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Loftia : le MMO douillet qui est effectivement sorti, et ce n'était pas gagné
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Note7/10

Loftia : le MMO douillet qui est effectivement sorti, et ce n'était pas gagné

16 700 personnes avaient financé ce jeu en 2023. Trois ans plus tard, elles y jouent. Dans ce genre-là, c'est presque un exploit.

A

Alexandrosse

·9 min de lecture

Note InsertCoins.press

7/10

Verdict

Recommandé

Le genre du jeu de vie en ligne et douillet a un cimetière, et il est bien rempli.

Des campagnes de financement spectaculaires, des îles flottantes magnifiques dans les bandes-annonces, des studios de six personnes qui découvrent que faire tenir un monde persistant en ligne coûte dix fois ce qu'ils ont levé. Puis le silence, les mises à jour trimestrielles qui deviennent semestrielles, et un jour un billet qui commence par « nous avons une nouvelle difficile à annoncer ».

Loftia a levé plus de 1,27 million de dollars auprès de 16 700 personnes en 2023. Le 3 novembre 2026, il est entré en accès anticipé, avec sept mille joueurs connectés le premier jour.

Ça mérite d'être dit avant tout le reste.

Loftia, une ile flottante

Solarpunk, et pour une fois le mot sert à quelque chose

J'ai tendance à me méfier des étiquettes esthétiques collées sur les jeux de gestion. Celle-ci tient, parce qu'elle décrit une mécanique et pas seulement une palette.

Vous cultivez, oui. Mais vous cultivez en hydroponie, en aquaponie, sur treillis. Vous fabriquez des outils alimentés par des énergies renouvelables que vous devez produire. L'idée de durabilité n'est pas un décor peint sur un jeu de ferme, elle est la contrainte à partir de laquelle les systèmes sont construits.

Ça change deux choses concrètes. D'abord la verticalité : sur une île flottante, l'espace au sol est précieux, donc un treillis n'est pas un ornement, c'est une réponse. Ensuite l'énergie devient une ressource de production au même titre que l'eau, ce qui donne une raison d'investir dans des infrastructures laides avant de pouvoir se permettre des choses jolies.

C'est un jeu de ferme qui vous demande d'être ingénieur avant d'être décorateur, et je trouve ça plus intéressant que l'inverse.

La structure, qui est le vrai sujet

Chaque joueur construit son île. Les îles se relient en quartiers. Et au-dessus de tout ça, il y a des Projets de Monde : des chantiers communs qui débloquent de nouvelles ressources et de nouvelles îles pour tout le monde.

C'est là que le jeu se distingue d'un Stardew Valley en ligne, et c'est aussi là qu'il prend son risque.

Un objectif collectif suppose une population. Sur un serveur plein, les Projets de Monde avancent, le monde s'ouvre, et votre présence quotidienne sert à quelque chose. Sur un serveur qui se vide, ils deviennent un mur que personne ne franchit, et le jeu se transforme en simulation de ferme solitaire avec des boîtes de dialogue qui parlent de communauté.

Sept mille personnes le jour de l'ouverture, c'est confortable. La question n'est pas là. La question est de savoir ce que ça donne en février, et personne ne peut y répondre aujourd'hui, pas même le studio.

Loftia, la ville

Ce qu'il y a dedans maintenant

Qloud Games est précis sur ce point, ce qui est appréciable et pas si fréquent.

Quatre chapitres d'histoire répartis sur trois régions : Loftia City, les Jardins Suspendus et Gridfall. Des quêtes annexes, les Projets de Monde, des Aventures et des systèmes de fin de parcours.

Les Aventures sont la partie qui m'intéresse le plus, parce qu'elle n'a rien à voir avec le reste. Vous sortez de la ville pour explorer des usines abandonnées, résoudre des énigmes de plateforme et mener des quêtes de groupe à travers différents biomes. Un jeu douillet qui se permet un vrai module d'exploration à énigmes évite le piège principal du genre, qui est de n'offrir qu'une seule activité déclinée en quarante variantes.

Vous pouvez aussi adopter des animaux, capybaras compris, et les habiller. Je ne vais pas prétendre que c'est anecdotique : dans ce genre, c'est une fonctionnalité majeure, et quelqu'un quelque part construit déjà sa garde-robe de capybara.

La personnalisation du personnage et de la maison est large, avec plusieurs styles de décoration distincts.

Le prix, et la phrase qu'il faut lire

28,99 euros, 24,06 euros avec la remise de lancement de 17 %.

Et dans la section sur l'accès anticipé, cette ligne : le studio pourrait envisager d'augmenter le prix en se rapprochant de la 1.0, en fonction des améliorations apportées.

Traduction pratique : si le projet vous intéresse, acheter maintenant est probablement le tarif le plus bas que vous verrez. Traduction moins agréable : vous payez vingt-quatre euros pour une version dont le studio annonce lui-même qu'elle restera environ un an en accès anticipé, et à laquelle il manque encore le Café d'Étude, les Clubs et le système d'amitié avec les personnages non joueurs.

Ce n'est pas un piège, c'est un contrat, et il est écrit en clair sur la page. Mais un jeu de vie en ligne sans système de relations sociales avec les habitants, c'est un restaurant qui ouvre avant d'avoir reçu la moitié de la carte.

Loftia, une ferme

Ce que j'en retiens après la journée d'ouverture

Les premières heures sont propres, ce qui pour un lancement de monde persistant relève presque du miracle. Un joueur a relevé un détail qui en dit long : on peut désactiver le lissage de caméra. C'est un réglage que les studios oublient dix fois sur dix, et le fait qu'il soit là le premier jour indique des gens qui ont écouté leurs testeurs.

L'ensemble est lisible, la direction artistique tient sans tomber dans le pastel générique, et les systèmes de production ont assez de friction pour qu'on ait envie de les optimiser.

Ce qui manque, à ce stade, c'est la preuve dans la durée. Un jeu de ferme solo se juge en vingt heures. Un monde partagé se juge en six mois, à l'endroit précis où la boucle quotidienne doit continuer de donner envie de se connecter alors que la nouveauté est passée.

Loftia, la decoration

Alors voilà où j'en suis. Le jeu est là, il est joli, il est jouable, il a des idées de structure que ses concurrents n'ont pas, et il est tenu par un studio qui a livré ce qu'il avait promis à des milliers de personnes trois ans plus tôt. Dans ce genre, cette phrase a de la valeur.

Je mets sept, et je garde de la marge. La note d'un monde persistant au jour un est une photographie de son ouverture, pas de sa vie. On y reviendra quand on saura si les quartiers sont encore habités.

Vous avez commencé une île et vous cherchez des voisins ? Il y a un salon pour ça sur le Discord d'InsertCoins.

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