d'un jeu qui aurait pu plaire à tout le monde, y compris aux enfants qui sont précisément ceux qui collectionnent des cartes trouvées dans des céréales.
Elle est simple et elle décidera de la note finale sur la durée : est-ce que ramasser des ordures pendant trois heures reste amusant ?
La boucle est fondée sur la répétition d'un geste peu varié, avec une récompense aléatoire. C'est un modèle qui accroche très vite et qui lasse d'un coup, sans transition. Tout dépendra de la générosité du catalogue et du rythme auquel les nouvelles cartes apparaissent.
Le jeu sort aujourd'hui, développé par KotaMota Games, sans avis pour l'instant.

Elle récompense une prémisse absurde et parfaitement assumée, une ambiance détendue qui tient sa promesse, et surtout le système d'état des cartes, qui donne une profondeur inattendue à ce qui aurait pu être une simple chasse au trésor.
Elle sanctionne un parti pris graphique qui restreint sans nécessité le public d'un jeu dont le sujet est enfantin, et une boucle de fouille dont la tenue sur la durée reste à démontrer.
L'idée est là. Elle méritait des dessins qui ne se mettent pas en travers.
Vous collectionniez quoi, gamin ? Racontez sur le Discord d'InsertCoins.
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