
Amata : deux ans d'accès anticipé pour un action-RPG 2D qui mise tout sur la fluidité
Une lame mémétique, des parades, des artefacts et une téléportation libre entre tous les points connus. La 1.0 arrive après deux ans jour pour jour.

Des hordes de dizaines de milliers de dinos, du dressage, de la reproduction génétique et trois factions. Édité par MicroProse, et bien plus qu'un clone.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
7.5/10
Verdict
Recommandé
Le pitch se résume vite : c'est They Are Billions avec des dinosaures à la place des zombies. Le développeur ne s'en cache pas, il cite sa source ouvertement, et l'inspiration se voit dans chaque mécanisme.
Ce serait pourtant injuste de s'arrêter là, parce que ce jeu ajoute trois systèmes que son modèle n'a pas, et ce sont eux qui le rendent intéressant.

On construit une colonie, on monte des lignes de production, on installe des réseaux d'énergie pour alimenter ses avant-postes, et on attend. Puis les dinosaures arrivent, par dizaines de milliers.
La pause tactique est là, comme chez son modèle, permettant de donner ses ordres au milieu du chaos. Cinq niveaux de difficulté couvrent l'éventail du confortable au dément.
Deux différences de conception méritent d'être signalées, et elles corrigent des reproches récurrents adressés à They Are Billions.
D'abord, le mode Ironman n'est pas imposé. Il existe, il donne un multiplicateur de score final si vous le choisissez, mais le jeu ne vous force pas à jouer sans filet. Pour un genre où une seule erreur peut coûter huit heures, laisser le choix est un geste de respect.
Ensuite, la pression est constante. Au lieu de longues accalmies entre deux grandes vagues, des mini-vagues permanentes viennent tester votre périmètre, et elles ciblent intelligemment les points faibles de votre base. Laissez une section ouverte et elle sera trouvée. C'est exactement ce qui manquait au modèle, où les murs restaient décoratifs les neuf dixièmes du temps.
Le dressage. On attire les dinosaures ennemis avec de la nourriture, des diversions ou des appâts, et une fois apprivoisés ils se battent à vos côtés. Transformer la menace en ressource est la meilleure idée du jeu : la horde qui vous assiège est aussi votre vivier.
La reproduction. Placez un couple dans une station d'élevage et laissez faire. La descendance réserve des surprises, et le croisement avec mutations génétiques est encouragé. On ne se contente donc pas de recruter des unités, on en fabrique de nouvelles, ce qui donne à chaque partie une trajectoire différente.
La monte. On affecte une unité humaine, soldat, ingénieur ou dresseur, à l'un de ses dinos, et chaque combinaison humain-dinosaure débloque des capacités spéciales propres. C'est le système qui donne de la profondeur tactique là où le modèle se contentait d'aligner des tourelles.
S'ajoutent des unités héros améliorables, dotées de capacités actives et passives, qui réapparaissent après leur mort et se personnalisent par mutations génétiques.

Le jeu propose trois factions aux unités, avantages et héros distincts, chacune poussant un style différent : gestion de ressources et mobilité, technologie, dressage, ou puissance de combat brute.
C'est plus que ce que proposait son modèle, et ça donne une vraie raison de relancer une partie autrement qu'en changeant la carte.
Le cadre, lui, est amusant sans se prendre au sérieux : en 1963, des explorateurs découvrent une île de l'océan Indien dissimulée par une anomalie magnétique et peuplée de dinosaures du Trias. Des braconniers s'en mêlent, et la suite est prévisible. On est dans la série télé du dimanche soir, avec le budget que la série n'avait pas.
Le jeu est sorti le 28 avril 2026 en accès anticipé, développé par Chute Apps et édité par MicroProse. La réception est Très positive, avec 64 avis favorables sur 71, sur un échantillon encore réduit.
Deux limites à connaître.
La première tient au stade de développement. Le mode survie propose bien un arbre technologique, des mutations génétiques et une hiérarchie d'améliorations de bâtiments, mais la progression ne se reporte pas d'une partie à l'autre. La méta-progression et la campagne sont encore à l'étude, et c'est ce qui manque le plus pour donner envie de rester.
La seconde est esthétique et subjective : la présentation évoque autant Red Alert 2 que They Are Billions, ce que plusieurs joueurs relèvent. Selon votre sensibilité, c'est un charme rétro ou un manque de personnalité.

Elle récompense trois systèmes que son inspiration n'avait pas, dressage, élevage et monte, qui transforment un jeu de défense en jeu d'écologie militaire. Elle salue aussi deux corrections intelligentes du modèle : la pression continue plutôt que les longues accalmies, et l'Ironman rendu optionnel.
Elle tient compte d'un accès anticipé encore jeune, d'une absence de progression entre parties qui limite la rétention, et d'une identité visuelle qui emprunte beaucoup.
Pour qui a usé They Are Billions et cherche la même tension avec de nouvelles idées, c'est une valeur sûre. Pour qui découvre le genre, c'est même un meilleur point d'entrée, parce qu'il pardonne davantage.
Vous préférez tenir un mur ou apprivoiser ce qui vous attaque ? Venez en parler sur le Discord d'InsertCoins.
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