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Mandate Order : des champs superbes, des bâtiments en retrait, et un Manor Lords qui aurait déménagé en Chine antique
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Note6.5/10

Mandate Order : des champs superbes, des bâtiments en retrait, et un Manor Lords qui aurait déménagé en Chine antique

Construction libre, saisons agricoles et batailles à mille unités dans la Chine antique. Riche sur le papier, encore rugueux à l'usage.

A

Alexandrosse

·12 août 2026·7 min de lecture

Note InsertCoins.press

6.5/10

Verdict

Mitigé

Vous avez mis le doigt sur le déséquilibre visuel exact du jeu, et ce n'est pas un hasard : dans Mandate Order, les champs sont superbes et les bâtiments beaucoup moins. Il y a une explication de conception derrière cette impression, et elle est plutôt à mettre au crédit du studio.

Ensuite viennent les deux comparaisons qui s'imposent, et vous avez raison sur les deux.

Mandate Order, le city builder en Chine antique et ses champs

Pourquoi les champs sont si beaux

Parce qu'ils sont le sujet. Le jeu tourne autour d'un cycle de production annuel complet, avec labours de printemps et cultures d'été, et les changements de saison n'affectent pas seulement l'atmosphère visuelle mais aussi la gestion de la cité et le rythme des marches et de la guerre.

Autrement dit, les cultures ne sont pas un décor posé autour des maisons, elles sont le coeur du système, et le studio Digital Sky a manifestement mis ses efforts artistiques là où se trouve son sujet. Le revers, c'est que l'architecture s'en trouve reléguée, avec des bâtiments corrects mais sans la personnalité qu'on attend d'une cité chinoise antique.

Sur votre comparaison avec Anno, il n'y a pas de débat : on n'est pas au niveau. Anno construit sa réputation sur des villes qui deviennent des tableaux, avec une densité de détails et une hiérarchie visuelle que Mandate Order n'approche pas. C'est joli, ce n'est pas somptueux, et ce n'est pas le même budget.

Manor Lords, la bonne référence

Là encore, vous visez juste, et c'est même la clé pour comprendre le jeu. Mandate Order est bâti sur exactement les mêmes principes que Manor Lords : construction libre sans grille, saisons agricoles structurantes, économie de production locale, et batailles en temps réel greffées sur un jeu de gestion.

La parenté est si nette qu'on peut résumer ainsi : c'est un Manor Lords qui aurait déménagé en Chine antique. Avec, à son crédit, une couche politique que le modèle n'a pas.

Cette couche est même ce que le jeu a de plus original. On recrute des conseillers issus des Cent Écoles de pensée, confucianisme, taoïsme, mohisme, légisme, école militaire, agriculturalisme, et on les affecte à la gouvernance, au commandement militaire, à la négociation diplomatique ou à l'élaboration des politiques nationales. S'y ajoutent un système de politiques en grille de neuf cases et des débats de cour, l'école de vos conseillers infléchissant l'orientation du royaume. Diplomatiquement, on noue des alliances, on négocie des cessez-le-feu, on ouvre le commerce ou on s'unit contre un ennemi trop puissant.

C'est une vraie idée, culturellement située, et c'est ce qui empêche le jeu d'être un simple clone.

Mandate Order, les conseillers des Cent Ecoles et la gestion politique

Les batailles, et votre intuition était bonne

Vous disiez que les combats sont sympas mais qu'on reste dans un city builder, pas dans un Total War. C'est exactement ça.

Sur le papier, l'ambition est réelle : des affrontements à mille unités, des charges de chars, de la guerre de forteresse, un système de recul à pseudo-physique, et surtout un système de commandement au tracé à la souris qui permet de déployer rapidement des formations pour encercler, percer, assiéger ou défendre. On construit aussi un vrai dispositif défensif avec murs, tours, catapultes et baliste.

Mais la profondeur tactique n'est pas celle d'un jeu dont c'est le métier. Le tracé à la souris est fait pour être immédiat, pas pour offrir la finesse de manoeuvre d'un Total War, et les batailles restent la conclusion d'une partie de gestion plutôt qu'un système autonome. Ce n'est pas un défaut en soi, c'est un positionnement, mais mieux vaut le savoir avant d'acheter en espérant l'inverse.

Ce qui explique la note

Le jeu est sorti hier en accès anticipé, à un peu plus de seize euros, et les premiers retours sont Mitigés : 66 % d'avis positifs sur une quarantaine de retours. L'échantillon est petit et demande à être confirmé, mais il correspond à l'impression générale d'un jeu riche en systèmes et encore rugueux dans l'exécution.

C'est le risque assumé de cette formule : empiler la construction libre, l'agriculture saisonnière, la diplomatie, les écoles de pensée, les politiques nationales et la bataille à grande échelle, c'est beaucoup pour un studio de cette taille, et il est fréquent que ces couches cohabitent sans vraiment dialoguer au lancement. L'accès anticipé est là pour ça.

Reste que la proposition est sympathique et culturellement dépaysante, ce qui n'est pas rien dans un genre saturé de villages médiévaux européens. Et bonne nouvelle assez rare pour un projet venu de Chine : le jeu est disponible en français.

Si vous préférez Manor Lords, vous continuerez de le préférer. Mais si vous l'avez fini et que l'idée de recommencer avec des Cent Écoles et des chars de guerre vous amuse, il y a ici de quoi occuper quelques soirées.

Mandate Order, les batailles a grande echelle et les sieges

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