
FD 27 : la question n'est pas de battre Football Manager, c'est qu'il joue à un autre poste
Vous n'êtes pas sur le banc, vous êtes dans le bureau. Une vraie idée de design qui règle le dilemme entre simplicité et profondeur.

Enchérir en secret, voler la carte du voisin, puis transformer sa main en gifle. Un jeu de cartes taillé pour finir en engueulade.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
7.5/10
Verdict
Recommandé
Une dernière partie. C'est la phrase qu'on s'est dite mille fois devant WoW, LoL ou StarCraft, généralement vers une heure du matin, et qui se terminait invariablement à quatre heures sur une défaite de plus et un réveil qui allait sonner beaucoup trop tôt.
Alors intituler son jeu One Last Hand relève soit de l'humour, soit de la menace. Après y avoir joué, on penche pour la seconde.

Le studio Fire Brick Games annonce un jeu de cartes inspiré du poker, et précise immédiatement que ce n'est absolument pas une soirée poker. Il a raison, et la différence tient à une phase que le poker n'a pas.
Ici, les cartes ne vous sont pas distribuées. Avant l'affrontement, tout le monde enchérit en secret sur les cartes qu'il veut. Vous dépensez intelligemment, vous bluffez, ou, et c'est là que ça devient méchant, vous enchérissez uniquement pour empêcher votre ami de compléter sa main. En cas d'égalité, ce sont les dés qui décident qui fête sa victoire et qui râle.
C'est une trouvaille excellente, parce qu'elle déplace la tension avant même le début du jeu. Au poker, on subit sa main puis on ment dessus. Ici, on se bat d'abord pour la construire, et chaque carte obtenue par un adversaire est une carte que vous n'avez pas. La rancune commence donc dès la distribution.
Le second temps est plus direct : votre main devient votre attaque, votre main de secours assure la défense. Paires, suites et couleurs ne sont plus des scores, ce sont des dégâts.
C'est là que se trouve le plaisir que vous mentionniez, et il est parfaitement assumé par le studio, qui parle sans détour de transformer son combo en une gifle dont l'autre se souviendra. La conversion d'une figure de poker en agression physique est une idée idiote, et c'est exactement pour ça qu'elle fonctionne : on ne gagne pas des jetons, on inflige quelque chose à quelqu'un qu'on connaît.
S'ajoutent des Reliques et des améliorations qui tordent les règles. On change la valeur des cartes, on modifie les couleurs, on fabrique des combinaisons douteuses, on survit un tour de plus, ou l'on ruine le plan parfait de quelqu'un juste avant qu'il ne commence à célébrer. Le studio résume la philosophie en une question et sa réponse : est-ce de la triche ? Peut-être. Est-ce autorisé ? Absolument.

Le jeu se joue de deux à six en ligne, en salon privé, et le studio ne cache pas ce qu'il vend. Sa promesse d'accueil tient en une ligne : on entre en amis, on repart en ennemis.
Chacun choisit aussi un ego, une légende ridicule qui a quelque chose à prouver. Certains étaient riches, d'autres redoutés, d'autres nobles, et certains auraient probablement dû arrêter de jouer il y a longtemps. On se reconnaîtra.
Et le studio glisse l'observation la plus juste de sa fiche : il y aura toujours quelqu'un pour affirmer que le jeu est injuste, mais seulement à partir du moment où il commence à perdre.
Cette note vient de nos parties, le jeu sortant tout juste. Elle récompense la phase d'enchères secrètes, qui est la vraie idée de design et qui distingue le jeu de la masse des jeux de cartes en ligne, ainsi qu'un ton parfaitement tenu.
Elle tient compte de la dépendance totale au groupe. C'est un jeu de soirée : sans quatre personnes disponibles en même temps et prêtes à s'en vouloir pendant une heure, il ne reste pas grand-chose. Et comme tous les jeux à Reliques, il devra prouver que son équilibrage tient quand la communauté aura trouvé les combinaisons les plus abusives.
Bon point, il est disponible en français.
Alors dites-nous, et soyez honnêtes : votre record personnel de dernière partie, il se situe à quelle heure ?

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