
Dragon Shelter : la ferme du grand-père, des dragons à élever, et une ville qui a perdu le moral
Un jeu de ferme où la cuisine est le coeur de l'artisanat et où vos dragons sentent les besoins des gens. Édité par Curve Games.

Brasser la bière, enluminer les manuscrits, tenir les offices. Un jeu de gestion médiéval où prier influence réellement ce qui arrive.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
7/10
Verdict
Recommandé
Il y a une devise bénédictine qui tient en trois mots et qui sert de titre à ce jeu : prie et travaille.
C'est aussi, et c'est ce qui m'intéresse, une mécanique de jeu.

Vous êtes le nouvel abbé d'un monastère médiéval paisible, et vous guidez vos moines à travers la règle sacrée.
Ils célèbrent les offices divins, brassent les meilleures bières, et enluminent des manuscrits complexes, pendant que vous gérez avec soin les ressources de l'abbaye.
On supervise la nourriture, l'eau, les herbes et les outils, et on équilibre production et consommation pour que la communauté prospère, tout en respectant les valeurs monastiques de simplicité et d'autosuffisance.
On affecte les moines aux tâches selon leurs compétences, agriculture, artisanat, brassage. Et on agrandit le monastère en construisant de nouvelles pièces et en ajoutant des éléments décoratifs, chaque ajout servant la fonctionnalité autant que la beauté du lieu.
C'est le point qui distingue ce jeu d'un simulateur de village médiéval de plus.
Vous menez vos moines dans la prière pour influencer la vie du monastère et le monde alentour. Le studio est explicite : des prières ferventes peuvent prévenir de mauvais événements, apporter la bonne fortune et créer une atmosphère positive.
Autrement dit, la prière n'est pas une jauge de moral déguisée, c'est un investissement de temps de travail contre une réduction du risque.
Et c'est une transposition ludique assez fidèle de ce qu'était réellement un monastère : une organisation économique qui consacrait une part considérable de ses heures à quelque chose qui ne produisait rien de matériel, et qui structurait pourtant toute la journée.
Que ça fonctionne comme mécanique dépendra de l'équilibrage, mais l'intention est bien vue.

Le jeu annonce les difficultés de la vie médiévale : des intempéries jusqu'à la menace de la guerre, avec des décisions critiques à prendre pour préserver l'avenir de la communauté.
C'est ce qui empêche l'ensemble de n'être qu'une promenade contemplative, et c'est nécessaire : un jeu de gestion sans menace se joue dix heures.
Le jeu sort aujourd'hui en accès anticipé, développé et édité par Dragonkin Studios, sans prix affiché ni évaluations à l'heure où j'écris. C'est du solo.
Ma réserve tient au genre. Le jeu de gestion de village médiéval est un rayon encombré, et ce qui sépare les bons des autres n'est presque jamais le nombre de ressources : c'est la personnalité du lieu et la lisibilité des systèmes.
Le monastère est un excellent choix de cadre, précisément parce qu'il est rare et qu'il impose ses propres règles. Brasser de la bière et enluminer des manuscrits ne sont pas des activités interchangeables avec couper du bois, elles ont une histoire.
Reste à voir si l'accès anticipé donne au système de prière assez de conséquences pour qu'il pèse réellement sur vos décisions, ou s'il finit en bouton qu'on active par habitude.

Vous priez ou vous brassez ? On tranche le débat sur le Discord d'InsertCoins.
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