On va être francs : à force de voir le succès de TCG Shop Simulator se décliner à l'infini, on commence à saturer. Boutique de cartes, boutique de comics, boutique de tout ce qui peut se ranger sur une étagère, la formule tourne en boucle. Alors quand débarque Model Kit Shop Simulator, notre premier réflexe est un soupir. Mais on s'est forcés à regarder de plus près, parce que la vraie question n'est pas de savoir si c'est un clone de plus, c'est de savoir ce qu'il apporte. Et surprise : entre son panier hobby et sa table de montage, celui-là a de quoi justifier son existence.

Le contexte
Model Kit Shop Simulator est un jeu de gestion de boutique à la première personne, disponible sur PC depuis le 24 juillet 2026, précédé d'un prologue sorti mi-juin. Le principe est celui, désormais familier, du shop simulator : chaque vente commence par une maquette, et l'on bâtit et fait prospérer sa boutique de hobby en commandant des cartons de stock, en déballant les livraisons, en garnissant les rayons, en fixant les prix et en servant collectionneurs et passionnés. On y retrouve tout l'attirail du genre, système d'agrandissement, prix de gros dynamiques, économie à optimiser, thèmes de produits et types de peinture à vendre. Sur le fond, c'est le TCG Shop Simulator repeint aux couleurs de la maquette, avec deux systèmes propres qui font la différence.
Le gameplay : le panier hobby et la table de montage
Ce qui distingue Model Kit Shop Simulator de la simple redite, ce sont deux systèmes pensés autour de la spécificité de la maquette. Le premier, le système de panier hobby, repose sur une logique de complémentarité : quand un client choisit une maquette, il peut aussi chercher les peintures assorties nécessaires pour la terminer. Pour maximiser ses profits, il faut donc garder en stock les bonnes peintures correspondantes et augmenter la valeur du panier en anticipant les besoins réels du hobbyiste. Cette mécanique dépasse le simple réassort générique du shop simulator classique, en introduisant une réflexion sur l'écosystème du produit, sur ce qui va avec quoi, qui donne un peu de matière grise à la boucle habituelle.
Le second système, et le plus intéressant, c'est la table de montage. Après leur achat, les clients peuvent utiliser des tables dédiées pour assembler leurs maquettes sur place, transformant la boutique en un lieu qui soutient à la fois l'achat et la construction. C'est ce qui répond à la vraie question qu'on se posait : oui, la construction de maquette est intégrée, et elle donne au jeu un supplément d'âme que les shop simulators purement transactionnels n'ont pas. Reste que cette construction est avant tout le fait des clients, un service qu'on leur offre plus qu'une mécanique qu'on pratique soi-même en profondeur, et c'est là que la promesse trouve sa limite. L'idée est bonne, l'exécution reste centrée sur la gestion.

Ce qui coince
Il faut le dire sans détour : sous ses deux bonnes idées, Model Kit Shop Simulator reste un shop simulator, avec tout ce que le genre charrie de répétition et de déjà-vu. La boucle de fond, commander, déballer, ranger, fixer les prix, encaisser, est exactement celle de TCG Shop Simulator et de ses innombrables cousins, et qui en a fait le tour ne sera pas dépaysé. Le panier hobby et la table de montage ajoutent du sel, mais ne transforment pas la nature profonde du jeu, qui demeure un simulateur de gestion de commerce parmi une horde d'autres. La lassitude de la formule guette, et il faut vraiment aimer le genre pour s'y replonger une fois de plus.
L'autre réserve tient à la construction de maquette elle-même, précisément là où on l'attendait. Elle est présente, elle enrichit le concept, mais elle reste largement le fait des clients aux tables de montage plutôt qu'une mécanique d'assemblage profonde qu'on pratiquerait soi-même. Qui espérait un vrai simulateur de montage de maquettes, minutieux et satisfaisant à la manière des jeux dédiés à cet artisanat, restera sur sa faim : ici, la construction est un service et un décor plus qu'un coeur de gameplay. C'est un shop simulator avant tout, qui saupoudre de la maquette sur sa gestion, pas un jeu de maquette qui aurait une boutique. La nuance compte, et elle définit à qui il s'adresse vraiment.

Ce qu'on retient
Model Kit Shop Simulator est une déclinaison de plus de la formule du shop simulator, mais une déclinaison qui a le mérite d'apporter un peu de nouveau. Son système de panier hobby, qui introduit une logique de complémentarité entre maquettes et peintures, et surtout sa table de montage, qui permet aux clients d'assembler leurs achats sur place, lui donnent un supplément d'âme que les clones purement transactionnels n'ont pas. Pour l'amateur du genre qui ne s'en lasse pas, c'est une variante correcte et un peu plus maligne que la moyenne, portée par deux idées qui collent bien à l'univers de la maquette.
Il faut simplement accepter ce qu'il est, et ce qu'il n'est pas. Sous ses bonnes idées, il reste un shop simulator classique, avec sa boucle mille fois vue de réassort et d'encaissement, et la lassitude de la formule le guette comme tous ses cousins. Et sa construction de maquette, si elle répond en partie à nos attentes, demeure un service rendu aux clients plus qu'une mécanique d'assemblage profonde à pratiquer soi-même. C'est un simulateur de gestion qui saupoudre de la maquette, pas un jeu de maquette à part entière. Correct et un cran au-dessus de la moyenne du genre, mais dispensable pour qui a déjà donné dans le shop simulator.
Verdict
Une énième déclinaison du shop simulator, sauvée de la simple redite par son panier hobby et sa table de montage : correcte et un peu plus maligne que la moyenne, mais toujours prisonnière de la formule.
Points forts :
- Le système de panier hobby, qui introduit une logique de complémentarité
- La table de montage, qui donne un supplément d'âme au concept
- Une variante mieux pensée que la moyenne des clones
- Tout l'attirail de gestion attendu, agrandissement et économie
Points faibles :
- Une boucle de fond identique aux innombrables shop simulators
- Une construction de maquette surtout à la charge des clients, pas une vraie mécanique profonde
- La lassitude d'une formule déclinée à l'infini
Testé sur PC.